Perspectives économiques en Afrique subsaharienne : Une croissance de 3,6 % attendue en 2022

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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Transformation économique du Bénin Une croissance de 10,2 % projetée à l’horizon 2026

La relance de la croissance économique se poursuivra cette année en Afrique subsaharienne pour ressortir à un taux de 3,6 %, selon les dernières Perspectives économiques mondiales de la Banque mondiale qui alerte, cependant, sur les risques baissiers sur cette reprise.

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La croissance en Afrique subsaharienne devrait reprendre légèrement pour s’établir à 3,6 % en 2022 et 3,8 % en 2023, contre 3,5 % en 2021 suite à la contraction de 1,9 % en 2020, d’après les dernières Perspectives économiques mondiales de la Banque mondiale. Le niveau élevé des prix des produits de base devrait favoriser la reprise à court terme dans la région, tandis que l’activité économique au niveau mondial ralentira jusqu’en 2023 : 4,1 % en 2022 et 3,2 % en 2023, contre 5,5 % en 2021.
Le renchérissement des prix du coton et des denrées alimentaires devrait bénéficier particulièrement aux exportateurs de produits agricoles, notamment l’Ethiopie, le Kenya et la Tanzanie. Le Bénin, pour sa part, devrait connaître l’un des taux de croissance les plus élevés de la région : 6,5 % en 2022 puis en 2023 contre une estimation de 6 % en 2021, selon la Banque mondiale.
En ce qui concerne les producteurs du pétrole, les têtes de pont à savoir le Nigeria et l’Angola, profiteront de l’augmentation des cours et de l’assouplissement graduel des baisses de production dans les pays de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). La croissance est projetée à 2,5 % en 2022 et 2,8 % en 2023 au Nigeria. Elle ressortirait à 3 % en moyenne en 2022-23 en Angola. En Afrique du Sud, la croissance devrait retomber aux niveaux d’avant la pandémie : 2,1 % en 2022 et 1,5 % en 2023, contre 4,6 % en 2021, à cause des obstacles structurels et du lourd endettement du pays.
La reprise économique reste cependant incertaine avec les risques prégnants qui pourraient tirer les prévisions vers le bas, notamment l’insécurité alimentaire, la hausse des prix des produits alimentaires et les tensions géopolitiques pourraient peser sur la demande des consommateurs. Ce ralentissement de la croissance, prévient la Banque mondiale, entraînerait d’importantes corrections à la baisse des prix des produits de base au détriment des pays producteurs de pétrole et de métaux.

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Facteurs

L’expansion des activités agricoles sera limitée par des incertitudes diverses, notamment des périodes de sécheresse et des précipitations inférieures à la moyenne, ainsi que l’intensification des conflits notamment dans la région du Sahel (Mali, Burkina Faso, Nord-Est du Nigeria, Niger, Mauritanie et Tchad) et en Ethiopie.
L’activité économique pourrait être également perturbée par de nouvelles vagues de contamination à la Covid-19, le taux de vaccination demeurant faible par endroits : le variant Omicron, plus contagieux, a occasionné une hausse d’au moins 50 % du nombre de cas au cours des deux dernières semaines de 2021 dans plus de 70 % des pays d’Afrique subsaharienne. Avec les goulets d’étranglement persistants dans les chaînes d’approvisionnement et les pressions inflationnistes, la pandémie entrave les progrès accomplis dans la lutte contre la pauvreté et dans la réalisation des principaux objectifs de développement dans l’ensemble de la région. « La hausse des inégalités et les problèmes de sécurité sont particulièrement préjudiciables aux pays en développement », souligne David Malpass, président du Groupe de la Banque mondiale.
Dans plus d’un tiers des pays en Afrique subsaharienne, dont l’Afrique du Sud, l’Angola et le Nigeria, projette l’institution, le revenu par habitant en 2022 restera inférieur au niveau d’il y a dix ans. La prolongation de la pandémie risque d’exacerber les problèmes de développement et de santé, d’enrayer les réformes structurelles et budgétaires, et d’entraîner des pertes de capital humain durables.
L’augmentation de la dette publique et la perte de recettes budgétaires ont déjà réduit la marge de manœuvre pour soutenir la relance. Les pays confrontés à des problèmes de surendettement pourraient avoir plus difficilement accès aux financements extérieurs, ce qui nécessiterait un ajustement budgétaire brutal. Toutes choses qui devront amener les dirigeants à « soigneusement ajuster leurs politiques budgétaires et monétaires », conseille Ayhan Kose, économiste en chef et directeur du département Perspectives de la Banque mondiale.