Pôle industriel en l’Afrique de l’Ouest: Comment le Bénin peut accomplir son rêve

Par Ariel GBAGUIDI,

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Tirer profit de sa position géographique en Afrique de l’Ouest pour construire une économie régionale dont il sera l’un des leaders ou le leader absolu. Le Bénin peut bien y arriver. La clé de voûte de cet idéal, selon Dr Zul-Kifl Salami, chargé de mission du chef de l’Etat, reste et demeure la volonté politique qui, couplée à la vision du chef de l’Etat, permettra d’induire des changements significatifs dans les secteurs vitaux et de propulser le pays au sommet.

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Le Bénin peut-il réaliser son ambition de devenir un pôle industriel en Afrique de l’Ouest ? « D’emblée, la réponse est oui… », répond Dr Zul-Kifl Salami, chargé de mission du président de la République, Patrice Talon. Il a donné une communication à ce sujet lors du forum virtuel organisé, vendredi 17 juillet dernier, par la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin (Ccib), sur les « Perspectives pour le secteur privé du Bénin après la crise du Covid-19 ».
Dans son exposé, l’administrateur du groupe de la Banque islamique de développement (Bid) rappelle que la notion de pôle suppose l’attractivité, c’est-à-dire créer des conditions qui permettent aux investisseurs et à l’investissement direct étranger de soutenir la croissance d’un pays. Pour démontrer que le Bénin est en mesure d’accomplir son rêve, Dr Zul-Kifl Salami est parti de l’exemple des dragons d’Asie, notamment Singapour dont le cheminement, selon lui, peut constituer un modèle de développement pour le Bénin.
Ainsi, dit-il, à l’image de l’ex-premier ministre singapourien, Lee Kuan Yew, surnommé « le père de la Singapour moderne », dans les années 59, le Bénin a à sa tête un président dont la volonté politique et la vision du développement ne sont plus à démontrer.
Ces deux éléments doivent donc conduire, à l’instar du dragon asiatique, à la redynamisation des politiques publiques ainsi que du système éducatif. Ce à quoi le gouvernement en place s’attèle déjà. Il explique qu’il importe également de travailler sur les éléments et les paramètres de la fiscalité, laquelle fiscalité permet d’attirer les investissements directs étrangers. Le chargé de mission du président Talon souligne aussi que faire du Bénin un pôle industriel à l’échelle sous-régionale passe inévitablement par la création de zones franches sur tout le territoire national. Il faudra, en outre, investir dans les infrastructures telles que l’aéroport de Glo-Djigbé, le port en eau profonde de Sèmè-Podji et les technologies de l’information et de la communication.
Avec le Programme d’action du gouvernement (Pag), le tourisme est érigé au rang de pilier fondamental de la croissance économique du Bénin. Cela constitue un élément capital, selon Dr Zul-Kifl Salami.
Dans le secteur de l’énergie, il pense qu’avec ses centrales électriques (construites ou en projet), le Bénin peut produire suffisamment de l’électricité et parvenir à intégrer son réseau à celui de l’Afrique de l’Ouest pour que d’autres Etats puissent en bénéficier. Sur le plan agricole, il rappelle que le pays a des atouts inégalables dans la sous-région. Pour illustrer son propos, Dr Zul-Kifl Salami prend l’exemple de l’ananas pain de sucre qui n’est produit qu’au Bénin, et qui peut être mieux valorisé. Le coton aussi offre un avantage comparatif, selon lui, et le chef de l’Etat a d’ailleurs bien fait d’insuffler un nouveau dynamisme à ce secteur de sorte à faire du Bénin, le premier pays producteur de l’or blanc en Afrique.

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Secteur privé

Toujours dans son exposé, Dr Zul-Kifl Salami estime qu’il faille désormais enseigner l’excellence et la théorie de l’excellence aux hommes d’affaires. A l’en croire, cela permettra de différencier l’homme d’affaires béninois de ses pairs de la sous-région. Cette thématique, dit-il, doit être inscrite comme une priorité au titre des capacités à renforcer. De plus, il leur faut apprendre la culture de l’intégrité. « Car, l’intégrité rassure l’investisseur et il se met à l’aise pour prendre le risque du capital », a-t-il fait savoir.
Dans les écoles, il propose que le b.a.-ba du leadership soit désormais enseigné aux apprenants. Que ces derniers soient formés pour devenir des leaders. A côté, poursuit-il, la maîtrise de la langue anglaise est indispensable. Et d’après le chargé de mission du président de la République, apprenants et hommes d’affaires doivent pouvoir maîtriser l’anglais puisqu’elle est la première langue des affaires dans le monde.
Somme toute, « voilà un certain nombre de facteurs que nous pouvons mettre en œuvre pour que la notion de pôle industriel ne soit pas chimérique, pour que cette notion puisse permettre au Bénin de s’affirmer », a déclaré Dr Zul-Kifl Salami.
Il persiste et signe que le Bénin a les atouts nécessaires pour réussir, et le cheminement singapourien est un modèle viable à partir duquel le pays peut mettre en œuvre sa stratégie globale pour construire un pôle industriel à l’échelle de l’Afrique de l’Ouest, une économie régionale dont il sera l’un des leaders ou le leader absolu.