Politique et code forestiers: Les acteurs du secteur apportent leur contribution

Par Anselme Pascal AGUEHOUNDE,

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Du mardi 22 au mercredi 23 octobre, s’est tenu à Cotonou un atelier de validation de la politique et du Code forestiers. Au terme des travaux, les cadres de la Direction générale des Eaux, Forêts et Chasse ont formulé des recommandations pour l’amélioration de ces deux documents majeurs, élaborés pour une meilleure gestion du patrimoine forestier béninois.

« Mettre en place un groupe technique pour la prise en compte des recommandations et amendements portés sur les documents de politique et de Code forestiers ; mettre en place les sous-comités de rédaction de la Charte sur la gouvernance forestière et les décrets d’application du Code forestier; élaborer un plan d’action de la politique à joindre en annexe du document; prendre en compte la dimension éducative de la population dans le document de politique forestière; tenir compte de la nécessité de spécialisation du personnel forestier pour s’occuper des préoccupation d’actualité ». Ce sont les cinq principales recommandations rapportées par le Commandant Simon Awokou au terme de l’atelier qui a pris fin hier au Centre de documentation et d’information juridique (Cdij). L’objectif de ce séminaire qui a réuni, pendant deux jours, les acteurs du secteur forestier est de valider la politique forestière et le Code forestier puis d’informer l’opinion publique sur le nouveau cadre technico-juridique relatif à la gestion des ressources forestières en République du Bénin. A l’occasion, les acteurs de l’administration forestière ont apporté leur contribution substantielle pour l’amélioration du contenu de ces deux documents. « Les forêts constituent un patrimoine d’intérêt général. Toute personne physique ou morale doit œuvrer pour sa sauvegarde… L’Etat est garant de la préservation et de la valorisation des ressources forestières ». Ces dispositions du Code forestier en élaboration montrent l’importance des ressources forestières et la nécessité de les préserver. Une ambition qui entre dans le cadre du programme de Renforcement des capacités des acteurs du secteur de l’énergie au Bénin (Recaseb) financé par l’Union européenne. Acteur principal de la valorisation du secteur énergétique et forestier, la Direction générale des Eaux, Forêts et Chasse est aussi bénéficiaire du Recaseb.
Représentant le principal partenaire financier à la clôture de l’atelier, Krystel Dossou, expert du Recaseb en Charge de Biomasse et Energie, a reconnu la pertinence de l’apport des participants et des recommandations formulées. Il est revenu au directeur adjoint des Eaux, Forêts et Chasse, Hèfoumé Rémi, de saluer l’engagement, la disponibilité et la contribution des participants, ainsi que l’appui du gouvernement et des partenaires notamment l’Union européenne à travers le Recaseb. « Ces documents nous permettront, j’en suis sûr, de mieux organiser notre secteur», a-t-il affirmé.

Pourquoi améliorer la gouvernance forestière ?

De l’analyse de la réglementation forestière, il ressort une politique forestière datant de 1994, mise à jour en 2012, mais non adoptée par le gouvernement ; la multiplicité des taxes sur les produits forestiers en dehors des taxes prévues par la loi 93-009 du 2 juillet 1993 ; le non aboutissement du projet de loi portant orientation du Code forestier en République du Bénin. En outre, on relève aussi un manque ou un faible niveau de vulgarisation des textes législatifs et réglementaires ; la faible application des manuels de procédures administrative, financière et comptable. La politique forestière de 1994, mise à jour en 2012, n’ayant pas fait l’objet d’adoption par le gouvernement et l’arsenal juridique existant dans le secteur souffrant de quelques insuffisances, il est devenu impérieux pour la Direction générale des Eaux, Forêts et Chasse d’élaborer son document de politique forestière puis de soutenir le processus d’adoption d’un Code forestier qui prend en compte les aspects liés à la gestion des ressources forestières au Bénin. Un expert international puis un comité de cadres forestiers ont travaillé sur ces deux documents et ont substantiellement amélioré leur contenu. La politique forestière ainsi élaborée a été présentée au cabinet et aux responsables techniques du ministère du Cadre de vie et du Développement durable en septembre 2018 et des propositions et observations ont alors été faites puis intégrées avant l’envoi du document politique au Bureau d’Analyse et d’Investigation en juin 2019. L’atelier qui a pris fin hier a été consacré aux derniers apports.