Politique: Le statut de l’opposition, un acquis

Par Joel TOKPONOU,

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Paul Hounkpè

Sur le chemin du renforcement de la démocratie, le Bénin a fait un grand pas ces dernières années, avec le vote et l’application rigoureuse de la loi 2019-45 du 25 novembre 2019 portant statut de l’opposition. Certes, tout n’est pas parfait dans ce domaine, mais contrairement à la loi 2001-36 du 14 novembre 2002 portant statut de l’opposition, celle qui est en vigueur actuellement connaît une mise en œuvre au point où même le chef de file de l’opposition est officiellement connu. Une belle avancée qu’il importe de relever en ce moment de célébration du 61e anniversaire de l’indépendance.
Conformément à cette nouvelle législation, au moins trois partis politiques se sont clairement inscrits dans l’opposition au régime de la Rupture. Selon l’article 6 de la loi, « tout parti politique désireux d’appartenir à l’opposition doit être un parti politique régulièrement enregistré, faire une déclaration officielle et publique de son appartenance à l’opposition et la faire enregistrer au ministère en charge de l’Intérieur. Ce dernier transmet, dans un délai ne pouvant excéder deux mois, l’enregistrement au Journal officiel en vue de sa publication. La publication au Journal officiel peut aussi se faire à la diligence du parti politique concerné…».

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D’autres alinéas du même article imposent aux membres des partis d’opposition de ne pas accepter une nomination à un poste politique de la part du gouvernement et de développer essentiellement des positions et opinions différentes de celles du gouvernement.
La loi portant statut de l’opposition, véritable cadre légal conférant des droits et devoirs aux adversaires politiques du régime en place, précise également en ses articles 7 et 8 les conditions pour être reconnu comme chef de file de l’opposition. A ce titre, Paul Hounkpè, secrétaire exécutif du parti Forces cauris pour un Bénin émergent, est nommé chef de file de l’opposition à travers le décret 2021 – 183 du 28 avril 2021. Le duo candidat de cette formation politique ayant réuni 11,36 % des suffrages à la dernière élection présidentielle.
Ces avancées politiques qui, ajoutées à d’autres comme le vote et l’application de la charte des partis politiques, la révision de la Constitution, confirment la volonté politique d’œuvrer progressivement pour une consolidation de la démocratie au Bénin.

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Du rôle au contenu

Nulle part au monde le parti au pouvoir, encore moins le président de la République en exercice, ne donne à l’opposition les moyens pour s’affirmer et accéder au pouvoir. Le rôle de l’Etat, et donc du gouvernement, c’est de créer le cadre légal approprié. Et cette fonction, le gouvernement l’a assumé de fort belle manière avec la nouvelle charte des partis politiques et le statut de l’opposition. Installé dans ses fonctions, il revient au chef de file de l’opposition d’assumer son rôle en lui donnant le contenu qu’il faut.

C’est en fait à l’ancien ministre Paul Hounkpè, officiellement nommé, de prouver son leadership en ralliant toute l’opposition, non pas à sa cause mais à la légalité républicaine. Il a si bien commencé sa mission avec le tour des institutions de la République. En dehors de cette formalité, il va falloir prendre la réelle posture de leader et se prononcer sur les sujets essentiels dans la légalité et l’ordre, comme imposé par la loi sur le statut de l’opposition.

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