Pollution sonore : un phénomène têtu à Natitingou

Par Alexis METON  A/R Atacora-Donga,

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La lutte contre la pollution sonore dans la ville de Natitingou est un combat permanent. Malgré les mesures prises pour juguler ce mal, objet de plaintes de toutes parts, les objectifs sont loin d’être atteints.
Autorités communales, agents de divers services sont conscients de la gravité de ce mal récurrent dans la ville. Ainsi, des actions ont été menées pour faire baisser les décibels pour le bonheur des populations. Étienne N’Tcha, spécialiste en hygiène et assainissement en service à la mairie de Natitingou, relève quelques-unes des actions entreprises par le maire et son équipe pour lutter contre la pollution sonore provenant des bars et lieux de culte.
« Nous avons entrepris plusieurs actions de sensibilisation à l’endroit des tenanciers de bars et des lieux de culte. Les plaintes nous sont parvenues et nous avons ajouté ces acteurs dans la sensibilisation », explique Étienne N’Tcha. La mairie a organisé plusieurs séances de sensibilisation pour discuter avec les promoteurs de bars et des lieux de culte, leur faire comprendre les principes et comment les respecter. «Nous sommes allés sur les lieux de travail à savoir les bars, les lieux de culte pour expliquer comment respecter le niveau de bruit à l’aide de sonomètre. Nous avons aidé certains à télécharger l’application sur les téléphones Android et expliqué à quelle position rester pour mesurer le son afin de ne pas excéder ce qui est prescrit par les normes », a ajouté Étienne N’Tcha.
Il fait constater que toutes les actions menées dans le cadre de la lutte contre la pollution sonore l’ont été de concert avec les autres services déconcentrés de l’État, notamment la direction départementale du Cadre de vie et du Développement durable. La mairie travaille souvent avec les inspecteurs de l’environnement accompagnés de la Police républicaine, car conformément aux textes de la décentralisation, la lutte contre la pollution reste une compétence partagée, ce n’est pas une compétence propre de la commune. Ces actions concertées ne suffisent pas encore à dissuader les pollueurs. « Nous ne sommes pas entièrement satisfaits. Mais il faut dire que la situation s’est améliorée. Tel que le phénomène était au cours du mois de janvier, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Le 14 février, nous avons organisé une opération plus dure, ce qui a fait que dans la ville, nous constatons moins de bruit», a souligné Étienne N’Tcha.

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Strict respect de la loi

« Avant la loi 2022-004 du 16 février 2022, sur l’hygiène publique en République du Bénin, on utilisait la loi-cadre sur l’environnement en République du Bénin et son décret d’application n°2001-294 du 08 août 2001 portant règlementation du bruit en République du Bénin», détaille Chabi Sero Tamou, chef service de la gestion des changements climatiques et de la protection de l’environnement à la direction départementale du Cadre de vie et du Développement durable Atacora-Donga. La loi actuellement en vigueur est celle 2022-004 du 16 février 2022. Ainsi, des répressions organisées régulièrement, d’après le chef service, en collaboration avec la Police républicaine et la mairie permettent de réguler le phénomène. Ladite loi prévoit une amende de 100 000 F à
500 000 F et un emprisonnement d’un à trois mois ou l’une des deux sanctions à l’encontre des contrevenants. On peut aussi ordonner la fermeture temporaire de trois à trente jours pour les discothèques, la suspension de l’autorisation de licence administrative.
Après un contrôle au niveau des bars à l’issue d’une séance avec le maire de Natitingou le jour de la Saint-Valentin, plusieurs disc-jockeys ont été interpellés et relâchés après des formalités administratives. « Le maire a invité tous les tenanciers de bars à une séance de sensibilisation, parce que nous avons remarqué que la pollution sonore était récurrente, il y avait trop de bruits dans la ville au point où tout le monde se plaint, même les étrangers. Une descente dans les bars a permis d’interpeller sept Dj qui faisaient tellement de bruit», se souvient Étienne N’Tcha. Il recommande aux tenanciers de bars de revoir leurs copies en soulignant qu’on peut bien jouer en toute sobriété de la musique et avoir de la clientèle. Ils doivent garder à l’esprit, insiste-t-il, qu’il y a des malades qui ont besoin de repos sans quoi, ils risquent de succomber par défaut de respect des principes environnementaux. Aux usagers des lieux de culte, Étienne N’Tcha recommande de prier dans la tranquillité. Pour gagner cette bataille, la population est invitée à coopérer pour dénoncer les récidivistes.