Pouvoir législatif:La violence à l’encontre des parlementaires en hausse

Par Collaboration extérieure,

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A l’approche de la Journée des droits de l’homme (le 10 décembre), l’Union InterParlementaire (Uip) publie ses statistiques annuelles sur les violations des droits de l’homme des parlementaires dans le monde. Les chiffres confirment une hausse constante du nombre de cas soumis au Comité des droits de l’homme des parlementaires, depuis sa création il y a plus de 40 ans.

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Durant sa rencontre virtuelle avec les membres de l’Association des Correspondants Accrédités auprès de l’Office européen des Nations Unies (Acanu), le Secrétaire général de l’Union InterParlementaire, Martin Chunggong, a déclaré que selon les informations reçues par le Comité des droits de l’homme des parlementaires de l’Uip, les actes d’intimidation et de violence auraient légèrement augmenté, en particulier à l’encontre des femmes parlementaires, au cours de l’année 2020.
Comité des droits de l’homme des parlementaires
Le Comité des droits de l’homme des parlementaires de l’Uip est le seul mécanisme international ayant pour mandat de défendre les droits de l’homme des parlementaires persécutés. Son rôle consiste notamment à mobiliser les milieux parlementaires pour soutenir les parlementaires menacés, à faire pression sur les autorités nationales et à dépêcher des observateurs de procès. Le Comité est composé de 10 parlementaires représentant les grandes régions du monde et élus par leurs pairs pour un mandat de cinq ans.
Tous types de menaces
Les menaces et les actes d’intimidation représentent la troisième violation des droits de l’homme des parlementaires la plus fréquente parmi les cas examinés par l’Uip. Les chiffres révèlent aussi que la torture, les mauvais traitements et les actes de violence touchent beaucoup plus les femmes que les hommes parlementaires. En effet, parmi les cas examinés par l’Uip, 34% de femmes ont été victimes de ce type de violations, contre 18% d’hommes.
La majorité des cas examinés concernent les Amériques
Cette année, le Comité a examiné les cas de 552 parlementaires originaires de 42 pays. Il a été saisi de nouveaux cas concernant 83 parlementaires de 13 pays. Pour la cinquième année consécutive, c’est dans les Amériques qu’a été recensé le plus grand nombre de violations des droits de l’homme des parlementairesce qui correspond à 32% des cas examinés (178 cas sur 552), dont une grande partie concernent le Venezuela. Les régions du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord concentrent 25% des dossiers. On constate que la situation s’aggrave,notamment pour les parlementaires de l’opposition, dans quelques pays en particulier, à savoir le Brésil, la Colombie, la République Démocratique du Congo, le Venezuela et le Yémen.
Violations commises dans le contexte de la pandémie de Covid-19
Certains gouvernements ont profité de la pandémie de Covid-19 pour prendre des mesures contre les parlementaires de l’opposition. Ils se sont ainsi servis des lois passées pendant le confinement pour les placer en détention ou bafouer leurs droits, notamment en Ouganda, au Zimbabwe et au Venezuela.Les cas de quelque 30 parlementaires en détention dans neuf pays (Côte d’Ivoire, Érythrée, Gabon, Iraq, Mongolie, Niger, Palestine, Philippines et Turquie) ont été examinés.
Libération de plusieurs parlementaires grâce à l’action de l’Uip
La pression exercée par l’Union InterParlementaire et les milieux parlementaires a contribué à la libération de plusieurs membres du parlement qui avaient été placés en détention. En Côte d’Ivoire, par exemple, quatre parlementaires ont récemment pu rentrer chez eux, en partie grâce au suivi effectué auprès des autorités nationales.

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Par Catherine Fiankan-Bokonga
Correspondante accréditée auprès de l’Office des Nations Unies à Genève (Suisse)