Précautions contre le Covid-19 aux points d’entrée: Les frontières fermées à Sèmè-Kraké

Par Anselme Pascal AGUEHOUNDE,

  Rubrique(s): Actualités |   Commentaires: Commentaires fermés sur Précautions contre le Covid-19 aux points d’entrée: Les frontières fermées à Sèmè-Kraké


Pour prévenir la crise sanitaire due au Covid-19, le gouvernement a donné des consignes fermes pour le contrôle des mouvements de personnes et le filtrage aux différents points d’entrée du Bénin. Mais à Sèmè-Kraké, il n’est plus question de filtrage, les frontières sont hermétiquement fermées depuis 48 heures. Toutefois, les mesures sanitaires restent de mise au Poste de contrôle juxtaposé et aux carrefours des circuits informels…

LIRE AUSSI:  Lutte contre l’extrémisme violent: Le Bénin appelé à répondre à l’urgence

« Depuis mercredi, il n’y a plus d’entrée ni de sortie au Poste de contrôle juxtaposé de Sèmè-Kraké. L’Etat nigérian a interdit toute entrée sur son territoire : ni camions, ni personnes même si ce sont des Nigérians quittant le Bénin. Les frontières sont hermétiquement fermées. Sinon, conformément aux consignes reçues des autorités béninoises, nous faisions le filtrage. Tout Nigérian, s’il peut justifier sa nationalité par un passeport ou une carte d’identité, était autorisé à rentrer chez lui. De même, les Béninois quittant le Nigeria pouvaient rentrer au Bénin après filtrage. La procédure était telle que les Béninois revenus du Nigeria étaient embarqués dans un bus et directement acheminés sur les sites de confinement à Cotonou pour examen», renseigne le major Sossou, en poste au Commissariat transfrontalier de police de Kraké-Plage. A la prohibition de la circulation des marchandises qui met à rude épreuve les échanges commerciaux entre le Bénin et le voisin de l’Est, s’ajoute l’interdiction formelle des mouvements de personnes. A l’en croire, le contrôle au niveau du Poste de contrôle juxtaposé est assez rigide et les usagers, malgré les résistances, sont contraints de se soumettre. Pour l’agent de police, la décision du gouvernement nigérian d’interdire toute entrée de personne, même si elle est dure, permet de limiter la circulation des personnes. « Vous savez, les Nigérians préfèrent l’informel. Parfois, ils sont sans carte et c’est en discutant avec eux que vous finissez par avoir des indices sur leur identité. Dans ce contexte, c’est difficile de faire le filtrage», confie l’agent Sossou. Le seul hic reste l’impossibilité pour les Béninois sur le territoire nigérian de rentrer chez eux par voie terrestre. Mais il semble que ceux-ci trouvent d’autres alternatives. Le Nigeria partage des kilomètres de frontières avec le Bénin et les circuits informels sont légion.

LIRE AUSSI:  Déroulement du processus électoral : Ouidah est très avancée dans les préparatifs

Les dispositifs sanitaires à l’épreuve de la porosité

Assises sous un parasol à l’entrée du Poste de contrôle juxtaposé de Sèmè-Kraké, deux agents de santé incitent au lavage des mains, les quelques passants, pour la plupart des riverains, qui arrivent au compte-gouttes.
Désœuvrées, dépitées, l’air abattu, elles donnent l’impression de n’avoir plus grand- chose à faire. « Comme les frontières sont hermétiquement fermées depuis un moment, nous sommes moins occupées aujourd’hui», explique l’une d’elles avant d’orienter vers son supérieur hiérarchique en opération sur un autre poste. En chemin, vers ledit poste, une barrière spéciale installée au carrefour d’un des circuits informels, l’agent Sossou ajoute: « Pendant que nous faisions le filtrage, les gens venaient se désinfecter au niveau des dispositifs de lavage de mains à l’aller comme au retour, avant de poursuivre leur route. Il y a trois dispositifs au Poste de contrôle juxtaposé, au niveau du Bénin : un dispositif à l’entrée du poste pour les conducteurs de véhicules, un deuxième dispositif posé sur le circuit emprunté par les piétons et un dernier dispositif là où stationnent les bus quittant le Nigeria pour le Bénin». Au lieu dit, la circulation est dense et il est difficile de maîtriser le flux. A pied ou à moto, les usagers ont à peine le temps d’attendre pour se laver les mains. Les forces de l’ordre et les agents sanitaires sont eux-mêmes débordés par le flux.
« Nous sommes ici dans une zone assimilable à un no man’s land, ce sont des riverains qui passent sans cesse, allant du Bénin au Nigeria, du Nigeria au Bénin ou fréquentant le marché local. Et comme les postes officiels sont fermés, les voies de contournement sont prises d’assaut. Mais, vous pouvez le constater, il y a ici aussi des dispositifs de lavage des mains et nous disposons de thermo-lasers pour prendre la température des passants. Il y a beaucoup de résistances, mais avec l’aide des forces de l’ordre, nous arrivons à les sensibiliser à passer par les dispositifs mis en place. Il y a quand même des gens qui nous échappent. Il faut le reconnaître ! Par ailleurs, il y a des conducteurs de taxi-moto qui passent des dizaines de fois et ne veulent pas se soumettre à cet exercice », rapporte Moïse Sounouvi, technicien d’hygiène et d’assainissement, chef d’équipe à Sèmè-Kraké. Mais les frontières entre le Bénin et le Nigeria sont difficiles à cerner. Certaines personnes passent par la brousse, un itinéraire périlleux qui échappe à tout contrôle sanitaire et sécuritaire.

LIRE AUSSI:  Adoption de loi à l’Assemblée nationale : De nouvelles conditions et procédures d’embauche