Première représentation théâtrale du FITHEB 2016: Claude Balogoun fait une «Querelles de quartier»

Par Josué F. MEHOUENOU,

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Coïncidence heureuse. C’est un spectacle de conte théâtralisé qui a ouvert le bal des représentations dans le cadre de la 13e édition du Festival international de théâtre du Bénin, mercredi 23 mars au théâtre de verdure de l’Institut français de Cotonou. Une représentation béninoise qui n’est rien, d’autre qu’une « Querelle de quartier » voulue par Claude Balogoun qui arborait à l’occasion, ses attributs de metteur en scène et de comédien.

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Lorsque la direction du Festival international de théâtre du Bénin (Fitheb) a invité les populations béninoises, à la suite des deux tours de l’élection présidentielle à voter pour le Fitheb à partir du 23 mars, personne n’y a trouvé d’inconvénient. Mais le festival aurait péché si aucune représentation n’incluait la dernière actualité du Bénin, celle des tractations politiques en vue du scrutin. Fort heureusement, c’est la pièce y consacrée qui a ouvert le bal des spectacles IN du festival. De belles «Querelles de quartier» qui résume avec satisfaction, les couloirs de la manigance et des intrigues politiques. Rien en tout cas de ce panier à crabes appelé « politique » n’a échappé au génie du metteur en scène qui jure pourtant que la pièce est vieille de deux décennies. Comment alors résume-t-elle si bien les agissements du chef-quartier qui, dans sa quête d’un troisième mandat, était prêt à tout ? Il a fallu la rhabiller et la réorienter sans véritablement toucher au fond, expliquera Claude Balogoun, qui a assuré la mise en scène, à la fin de la présentation.

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Pendant une cinquante de minutes, six comédiens font une occupation spatiale presque égale pour une satire sociopolitique visiblement très bien épousée par le public. Le spectacle est entrecoupé par moments de quelques séquences vidéo qui n’ont rien ôté à sa qualité. Bien au contraire, elles en ont rajouté à la joie du public qui en voulait au besoin. Et pour ceux qui en savent un peu sur l’actualité politique béninoise de ces dernières années, le chef quartier de la pièce présente tout « naturellement » une forte similitude avec un personnage dont la haute charge se passe de commentaire. Assoiffé d’un troisième mandat, il fera très tôt face à la résistance des siens qui lui barrent la voie et s’efforcent de justifier les conséquences de ce vœu. Le conte théâtralisé avec Claude Balogoun (Metteur en scène) se fait ainsi une nouvelle virginité. Tout y passe : tragédie, comédie, humour… pour décourager les ambitions malveillantes des dictateurs et despotes aux aspects extérieurs de démocrates qui n’ont pour seule volonté que de s’éterniser à la tête de leurs pays. A leur encontre, «Querelles de quartier» dresse quand ça lui plait, un sévère réquisitoire. Avec le mérite d’ironiser l’actualité politique béninoise avec en toile de fond les derniers quinquennats et surtout le processus électoral qui égrène ses derniers jours. Claude Balogoun et ses « quartiersards», osons-le dire, ont eu du «culot». Le directeur du Fitheb qui voulait que politique et théâtre se donnent la main dorénavant est en tout cas bien servi à travers cette création et comme lui, les spectateurs aussi sans doute.

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Tout n’est pas parfait !

Autant on peut se réjouir de cette nouvelle présentation de « Querelles de quartier » dans le cadre du Fitheb, autant on ne peut négliger certains aspects qui fouettent la qualité du spectacle. Le premier tient à la prestation de certains acteurs. La distribution a laissé quelques déchets que le temps devrait effacer avant les prochaines représentations, surtout dans le cadre de la tournée nationale qu’envisage son metteur en scène. C’est d’ailleurs lui qui, le premier, devrait polir un peu plus son art. En lui accordant l’excuse que ses dernières présences sur scène en tant qu’acteur remontent à plus de vingt ans, on peut tout de même suggérer à Claude Balogoun (acteur) de mieux assimiler son texte et d’en faire un meilleur rendement. La fraîcheur des heures chaudes du théâtre Wassangari lui manque, pourrait-on dire. Il en va de même pour Lydie Chokki. A l’aise au cinéma, elle ne l’est pas forcément au théâtre et cela semble-t-il, a transparu à l’Institut français de Cotonou, mercredi 23 mars dernier. Fidèle Gbégnon pour ce qui la concerne, a juste souffert de manque d’assimilation par endroits. Au reste de la bande, notamment Soulemane Laly, Giovani Houansou et Didier Nassègandé, on peut dire chapeau ! Et compter avec eux pour le renouveau que plus d’un souhaite pour le théâtre béninois. Ces trois comédiens de la classe émergente ont en tout cas assuré¦