Préservation de la biodiversité de Naglanou à Athiémè: Lueur d’espoir pour le groupement Ayininonté

Par Maryse ASSOGBADJO,

  Rubrique(s): Société |   Commentaires: Commentaires fermés sur Préservation de la biodiversité de Naglanou à Athiémè: Lueur d’espoir pour le groupement Ayininonté


Le projet d’investissement, de résilience des zones côtières en Afrique de l’Ouest offre des alternatives aux communautés en vue de réduire leur pression sur les ressources naturelles. Le groupement Ayininonté à Athiémé, dans le Mono, reste un modèle de cet élan à préserver la biodiversité.

LIRE AUSSI:  Camp médical gratuit de la Jama’at islamique Ahmadiyya à Kpomassè: Des soins et médicaments pour soulager les populations de Vivio

Il pleut des cordes, ce mercredi 14 octobre 2020, sur le village de Tadocomè, arrondissement d’Atchannou, commune d’Athiémè. Cette pluie surprise est venue plomber la motivation de Roboti Koko et Gbédégo Kpadonou, membres de la coopérative Ayininonté sur le site de transformation de noix de palme en huile, faute d’abri. Aux efforts physiques des femmes, s’ajoutent les intempéries et les risques de noyade de leurs enfants, en raison de la mare qui s’est formée dans leur environnement de travail.
« Sous la pluie, les membres de la coopérative ne peuvent rien faire. Alors que sous un hangar, ils peuvent poursuivre leurs activités et sécuriser la production au niveau de leur magasin », admet Abdou Salami Amadou, responsable du volet Fonds pour l’Environnement mondial du Projet d’investissement de la résilience des zones côtières en Afrique de l’Ouest.
Ces conditions difficiles de travail ne seront désormais qu’un vieux souvenir avec le centre de transformation en construction, à un jet de pierre de l’atelier en plein air. L’infrastructure est financée par le projet d’investissement, de résilience des zones côtières en Afrique de l’Ouest Waca Resip-Bénin, qui appuie la coopérative à hauteur de 11 224 000 francs Cfa.

Préserver la réserve de biosphère du Mono

En décidant d’accorder cet appui aux femmes, le Bénin et ses partenaires tiennent à la préservation de la réserve de biosphère du Mono. « Pour réduire la pression sur les ressources naturelles du site Ramsar 1017, il est prévu le financement, le développement et la mise en œuvre des activités alternatives génératrices de revenus (Aagr) au profit des populations riveraines aux Aires communautaires de conservation de la biodiversité (Accb) », soutient-on au niveau du Fonds pour l’Environnement mondial.
Le challenge, ici, c’est de sauvegarder l’Aire communautaire de conservation de la biodiversité (Accb) de Naglanou, à 5 km du site de transformation de la coopérative Ayininonté. Cette aire couvre un espace d’environ 319,56 hectares. Les animaux préservés sont le Sitatunga, le Guib harnaché, le singe, le python géant.
Avant l’avènement du projet, cette réserve naturelle était l’une des principales sources de revenus pour le village de Tadocomè. « En appuyant la communauté, nous sommes en train d’épargner les Accb de la pression humaine », assure Abdou Salami Amadou.
Selon Jeanne Akakpo Adanbiokou, coordonnatrice générale adjointe de l’Unité de gestion intégrée des projets, « les autorités béninoises au plus haut niveau sont préoccupées par les conséquences économiques, sociales et culturelles graves dues à la dégradation du littoral et de la réserve de biosphère béninois ».
Leur volonté de mobiliser des partenaires techniques et financiers tels que la Banque mondiale, le Fonds pour l’environnement mondial et le Fonds nordique de développement pour la concrétisation du projet d’Investissement, de résilience des zones côtières en Afrique de l’Ouest au Bénin (Waca ResIP-Bénin) est manifeste.
L’attention des partenaires à l’endroit de la coopérative
Ayininonté vaut son pesant d’or pour le Bénin. Confronté à la production manuelle auparavant, le groupement doit aujourd’hui son ascension à Waca-Bénin. Les équipements de travail tels que les presseuses, les dépulpeuses et les équipements de protection individuelle acquis dans le cadre de ce financement font amorcer l’ère de la modernité. « Ces femmes étaient déjà dans la transformation de noix de palme en huile rouge. Ce sont elles-mêmes qui ont exprimé le besoin dont nous avons fait le point pour retenir le montant total du micro-projet », développe Abdou Salami Amadou.

LIRE AUSSI:  Présidentielle du 11 avril 2021: L’appel à la paix des Organisations de la Société civile

Des communautés engagées

Les bénéficiaires ont le vent en poupe : « Nous sommes comblées par l’arrivée des partenaires. Ces appuis nous ouvrent les portes de la modernité dans notre domaine de travail en même temps qu’ils nous permettent de sauvegarder l’environnement », apprécie Blédo Dansi, présidente de la coopérative.
Ses collègues et elle comprennent l’enjeu et servent de relais pour la sensibilisation des hommes contre le braconnage. Un système de surveillance permanente du site est mis en place pour traquer les récidivistes. Soixante-treize personnes dont douze femmes font partie des équipes de veille.
Robert Codjo Sossa, président de l’Accb de Naglanou, est un ancien braconnier. Il a exercé plus de dix ans avant de troquer son fusil contre la sensibilisation à la préservation de la forêt.
Selon lui, l’abandon du braconnage est bénéfique à tous égards. «Aujourd’hui, la forêt s’améliore et les animaux ne sont plus dérangés. La coopérative Ayininonté a reçu du soutien parce que nous avons arrêté le braconnage. Ma femme fait partie des bénéficiaires », s’extasie-t-il.
Adolphe Noumon, administrateur de la coopérative, est heureux des efforts de sa communauté en faveur de la préservation de la biodiversité : « Les gens font pression sur la forêt en vue de survivre. Ils vivent mieux aujourd’hui sans la chasse ».
L’horizon se dégage désormais pour ces femmes dont les conditions de travail étaient précaires jusqu’à un passé récent. Tout se joue minutieusement sur le terrain pour leur permettre d’exercer dans un cadre répondant aux normes.
La bienveillance des partenaires à l’égard de la coopérative Ayininonté, forte de trente membres, a donc un impact indéniable sur toute la communauté de Tadocomè. «Cet appui au groupement impacte trente bénéficiaires directs et par ricochet trente ménages. La taille d’un ménage moyen dans cette localité est d’environ sept membres», estime le responsable du volet Fonds pour l’environnement mondial du projet Waca-Bénin.
C’est dire que la promotion des activités alternatives génératrices de revenus par le projet Waca Resip-Bénin pour la préservation de la réserve de Naglanou est un geste hautement salvateur pour les bénéficiaires, leur communauté et le pays entier.