Présidence de la République : Le chef de l’Etat prend langue avec les responsables syndicaux

Par Josué F. MEHOUENOU,

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Le président Patrice Talon a reçu en audience, ce jeudi 16 mars à la Présidence de la République, à leur demande, des responsables de six confédérations et centrales syndicales. Au menu des échanges, la question des libertés et la situation des travailleurs.

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Les échanges entre le chef de l’Etat et la délégation des responsables syndicaux ont duré hier plus de deux heures. Les discussions, à en croire Moudassirou Bachabi, secrétaire général de la Confédération générale des travailleurs du Bénin (Cgtb) et porte-parole de circonstance, ont porté sur plusieurs préoccupations qui tiennent à cœur aux travailleurs ainsi que sur les réformes engagées ou annoncées. Au total, souligne-t-il, six points ont été abordés et portent, entre autres, sur la question des libertés fondamentales, les pertes massives d’emplois, la cherté de la vie et les fortes pressions fiscales, les nouvelles propositions de loi en examen au Parlement, le non respect d’engagement pris vis-à-vis des travailleurs. 

« Il ressort de ces échanges qu’il y a un déficit de communication entre l’Exécutif et les partenaires sociaux. Le Gouvernement a pris l’engagement de corriger cela », déclare le porte-parole des syndicalistes reçus. Cette rencontre avec le président Patrice Talon, espère Moudassirou Bachabi, sera le point de départ pour l’instauration d’une « tradition de concertation et de consultation qui va s’établir et qui aura pour avantage d’aplanir d’éventuels malentendus liés à leurs revendications… Il y a également une volonté de part et d’autre pour que les crises soient épargnées à notre pays ». Dans les jours à venir, renchérit-il, des créneaux seront trouvés pour permettre aux deux parties d’échanger sur les réformes et les différentes revendications des travailleurs en attente.
Des secrétaires généraux et représentants de la Confédération des syndicats autonomes du Bénin (Csa-Bénin), de la Confédération générale des travailleurs du Bénin (Cgtb), de l’Union nationale des syndicats des travailleurs du Bénin (Unstb), de la Confédération des organisations syndicales indépendantes (Cosi-Bénin), de la Centrale des syndicats du privé et de l’informel du Bénin (Cspib) et de la Centrale des syndicats unis du Bénin (Csub) ont pris part à cette séance organisée à la demande des représentants des travailleurs. Aux côtés du président Patrice Talon pour les écouter, il y avait les ministres d’Etat Pascal Irénée Koupaki et Abdoulaye Bio Tchané, de même que le garde des Sceaux, Joseph Djogbénou et Adidjatou Mathys, ministre du Travail, de la Fonction publique et des Affaires sociales.
Des engagements pour la paix sociale

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Le chef de l’Etat aurait convenu avec les responsables syndicaux qu’il y a eu « des dérives en ce qui concerne les libertés publiques fondamentales », notamment sur la gestion de la situation sur les campus universitaires, ont affirmé ces derniers, à la faveur d’un point de presse donné dans la soirée d’hier. Le président Patrice Talon « s’en est désolé et s’est engagé à veiller personnellement à la sauvegarde des acquis en matière de libertés », ont-ils poursuivi. Aussi, aurait-il également reconnu que « des dérives ont émaillé l’opération de libération de l’espace public », tout en promettant que le Gouvernement s’emploiera à les corriger, à en croire le communiqué conjoint des syndicalistes.
Par rapport à la menace qui pèse sur les emplois du fait des procédures de liquidations et de privatisation actuellement en cours dans nombre d’unités de productions (Coteb, Sonapra, Onasa, Caia, ex-Ocbn), « Le chef de l’Etat a affirmé qu’aucun travailleur ne sera jeté au chômage dans les procédures en cours et que le volet social sera pris en compte avec une implication des travailleurs pour la sauvegarde de leurs intérêts », poursuit le communiqué. Le président de la République a également reconnu les difficultés d’existence de ses compatriotes, en l’occurrence la baisse du pouvoir d’achat.
Une rencontre est prévue le 24 mars prochain entre le chef de l’Etat et l’ensemble des confédérations et centrales syndicales de travailleurs au Palais pour discuter, entre autres, des propositions de loi en étude à l’Assemblée nationale. Mais avant, les confédérations et centrales syndicales ont déjà introduit une demande auprès du ministre d’Etat, président de la Commission de négociations Gouvernement – Centrales syndicales pour la convocation expresse d’une session extraordinaire afin de passer à la phase pratique de prise en compte des points de convergence de la séance avec le chef de l’état.
C. U. P.