Production du cajou biologique et commerce équitable: Gebana Bénin comme pionnier à travers le projet Coop- Idh

Par Maurille GNASSOUNOU A/R Borgou-Alibori,

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L’atelier clôture de la mise en œuvre du projet Coop-Idh avec Gebana Bénin a été organisé, vendredi 4 mai dernier, au Centre Guy Riobé de Parakou. Outre le point des activités menées, des engagements ont été pris dans le cadre de la poursuite de la conquête du marché international du cajou biologique et faire-trade par les petits exploitants agricoles du Bénin.

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L’heure était, vendredi 4 mai dernier au Centre Guy Riobé de Parakou, au bilan du projet Coop-Idh arrivé à terme depuis le lundi 30 avril 2018. Démarré en janvier 2016, il a été financé par les structures Coop en Suisse, l’Ong internationale Idh et la société Gebana AG en Suisse. Kouandé dans l’Atacora, Nikki dans le Borgou et Glazoué et Ouèssè dans les Collines, ont été les zones d’intervention du projet. Appelé à aider Gebana Bénin à promouvoir les certifications biologiques et commerce équitable de la noix de cajou au Bénin, le projet Coop a atteint ses objectifs et les résultats escomptés ont été obtenus.

Situant l’objectif de la rencontre, le directeur général de Gebana Bénin, Luc E. Loco, a indiqué qu’il s’agit de présenter les résultats auxquels la mise en œuvre du projet est parvenue. Pour qu’il y ait plus de production de l’anacarde biologique et de bonne gouvernance, à travers le faire-trade au Bénin, il a assuré que les réflexions se poursuivront. « Dans les pays où elle est très développée, la prime du commerce équitable est vraiment importante », a insisté le directeur général, en faisant la genèse du projet au Bénin.
En effet, au nombre des stratégies pour sa mise en œuvre au Bénin, le projet a appuyé les coopératives, les producteurs et les transformateurs. C’est ce qui, reconnaîtra Adolph-César Fagnon, responsable agronomique de Gebana Bénin, a permis l’obtention des certifications Bio UE, Bio Suisse et Commerce équitable, d’améliorer la traçabilité des noix, les techniques post-récoltes et les bonnes pratiques de production, ainsi que la fourniture des plants améliorés aux producteurs.
Le projet Coop a eu le mérite, grâce à une équipe d’agronomes dévoués, de rendre fonctionnel et dynamique le système de contrôle interne destiné à mener auprès des producteurs les activités d’appuis conseils et de suivi des plantations d’anacarde. Le projet Coop a également appuyé quelques transformateurs de cajou dans le domaine de l’amélioration des standards qualités.
Entre autres résultats, 4 certificats faire-trade ont été obtenus par l’Ucpa de Nikki, l’Uccpa de Kouandé, l’Ucfptas de Glazoué et l’Ucfptas de Ouèssè. Les deux dernières coopératives ont également obtenu leur certificat Bio UE, au moment où celle de Kouandé bénéficiait du renouvellement du sien. En lien avec les producteurs de l’Uccpa Kouandé, Gebana Bénin est certifié depuis 2017 au Bio Suisse. En plus de la distribution des plants améliorés à Glazoué et Ouèssè, il y a eu la formation des formateurs au Ghana et à Parakou. Des opérations de géo-référencement et d’identification des parcelles certifiées ont été réalisées dans toutes les zones d’intervention du projet. Globalement, le projet Coop enregistre à ce jour, 1294 producteurs de cajou biologique pour une estimation de récolte de 1442 tonnes dans les certifications Bio Suisse, Bio UE et FLO.
A l’arrivée, Gebana Bénin a exporté vers l’Europe et principalement vers la Suisse, respectivement en 2016 et en 2017, au total 63 et 126 tonnes d’amandes de cajou certifiées Bio et ou Commerce équitable. Les prévisions pour 2018 sont au-delà de 160 tonnes.

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Défis et perspectives

« Malgré la fin du projet, le marché existe. Le partenariat avec Coop demeure. Mais Gebana Bénin qui va poursuivre ses activités à travers l’accompagnement des producteurs et des coopératives vers diverses certifications, a désormais l’obligation de chercher d’autres marchés meilleurs et plus porteurs », a insisté le directeur général de la structure, Luc E. Loco. Pour ce faire, Gebana Bénin compte relever un certain nombre de défis. Le premier, selon Adolph-César Fagnon, est lié au problème de la gestion de la fertilité des sols, la pratique de l’agrochimie étant interdite aux producteurs au niveau de l’agriculture biologique. A cela, il faut ajouter le contrôle qualité de la transformation.
Le marché leur étant garanti, la nécessité d’accroître le nombre des producteurs certifiés bio est sérieusement envisagée. Selon les responsables de Gebana Bénin, il ne pourrait en être autrement, dans la mesure où, pour encourager leurs efforts à investir dans la production du cajou biologique, les producteurs reçoivent des primes en retour qui servent à réaliser des ouvrages communautaires au profit de tous.
Comme perspectives, Gebana Bénin entend renforcer le suivi et contrôle du système de contrôle interne (ICS), puis procéder à l’extension des zones de production pour accroître les volumes, en intéressant d’autres producteurs. Dans son champ de mire, il vise le certificat NOP, pour la conquête du marché américain.