Production et coronavirus L’heure au télétravail

Par Josué F. MEHOUENOU,

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xLe travail sur site est de moins en moins prisé à l’heure de la pandémie du coronavirus. Administrations privée et publique ont opté pour le télétravail, histoire de freiner la propagation du virus. Le gouvernement n’est pas du reste. Il a montré le chemin à suivre en optant pour le télétravail et pour les rencontres majeures, la visioconférence.

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Depuis quelques semaines, les membres du gouvernement tiennent leurs conclaves habituels par visioconférence. Le Conseil des ministres par exemple ne se tient plus sur site. Il se déroule en visioconférence sous la présence effective du chef de l’Etat. Dans l’administration publique, la tendance ne varie pas. Ministères et structures sous tutelle ont appelé leurs travailleurs à se séparer un moment des bureaux, sans manquer à leurs obligations professionnelles. Le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération aura été l’un des tout premiers à s’inscrire dans cette logique et c’est le patron de la diplomatie en personne qui a donné le top en invitant les travailleurs dont la présence n’est pas indispensable à travailler depuis leurs lieux de résidence. Ceci, pour respecter la sacrée formule «Restez chez vous », devenue la règle d’or du moment pour freiner la pandémie du coronavirus et se prémunir contre cette maladie respiratoire grave.
L’administration privée, elle a pris une longueur d’avance. Certains établissements ne se sont non plus fait prier. Bien de structures ont mis à l’arrêt des travailleurs dont la présence n’est pas essentielle. Mais généralement, elles ont demandé à la majorité que le travail se fasse depuis les lieux de résidence. Une option qui réjouit plus d’un parce que limitant les risques de contamination au virus.
Le télétravail est une pratique qui consiste à faire un travail professionnel à distance en utilisant des moyens technologiques loin du lieu où le résultat du travail est attendu, explique un spécialiste des technologies de l’information et de la communication. Il s’agit de travailler sans être au bureau, sur un chantier… en général sur le lieu du travail. Le télétravail est «rendu possible par l’évolution de la technologie qui permet de partager des données et des contenus à distance », explique Maurice Thantan, professionnel du secteur des technologies de l’information et de la communication. Dans son essence, le télétravail s’oppose au travail sur site et cela peut se faire en temps partiel ou à plein temps. Il peut y avoir des contrats de travail qui se résument exclusivement en télétravail, révèle-t-il.

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Avantages et inconvénients

Maurice Thantan fait savoir que le télétravail a autant des avantages que des inconvénients pour les deux parties que sont l’employeur et l’employé. Pour l’employeur, en termes d’avantages, cela lui permet d’avoir une flexibilité dans ses ressources humaines, de recruter là où il veut et d’avoir des gens un peu partout dans le monde qui travaillent pour lui. Il lui donne aussi la possibilité de piocher la ressource humaine où qu’elle se trouve pour l’exploiter. Le télétravail peut aussi réduire l’absentéisme et laisser la possibilité à certaines catégories de personnes comme celles présentant des handicaps de travailler sans être contraintes à des mobilités. En optant pour cette forme de travail, on peut se réduire également certaines dépenses, ce qui représente des coûts en moins pour l’entreprise.
Pour ce qui est du salarié, le télétravail lui permet de faire des économies sur le transport et surtout d’avoir des horaires de travail souples mais avec des objectifs à atteindre. « La souplesse permet à l’employé d’être n’importe où et de travailler et cela peut augmenter le bonheur au travail, offrir une grosse autonomie et un sens de responsabilité plus large», développe Maurice Thantan. Mais attention. Pour réussir en télétravail, « il faut être rigoureux et organisé», prévient-il. Autre avantage, c’est de pouvoir travailler tout en s’occupant par exemple de sa famille, ce qui renforce le bien-être, réduit le stress au travail, et induit moins de dépenses comme par exemple au niveau des vêtements, développe le spécialiste des Tic. Ainsi présenté, le télétravail devenu aujourd’hui très fréquent dans les administrations au Bénin en raison de la pandémie du coronavirus peut paraître sans inconvénients, pourtant il en existe.
Pour Maurice Thantan, le télétravail ne manque pas de conséquences. Il peur créer l’isolement et un manque de socialisation liée à l’espace de travail, le manque d’affinités et peut affaiblir les liens collectifs du travail. Dans le même temps, l’éloignement de l’employeur et l’absence de son autorité peuvent être à la base d’un manque de motivation. « Le télétravail peut empiéter sur la vie familiale. Travailler depuis sa maison crée une confusion entre l’espace privé et l’espace professionnel», souligne le spécialiste. Il existe aussi un risque de ne disposer que d’heures de travail, de travailler trop longtemps, parfois à des heures indues, ce qui n’est pas bon pour la santé, poursuit-il.
L’heure étant à ce mode de travail actuellement au Bénin, en raison du coronavirus, Maurice Thantan pense que « tout le monde peut le faire et dans tous les secteurs, même s’il y a des secteurs qui sont plus enclins que d’autres à ce genre de travail ». Dans certains secteurs, le travail doit être présentiel, même si aujourd’hui, la dématérialisation de l’administration est très avancée.

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Des préalables

Pour mettre en place le télétravail, il faut voir les process, sonder les ressources à mettre en télétravail, donc hors du lieu de travail et surtout voir les moyens dont on dispose. Il faut en tout cas, analyse-t-il, une préparation technique comme par exemple une très bonne connexion, les outils de communication, les outils de partage d’informations et de données… «Cette préparation technique est essentielle… Le risque au Bénin est tout aussi technique que d’outillage », dira-t-il. Il faut par exemple disposer de beaucoup de logiciels de travail qui ne sont pas très connus dans l’administration et certaines entreprises, ce qui impose une mise à niveau avant de se lancer. Toujours est-il que « tout le monde peut le faire ». Il faut en amont, précise le spécialiste des Tic, évaluer les outils qu’on peut externaliser parce que tout le monde ne peut le faire, certains ayant besoin d’espaces physiques permanents.
Faut-il pérenniser cette expérience au-delà du Covid-19 ? Absolument, tranche Maurice Thantan. « Les avantages sont énormes. Il faut absolument que les entreprises deviennent sensibles à ce genre de chose et se préparent pour », plaide-t-il. « La crise sanitaire est un déclic pour évaluer les process qui permettent d’y arriver », conclut-il.

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