Productivité agricole au Bénin, au Niger et au Togo: Les acteurs se penchent sur les flux et coûts des engrais

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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Le présidium à l'ouverture

Cotonou abrite du 24 au 27 août un atelier régional de revue et de validation de données sur les procédures d’importation, les coûts logistiques et les statistiques des engrais de 2015 à 2020 au Bénin, au Niger et au Togo. Les résultats des travaux contribueront à mieux connaître les marchés en vue d’améliorer les actions pour le développement agricole et la sécurité alimentaire.

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Des acteurs de la logistique des engrais sont réunis à Cotonou pour valider les informations collectées sur les importations et les exportations d’engrais au Bénin, au Niger et au Togo ainsi que celles relatives à la structure des prix. C’est à travers un atelier démarré ce mardi pour quatre jours, et qui s’inscrit dans le cadre du projet « Stimuler la croissance à travers des systèmes régionaux d’intrants agricoles » (projet Engrais).
En collaboration avec l’Association ouest-africaine des professionnels des engrais (Wafa) et l’initiative AfricaFertilizer.org (Afo), ledit projet a entrepris une série d’études sur les statistiques, les procédures et les coûts logistiques dans ces trois pays, rappelle Françoise Lema Sayi, représentante pays du Centre international de développement des engrais (Ifdc) au Bénin. L’objectif est de fournir des données précises devant aider à la prise de décisions au niveau sous-régional, indique-t-elle.
L’atelier de Cotonou qui se penche sur les données recueillies, regroupe une cinquantaine de participants issus des secteurs public, privé et de la Société civile des trois pays concernés, mais également de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Kenya et du Nigeria. Il s’agit d’acteurs provenant des structures en charge de l’agriculture, des services statistiques douanières, des sociétés de fabrication, d’importation et d’exportation d’engrais, des associations professionnelles et interprofessions agricoles consommatrices d’engrais.
A l’instar des autres pays de la sous-région ouest-africaine, les marchés des engrais au Bénin, au Togo et au Niger croissent et ne sont pas couverts, relève l’Ifdc. Plusieurs pays n’ont pas pu acheter et importer les quantités d’engrais nécessaires. La pénurie et la hausse des prix des engrais plombent la campagne agricole en cours et celle à venir, précise Patrice Annequin, représentant de l’Ifdc.
Dr Dossa Aguèmon, directeur de cabinet du ministre béninois de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, salue les efforts déployés à divers niveaux pour rendre les intrants agricoles, en l’occurrence les engrais, disponibles, accessibles et abordables afin d’aider les agriculteurs à accroître leur productivité agricole et à améliorer leurs moyens de subsistance. Il félicite en particulier l’Ifdc pour l’accompagnement des Etats dans le suivi des statistiques annuelles de production, de commerce et de consommation d’engrais dans de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest et au-delà.

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Finalité : sécurité alimentaire

Procédant à l’ouverture des travaux, M. Aguèmon a exhorté les participants à partager les informations et expériences diverses afin de contribuer efficacement à une meilleure compréhension des chaînes d’approvisionnement et de la consommation des engrais dans la sous-région. « Les résultats de l’atelier contribueront à relever les défis de la sécurité alimentaire auxquels notre région est confrontée et conduiront à une meilleure sécurité des personnes et des biens », espère-t-il.
La pandémie de Covid-19 a engendré des « conséquences non négligeables sur la chaîne de l’approvisionnement des engrais dont nos agriculteurs ont besoin », signale Atsu Eklou, chef du service technique à la Centrale d’approvisionnement et de gestion des intrants agricoles du Togo. En fait, les fermetures d’entreprises, des frontières et autres restrictions des transports induites par la crise sanitaire ont exacerbé la situation déjà préoccupante, occasionnant une hausse des prix des engrais et fragilisant les mécanismes nationaux d’approvisionnement.
« L’étude réalisée dans le cadre du projet Engrais, financée par l’Usaid, est d’un grand intérêt pour nous, car elle participe à l’identification des voies et moyens appropriés d’importation pour un pays enclavé comme le nôtre », apprécie Dr Yahaya Garba, directeur général de l’Agriculture, président du Comité technique des Engrais du Niger. Cela favorisera une plus grande accessibilité aux engrais dans les différentes parties du Niger, estime-t-il, soulignant que « La faible productivité des terres combinée à la variabilité climatique fait que le pays connaît des déficits récurrents en matière de productions agricole et pastorale ».
A en croire Dr Garba, la plus faible dose d’engrais appliquée à l’hectare dans la sous-région est relevée au Niger : soit 3 à 5 kg à l’hectare malgré la progression rapide des importations. De 2017 à 2019, le volume total des importations n’excédait pas 27 000 tonnes par an ; en revanche quelque 76 000 tonnes d’engrais sont importées au cours des sept premiers mois de l’année 2021, illustre-t-il. En plus, les coûts logistiques internes pour approvisionner les différentes régions du pays varient selon le corridor emprunté, informe-t-il n

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Encadré

Pour une vue globale

L’atelier de Cotonou vient à point nommé pour donner une image plus claire de la situation des engrais dans l’espace Cedeao. En fait, les études sur les statistiques, les procédures et les coûts logistiques des engrais entreprises par le projet Engrais au Bénin, au Niger et au Togo complètent celles menées dès 2019 par l’Ifdc pour six pays de la région. Il s’agit du Nigeria, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal, du Mali, du Ghana et du Burkina Faso, principalement desservis par quatre ports à savoir les ports d’Abidjan, de Tema, de Dakar et de Lomé.
Un rapport sur la « Structure des coûts logistiques et des procédures d’importation d’engrais le long de quatre corridors en Afrique » a été publié ainsi que quatre fiches d’information sur les ports étudiés.
Les statistiques de la production, du commerce et de la consommation annuels d’engrais de ces pays ont été validées entre mars et avril derniers par les groupes de travail techniques nationaux sur les engrais (Gtte).

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