Programme des cantines scolaires au Bénin : Une nouvelle approche pour l’extension

Par Maurille GNASSOUNOU A/R Borgou-Alibori,

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Programme des cantines scolaires au Bénin Une nouvelle approche pour l’extension Une garantie pour maintenir les enfants à l’école

D’ici à juin prochain, trois écoles sur quatre vont disposer d’une cantine scolaire sous l’approche intégrée. C’est l’assurance donnée, vendredi 25 mars dernier à Parakou, par le représentant résident du Programme alimentaire mondial (Pam) au Bénin, Guy Adoua.

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Au Bénin, de 29 % en 2017, le taux de couverture en cantines scolaires est passé à 51 % en 2021, puis à 75 % en 2022. C’est dans le cadre de l’extension du Programme national d’alimentation scolaire intégré (Pnasi) qui vise la rétention des enfants à l’école et l’amélioration de la mobilisation communautaire autour de la cantine scolaire.
Jusqu’à la fin de l’année 2021, informe le représentant résident du Pam au Bénin, Guy Adoua, le taux de couverture en cantines scolaires sur le plan national était de 51 %. Pour le faire passer à 75 %, un travail a été fait. Ainsi, des équipes avaient été déployées sur le terrain pour identifier de nouvelles écoles, travailler avec les communautés, mettre en place les comités de gestion de cantines scolaires, construire les infrastructures, puis gérer les statistiques. Ce travail, soutient-il, a commencé depuis le début de l’année. « Nous sommes déjà en train de préparer les plans d’allocation des vivres. Notre objectif, c’est de démarrer avec les nouvelles écoles avant la fin de cette année scolaire. Ce qui va nous amener à 75 %, un taux qui est déjà presque une réalité. Les écoles sont connues tout comme les communautés. De même, la sensibilisation a déjà eu lieu », indique le représentant résident. « Pour la suite, il est prévu que nous passions au taux de 100 % entre 2023-2024, c’est-à-dire que chaque école devrait avoir sa cantine. Ce qui demande également un travail de préparation, car les 25 % des écoles qui restent sont pour la plupart installées en milieu urbain. Vous conviendrez avec moi que le fonctionnement des cantines en milieu urbain n’est pas le même qu’en milieu rural », explique-t-il. A cet effet, une étude a été lancée et des équipes sont actuellement déployées sur le terrain pour faire des constats. C’est pour envisager avec les écoles les modalités qui seront les mieux adaptées aux programmes en milieu urbain. « Une fois ces modalités déterminées, nous passerons alors à 100 %. C’est un grand défi, mais je suis certain que nous allons y arriver. D’ici juin, nous aurons au moins 3 écoles sur 4 qui bénéficieraient du programme des cantines scolaires », assure-t-il.
Selon lui, par rapport au programme des cantines scolaires, le premier défi à relever est relatif à la disponibilité de l’eau. « Dans le contexte sanitaire actuel, nous avons besoin d’avoir de l’eau, d’abord pour la cuisson, mais également pour le lavage des mains, des ustensiles, y compris pour le jardin scolaire. Et là, il y a un grand programme qui exigera l’installation des forages là où il n’y en a pas encore. De même, des priorités seront définies et accordées aux écoles à cantine, parce que c’est là où le besoin est pressant. Aussi, il y a des partenaires que nous sommes en train d’orienter là où il y a des écoles. Ça prendra du temps, mais il y a déjà des actions qui ont été menées », insiste Guy Adoua.

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Une approche intégrée

« Un autre défi, c’est que l’idéal pour ce programme est de tout acheter localement. Qu’il s’agisse de l’huile, du sel, des céréales et autres. En réalité, le programme a un double objectif. Outre l’éducation des enfants, il s’agit également d’améliorer leur statut nutritionnel », souligne-t-il. « Nous avons commencé par acheter les produits sur le plan local. Mais nous nous sommes aperçus qu’il y a un problème réel de qualité qui se pose. Ce qui nous amène à encore renforcer les capacités des petits producteurs. C’est pour leur permettre d’avoir des produits de bonne qualité. Bientôt, nous allons arriver à un million d’enfants. Nous devons veiller sur la qualité pour leur bien-être », détaille-t-il.
En effet, le Pam a décidé de réorganiser sa chaine d’approvisionnement, en y intégrant les producteurs de vivriers locaux notamment du maïs. Organisés en coopératives et accompagnés depuis le début de la campagne agricole, ces derniers deviennent ses potentielles sources d’approvisionnement. L’initiative qui est à sa phase pilote a été lancée, mardi 29 mars dernier à Bembèrèkè. C’était avec les membres de la coopérative villageoise des producteurs de maïs de Pédarou, à travers l’achat de 40 tonnes. Après la phase pilote qui ne prend en compte que Nikki, Bembèrèkè, Gogounou et Kandi pour un total de 100 tonnes de maïs certifié de bonne qualité acheté auprès des producteurs locaux, l’objectif est de toucher un plus grand nombre de coopératives. Ensuite, on verra comment introduire le sorgho et le fonio, d’autres aliments qui font partie des habitudes alimentaires locales.
L’approche du Pam s’inscrit dans une vision globale très large. Il s’agit, selon son représentant résident, de renforcer l’alimentation scolaire au Bénin en développant une approche multisectorielle et en privilégiant les achats locaux, la diversité alimentaire et la nutrition des enfants dans les écoles à cantine. Outre les enfants, le Pam travaille également, conformément à son plan stratégique, à améliorer la nutrition des femmes et à aider les petits exploitants agricoles à améliorer leur productivité et à réduire leurs pertes post-récoltes.
Un dernier défi reste l’appropriation de l’approche par les communautés, en commençant par les autorités. « Nous ne voulons pas qu’on la prenne comme celle du Pam seul, mais comme celle de la communauté dont chacun des membres aura un rôle à jouer. Il faut une synergie d’actions. Par ailleurs, les cantines scolaires ont un lien avec la santé, l’agriculture, les affaires sociales. Il va falloir qu’à tous les niveaux, les directeurs départementaux en charge de ces secteurs se mettent ensemble pour convenir de ce qu’ils doivent apporter pour que les cantines scolaires fonctionnent», conseille-t-il.
En effet, son souhait est de voir cette synergie être davantage renforcée avec un peu plus de coordination, pour s’assurer que les indicateurs sont suivis de près. Que la cantine ne soit pas une affaire seulement de l’école, mais de toute la communauté, et de tous les secteurs au niveau des départements.