Projet d’appui aux infrastructures agricoles dans la Vallée de l’Ouémé: Des contraintes pèsent sur l’atteinte de certaines cibles

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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Des transformations sont perceptibles après cinq ans de mise en œuvre du Projet d’appui aux infrastructures agricoles dans la Vallée de l’Ouémé. Cependant, le risque que certaines cibles ne soient pas atteintes est grand, en raison des contraintes budgétaires et des longs délais dans la passation des marchés.

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En dépit des performances remarquables enregistrées, le Projet d’appui aux infrastructures agricoles dans la Vallée de l’Ouémé (Paia-Vo) risque de ne pas atteindre certaines cibles de produits en raison de contraintes budgétaires. Le rapport d’étape au 31 décembre 2020 publié par la Banque africaine de développement (Bad) souligne le cas de l’aménagement des superficies de jardins qui n’avait toujours pas démarré lors de l’évaluation. En plus, seulement 411 jeunes hommes et 80 jeunes femmes sont appuyés/installés sur 1850 et 650 respectivement attendus.
Outre les difficultés de mobilisation effective des ressources de la contrepartie nationale, signale le rapport, il y a les longs délais observés dans la passation et l’approbation des marchés qui ralentissent la mise en œuvre de certaines activités.
Aussi, des risques sont liés aux problèmes fonciers sur les sites devant abriter les infrastructures, des conflits qui parfois surgissent en cours des travaux. A cela s’ajoute le retard éventuel qu’accuseraient les entreprises en charge des travaux d’aménagement des périmètres, une première entreprise ayant abandonné un site de 651 ha.
Pour résorber ces difficultés, le rapport préconise la poursuite de la mobilisation de la contrepartie nationale des financements, des séances de sensibilisation des populations et un suivi rapproché de l’état d’avancement des travaux avec un compte-rendu mensuel à la Banque africaine de développement (Bad) et au ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (Maep).
Lancé en 2014, le Paia-Vo est cofinancé par le groupe de la Banque africaine de développement (Bad), l’Etat béninois et les bénéficiaires. Le projet est financé par le groupe de la Bad à hauteur de 67,19 millions de dollars américains (dont un prêt de 59,20 millions de dollars et le reste sous forme de don) soit près de 37 milliards F Cfa, dans le but de réduire la pauvreté et d’améliorer la sécurité alimentaire au Bénin. Il prendra fin le 31 décembre 2022, après révision de la date initiale de clôture précédemment fixée au 31 décembre 2020.

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Acquis

Le Paia-Vo a de fortes chances d’atteindre son objectif de développement si les contributions attendues du gouvernement sont effectivement mobilisées comme prévu à la conception du projet. Selon le rapport d’étape au 31 décembre 2020, malgré les nombreuses contraintes ayant perturbé sa mise en œuvre, le projet est sur la bonne voie pour atteindre plus de 80 % des cibles relatives aux produits attendus.
Déjà, quelque 200 km de linéaire de pistes et 10 km de linéaire de digues-pistes construites ont permis de désenclaver plusieurs zones de production auparavant difficiles d’accès.
A fin décembre 2020, il est enregistré 1489 hectares de superficie emblavée sur une cible escomptée de 5000 ha à la fin du projet. L’on comptait 131 hectares de superficies de planches surélevées sur 200 à aménager au total, à la même date. Quelque 407 tonnes de semences sont mises en place pour une cible initiale de 350 tonnes.
Les travaux de modernisation de quatre marchés sont achevés et 48 magasins de stockage sont construits sur 50 au total.
Le projet a appuyé 155 femmes maraîchères et permis l’encadrement de 5302 agriculteurs (dont 1184 femmes) et la formation de 139 comités ainsi que la fourniture de 407 tonnes de semences aux bénéficiaires.
Globalement, les résultats sont satisfaisants. Avec le démarrage des aménagements en maitrise totale de l’eau de Tangbédji (540 ha), des sites jadis abandonnés (651 ha) et des bas-fonds, il est attendu un effet significatif du projet sur l’accroissement de la productivité et des productions végétales ainsi que des revenus dans la vallée de l’Ouémé .

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