Projet de loi de finances: Les priorités de gouvernance pour 2019

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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D’un montant de 1877,543 milliards F Cfa, le projet de loi de finances 2019 soumis aux députés pour examen dévoile les priorités de gouvernance pour l’année prochaine. Agriculture, infrastructures, éducation, santé, protection sociale sont au rang des secteurs prépondérants.

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Pour 2019, le gouvernement entend maintenir le cap qu’il s’est fixé à travers le Programme d’action du gouvernement (Pag 2016-2021) afin d’améliorer les conditions de vie des populations. L’agriculture est au rang des priorités pour cet exercice. Dans le projet de loi de finances, il est prévu de consacrer près de 60 milliards F Cfa (4,35 %) au développement des cultures à fort potentiel telles que l’ananas, l’anacarde, les produits maraîchers et aux secteurs de l’élevage et de la pêche. Pour ce faire, le gouvernement entend rendre disponibles et accessibles les semences et intrants de qualité.
Dans le secteur de l’énergie auquel seront alloués plus de 51 milliards (3,75 %), il s’agira d’accroître les capacités de production, les moyens de transport et la distribution de l’énergie électrique. Ainsi, 2 000 kilomètres environ de ligne de transport d’énergie seront construits. Outre la promotion de l’électrification rurale et l’actualisation du Code d’électricité et du Code des énergies renouvelables, il est envisagé de développer des partenariats pour l’approvisionnement en gaz naturel.
En vue de permettre l’accès durable à l’eau potable à tous les Béninois d’ici 2021, il est prévu la construction de onze barrages hydro-agricoles, la réalisation de six nouveaux schémas directeurs d’aménagement et de gestion des eaux des bassins. Il sera aussi question de limiter les pannes des ouvrages hydrauliques en milieu rural et d’assainir les eaux usées en milieux urbain et périurbain.
L’aménagement du cadre de vie se poursuivra, avec 68,2 milliards F Cfa de dépenses prévues. A cet effet, le gouvernement compte donner un coup d’accélérateur au projet Asphaltage pour le pavage et le bitumage des voies. Par ailleurs, les travaux de construction de 2100 logements sociaux seront lancés tout comme ceux de la cité administrative technique à Abomey-Calavi et de la cité ministérielle à Cotonou. Les cités administratives départementales ne seront pas du reste.
Sur le plan de l’accès à la justice, le projet de loi de finances 2019 prévoit la modernisation de l’administration judiciaire à travers la mise en place d’une nouvelle carte pénitentiaire et la mise en œuvre de la carte judiciaire.
Dans le domaine des infrastructures, le démarrage des travaux proprement dits de construction de l’aéroport international de Glo-Djigbé, de la voie express Glo-Togbin et d’un axe routier de contournement nord-est de la ville de Cotonou est annoncé pour l’année prochaine. A cela, s’ajouteront la réhabilitation, la modernisation et l’extension du réseau routier national, la poursuite de l’aménagement et du bitumage de la Route des pêches, l’extension du port de Cotonou et la construction du tronçon ancien Pont-Cen-Sad. Au total, quelque 428 milliards devraient être dépensés pour le volet affaires économiques-équipements en 2019.

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Affaires sociales et éducation

Si le budget était voté en l’état, la santé et la protection sociale feront dépenser près de 70 milliards F Cfa à l’Etat. Le projet d’Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch) démarre effectivement en 2019, selon les prévisions du gouvernement. Dans le nouveau contexte où il est demandé aux agents de santé de choisir entre le secteur public et le secteur privé, il est envisagé de recruter et de former des médecins généralistes ainsi que des spécialistes et de les répartir équitablement sur toute l’étendue du territoire national pour soulager les populations. Le renforcement du plateau technique dans les formations sanitaires devrait se poursuivre. Un centre hospitalier universitaire moderne sera construit et équipé dans la cité dortoir d’Abomey-Calavi ainsi que cinq hôpitaux de zone à Cotonou, Adjohoun, Avrankou, Bohicon et Porto-Novo. Des Centres de promotion sociale seront construits, d’autres seront réhabilités et équipés.
Comme d’habitude, l’éducation consommera une grande partie du budget de l’Etat en 2019 : environ 250 milliards F Cfa, soit plus de 18 % du budget. Les subventions de l’Etat aux établissements publics seront accrues ; des manuels et cahiers d’activités de mathématiques et de français continueront d’être mis à la disposition des apprenants. Le gouvernement annonce que les ressources du programme des cantines scolaires seront renforcées pour porter le taux de couverture à 51% dans les écoles publiques du Bénin contre seulement 31% en 2018.
Une part importante sera allouée aux infrastructures éducatives au niveau des trois ordres d’enseignement (maternel et primaire, secondaire et technique et supérieur). Le gouvernement entend créer et investir dans quatre nouvelles filières de formation de courte durée (deux ans) pour favoriser l’insertion rapide des jeunes dans les métiers du bois, de l’agriculture, du tourisme et de la mécanique auto.
Dans le domaine des loisirs, sports et culture, plus de 58 milliards F Cfa (4,3 %) seront dépensés en 2019. Pour le renforcement de la sécurité et de la défense, il est prévu près de 111 milliards F Cfa (8,1 %).
Par ailleurs, dans le cadre du transfert de ressources aux collectivités locales, le budget prévisionnel du Fonds d’appui au développement des Communes (Fadec), contenu dans le projet de loi de finances 2019, est estimé à un montant global de près de 46 milliards F Cfa comme en 2017.
Quant aux offices et sociétés d’Etat, le gouvernement s’engage à leur accorder plus de 61 milliards de F Cfa à titre de subventions.
Il faut souligner que le projet de loi de finances est équilibré en recettes et en dépenses à la somme de 1877,543 milliards F Cfa contre 1862,918 milliards F Cfa en 2018, soit une hausse de 0,8 %.