Projet de promotion de l’aquaculture et de la pêche durable : Accroître les ressources halieutiques pour l’économie nationale

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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Franchir un pallier supplémentaire dans le secteur de la pêche

Le Bénin entend renforcer la production de ressources halieutiques en vue de la sécurité alimentaire. C’est à travers le Projet de promotion de l’aquaculture durable et de compétitivité des chaines de valeur de la pêche (Promac) qui sera déployé au cours des cinq prochaines années.

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Accroître la contribution du secteur de la pêche et de l’aquaculture aux économies locales et nationale, tel est l’objectif du Projet de promotion de l’aquaculture durable et de compétitivité des chaines de valeur de la pêche (Promac) initié par le gouvernement. Ce faisant, il entend contribuer à la sécurité alimentaire à travers l’amélioration de la gouvernance, le développement de la production et de la productivité de la filière aquacole, la gestion durable des pêches continentale et maritime et le développement des chaînes de valeur compétitives.
La durée prévisionnelle du projet est estimée à soixante mois, étalée sur la période 2021-2026. Le Promac sera mis en œuvre à travers trois composantes relatives au développement de la pisciculture compétitive et résiliente au climat, au renforcement des chaînes de valeur commerciales et de la gestion durable de la pêche.
D’envergure nationale, le projet sera déployé dans trois principales zones du territoire national, sous l’égide du ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche. La première, c’est la façade maritime, notamment dans les départements du Mono, de l’Atlantique, du Littoral et de l’Ouémé. La deuxième zone concerne les plans et cours d’eau continentaux, les bas-fonds, les forages artésiens et les plaines inondables dispersés dans les bassins versants du Sud et du Centre, en l’occurrence dans le Mono, l’Atlantique, l’Ouémé et le Zou. Enfin, le projet touchera aussi les retenues et cours d’eau du Centre et du Nord à travers les départements des Collines, du Zou, de l’Alibori, de l’Atacora, de la Donga et du Borgou.

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Cibles

Le nombre total de bénéficiaires directs et indirects attendus du projet est estimé à environ 672 601 personnes dont 62 601 en aquaculture (6 394 directs) et 610 000 pour la pêche (62 305 directs). Un Cadre de politique de réinstallation (Cpr) et un Cadre de gestion environnementale et sociale (Cges) sont élaborés pour évaluer et atténuer les impacts sociaux et environnementaux potentiels des activités du projet sur les populations affectées et le cadre de vie.
Les interventions porteront sur les différents maillons allant de l’approvisionnement en intrants à la transformation et la vente en gros/détails des produits, en passant par la production à travers la pêche de capture et la pisciculture. Toutes choses qui devront permettre d’améliorer les performances économiques des acteurs dans un environnement durable.
Au nombre des infrastructures de soutien, le projet contribuera à mettre à disposition des équipements de cinq écloseries de tilapia/clarias pour une capacité de production de 60 millions d’alevins par an, de cinq fabriques d’aliments pour une capacité totale de 20 000 tonnes/an. La production attendue en alevins est de 59 millions d’alevins par an dont 36 millions de tilapia, 22 millions de clarias et 1 million d’autres espèces.
Tout en s’appuyant sur les infrastructures existantes et fonctionnelles, le projet participera à mettre en place des zones aquacoles au bénéfice des coopératives/groupements des jeunes et des femmes. Il appuiera la construction et l’équipement de 500 ha d’étangs et 75 000 m3 de cages et d’enclos à leur profit.
Les activités de formation technique et entrepreneuriale viseront quelque 6 000 pisciculteurs, 200 agents techniques de vulgarisation dont 50 % de femmes.

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Equipements

Il sera aussi question de favoriser une commercialisation résiliente et inclusive à travers l’appui à la création de marchés de poissons de pêche et d’aquaculture et équipés de chambre froide, fabrique de glace, traitement et hall de poissons avec infrastructures de vente de poissons vivants dans les villes d’Abomey-Calavi, Cotonou, Porto-Novo. Il est prévu l’acquisition de 20 foyers améliorés et 20 séchoirs solaires et d’un lot d’équipements informatiques pour l’interprofession des pisciculteurs, l’acquisition de cinq camions frigorifiques, de 100 glacières ainsi que des moyens adéquats de transport des alevins et des poissons.
Le renforcement des capacités des acteurs de la chaîne de valeur de la pêche se traduira également par la formation des acteurs sur la conservation par le froid et sur les techniques de fumage, séchage et autres techniques de transformation afin de limiter les pertes après capture et l’impact des pratiques sur leur santé.
Dans le cadre de la gestion durable de la pêche, deux plans de gestion des pêcheries seront mis en œuvre. Un point de débarquement aménagé (Pda) sera érigé à Grand-Popo. Le renforcement de la capacité opérationnelle de la Brigade de Surveillance et de Contrôle des plans d’eau figure également au rang des priorités.
Par ailleurs, le projet contribuera à appuyer la mise en place de 21 réserves biologiques en milieu continental et régional à travers le golfe de Guinée.