Projet de promotion du sel local iodé “xwlajè” dans la zone côtière : La modernisation de la saliculture démarre 

Par Joel TOKPONOU,

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Projet de promotion du sel local iodé “xwlajè” dans la zone côtière La modernisation de la saliculture démarreLes officiels soulignant l’intérêt de la modernisation des moyens de production du sel local

Le Projet de promotion du sel local iodé “xwlajè” dans la zone côtière a été lancé hier à Ouidah. Il permettra de donner un nouveau visage à la saliculture dans cinq communes.

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A elle seule, la joie des groupements de femmes productrices de sel démontre toute la pertinence du Projet de promotion du sel local iodé “xwlajè” dans la zone côtière au Bénin dont les activités opérationnelles ont été lancées hier jeudi 17 mars à Ouidah. Ceci en présence de plusieurs membres du corps diplomatique accrédité au Bénin ainsi que du ministre des Petites et moyennes entreprises et de la Promotion de l’emploi, Modeste Kérékou. A travers différents tableaux culturels, ces femmes ont témoigné des impacts de cette initiative sur leur vie professionnelle et celle de leurs ménages. « Nous avons foi que la concrétisation de ce projet nous facilitera notre mode de travail et par ricochet nos revenus. Nos activités se dérouleront avec des outils modernes et dans un environnement sain », affirme Cécile Coffi, responsable de la coopérative de femmes productrices de sel dénommée “Doumavo” à Djègbadji dans la commune de Ouidah.

En effet, le Projet de promotion du sel local iodé “xwlajè” dans la zone côtière au Bénin est financé par le gouvernement béninois avec l’appui du Programme des nations Unies pour le développement (Pnud), du partenariat Inde, Brésil et Afrique du Sud et des mairies d’origine des femmes bénéficiaires. Il s’agit des cinq communes productrices de sel que sont Ouidah, Grand-Popo, Comè, Kpomassè et Sèmè-Kpodji. Le projet d’une valeur de 2 874 672 900 F Cfa et qui dure quatre ans vise une transformation organisationnelle, structurelle et fonctionnelle de l’activité ainsi que l’amélioration des conditions de vie des femmes productrices. Les femmes bénéficieront de la construction de filtres améliorés, de hangars et de bloc de toilettes. Avec ces outils modernes de travail, elles pourront délaisser l’utilisation des mangroves, protégeant ainsi l’environnement.

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Pour Aoulé Mohamed Abchir, représentant résident du Pnud, le projet constitue une composante du Programme de développement touristique de la ville de Ouidah inscrit dans le Programme d’action du gouvernement. « Le projet démontre que les questions de protection des ressources lagunaires, d’autonomisation de la femme, de production durable et de soutenabilité économique des populations vulnérables sont des questions de développement et que des réponses efficaces peuvent être apportées afin d’améliorer le bien-être des communautés », a-t-il ajouté.

Il est soutenu dans sa conviction et son exhortation par Salatore Niyonzima, coordonnateur résident du Système des Nations Unies, qui estime que la mise en œuvre de ce projet est un bel exemple de l’efficacité de la coopération Sud-Sud. Selon lui, ce projet contribuera non seulement au développement des communes concernées mais aussi à celui de tout le pays. Il contribuera aussi au renforcement de la résilience des femmes productrices de sel en leur permettant d’avoir accès à des sources d’énergie.

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Témoignages

L’ambassadrice de l’Afrique du Sud, quant à elle, a fait un témoignage particulier. Alors qu’elle s’était rendue dans plusieurs supermarchés, raconte Robinson Marks, il n’y avait pas de trace de sel local. Elle fera le constat contraire en se rendant à Ouidah où des bassines de sel étaient exposées sans aucune protection. Elle avait alors compris qu’il y avait possibilité d’accompagner les productrices afin qu’elles améliorent la qualité de leur sel et puissent couvrir de grands marchés. Très tôt, elle obtient l’adhésion de l’Inde, du Brésil et du Pnud. D’ailleurs, mentionne-t-elle, ce dernier avait sur sa table un projet au contenu analogue. L’ambassadrice a alors appelé tous les acteurs impliqués à se mobiliser pour que le projet connaisse une réussite.

Avant de lancer le projet, le ministre Modeste Kérékou est revenu sur ses objectifs et l’importance qu’il revêt dans le Programme d’action du gouvernement. « C’est une réponse à la volonté du gouvernement de moderniser le mode de production et de commercialisation du sel local au Bénin, d’alléger les peines des femmes salicultrices, d’accroître leurs revenus et leurs productions mais aussi de protéger l’environnement », a-t-il déclaré. Il indique aussi que cette action contribuera à renforcer la compétitivité et la mise en marché du sel “made in Benin”. Le ministre a aussi énuméré les composantes du projet que sont le développement des chaînes de valeur du sel local et sa résilience, l’appui à la construction d’infrastructures communautaires au profit des productrices, l’amélioration de la gouvernance locale et la gestion du projet. Il finit en invitant les élus locaux à être exigeants dans la mise en œuvre du projet et la construction d’infrastructures. « Nous n’accepterons pas que les infrastructures qui seront construites au profit des femmes salicultrices soient approximatives ou non conformes aux plans préalablement convenus », a-t-il conclu.