Projet de soutien à l’Enseignement secondaire au Bénin: 10,5 milliards FCFA pour une éducation de qualité au collège

Par Bruno SEWADE,

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Pour une éducation de qualité au collège, le Bénin et la France s’engagent à hauteur de 10,5 milliards de FCFA. Dans ce cadre il a été élaboré le Projet de soutien à l’Enseignement secondaire (projet Sens) qui a fait l’objet de la signature de deux Conventions vendredi 8 juillet dernier au ministère de l’Economie et des Finances.

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Améliorer les conditions d’accueil des collégiens au Bénin et plus précisément au sein des établissements jugés prioritaires dans les départements de l’Alibori, Borgou, Collines, Ouémé, Plateau, et Zou pour un montant global de 10,5 milliards de FCFA soit 16 millions d’euros. C’est ce qui a fait l’objet de la signature de deux Conventions vendredi dernier au ministère de l’Economie et des Finances à travers un projet de Soutien à l’Enseignement secondaire (projet Sens).

En effet, alors que le Bénin a fait des progrès significatifs concernant l’éducation primaire, 4 enfants sur 10 n’accèdent toujours pas à la classe de 6e et moins d’un enfant sur deux termine le collège. Les conditions d’accueil des élèves dans les collèges demeurent insatisfaisantes alors que la croissance démographique et l’augmentation des effectifs issus du primaire font anticiper une multiplication par 4 des effectifs au secondaire d’ici à 2030…
Pour l’ambassadeur de France près le Bénin, Aline Kuster- Menager, si le taux de scolarisation du collège est de 70%, on observe de fortes disparités en termes de genre, de différence urbaine/rurale et de milieu social. Le passage à l’éducation de base à 10 ans et la forte croissance démographique laisse présager une multiplication par 4 des effectifs. Pour elle, au-delà des infrastructures, la qualité des enseignements reste elle-aussi un défi. Le collège doit être le lieu d’acquisition des compétences de base pour les enfants béninois. Or, aujourd’hui, regrette-elle, les conditions d’accueil des élèves dans les collèges restent insatisfaisantes. Moins d’un enfant sur deux termine le collège sans pour autant avoir maîtrisé les acquis et ils sont plus de 20% à redoubler. Le Bénin doit aujourd’hui faire face à des enjeux de taille pour garantir une éducation de base de 10 ans de qualité à tous les enfants.
A travers ce projet s’inscrivant dans les priorités d’intervention de l’aide française au Bénin, l’Agence française de Développement (AFD) soutient le ministère en charge de l’Enseignement secondaire qui a décidé de recourir à l’emprunt pour répondre à ses besoins les plus urgents en matière de construction de salles de classes mais aussi pour renforcer ses propres capacités de pilotage.

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2 000 classes nécessaires

L’Etat estime qu’à très court terme, 2 000 nouvelles salles de classe seront nécessaires au collège pour éviter que les conditions d’accueil ne se détériorent, notamment dans les zones rurales et périurbaines défavorisées. Le projet Sens contribuera à cet objectif, puisqu’il permettra de construire et d’équiper au moins 750 salles de classes supplémentaires au sein d’établissements jugés prioritaires dans les départements de l’Alibori, Borgou, Collines, Ouémé, Plateau, et Zou. Un appui sera également sollicité auprès du ministère pour lui permettre de renforcer ses capacités en matière de planification et de mise en oeuvre des programmes de construction. A moyen terme, le renforcement d’une offre de qualité et de proximité dans les zones rurales et périurbaines aura en particulier un impact positif sur la scolarisation des filles et populations vulnérables, contribuant à la réduction des déséquilibres sociaux et territoriaux.
Bien conscient que ces seules infrastructures ne suffiront pas à améliorer de façon globale le système éducatif, le ministère s’engage par ailleurs, avec l’appui de l’AFD, à définir et faire appliquer des normes de qualité et de gestion qui contribueront à terme à une amélioration durable de l’équité dans les conditions d’accès et d’accueil des enfants béninois au collège. 10 000 enseignants seront notamment recrutés dans les prochaines années à cette fin.
D’un montant total de 10,5 milliards de FCFA (soit 16M d’euros), le projet bénéficie d’une contribution de l’AFD sous forme d’un prêt très concessionnel de 9,8 milliards de FCFA et d’une subvention de 655 millions de FCFA.
Cette intervention s’inscrit en complémentarité du Projet d’appui à l’Enseignement secondaire (PAESB) financé par l’AFD à hauteur de 6,5 milliards F.CFA, qui vise à construire au moins 240 salles de classes dans les collèges dans les départements de l’Atacora-Donga et l’Atlantique-Littoral.
Si l’AFD intervient sur le collège, ordre d’enseignement charnière pour préparer les jeunes à la poursuite d’études ou à la vie active, elle accompagne également le ministère dans le développement de l’enseignement et de la formation technique et professionnel.
C’est le ministre de l’Economie et des Finances Romuald Wadagni qui a signé les conventions d’accord ces avec l’ambassadeur de la France près le Bénin et la directrice de l’AFD en présence du ministre de l’Enseignement secondaire et de la Formation technique et professionnel Lucien Kokou. Etait également présent, le directeur adjoint du département Afrique de l’AFD, Yazid Bensaid.