Promotion des droits des enfants: La communauté internationale célèbre la prévention des abus

Par Maryse ASSOGBADJO,

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La communauté internationale célèbre ce mardi 19 novembre, la Journée internationale pour la prévention des abus envers les enfants. Cette célébration intervient à la veille de l’anniversaire de la Convention relative aux droits des enfants (Cde) qui en est à sa trentième édition cette année.

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Ce mardi 19 novembre marque la Journée internationale pour la prévention des abus envers les enfants. Celle-ci annonce la célébration de la Convention relative aux droits des enfants (Cde) le 20 novembre et fait un focus sur la lutte contre les abus dont sont victimes des millions d’enfants dans le monde, notamment l’exploitation sexuelle et économique.
Cette journée a pour but de mettre en évidence les abus ainsi que le besoin d’intervenir grâce aux programmes de prévention. Célébrée depuis 2000, la Journée internationale pour la prévention des abus envers les enfants, se focalise sur les abus sexuels auxquels les enfants sont confrontés. L’évènement est d’autant plus important que les violences et les abus constituent le lot quotidien des enfants dans le monde. Aucun pays africain n’est pas épargné et le Bénin peine encore à atteindre les objectifs fixés dans ce cadre en dépit de la volonté du gouvernement, du soutien des partenaires au développement et des Ong qui œuvrent sans relâche pour un monde juste et meilleur en faveur des enfants.
Les données au plan mondial renseignent sur l’ampleur du phénomène. Les abus envers les enfants n’épargnent aucun domaine: 250 millions d’enfants âgés de 5 à 14 ans travaillent, 100 millions accomplissent des travaux pénibles et dangereux, trois millions d’enfants, en majorité des filles, sont victimes d’exploitation sexuelle, 121 millions d’enfants d’âge scolaire restent en dehors de l’école.
La situation au Bénin n’est pas reluisante. La partie septentrionale, notamment le département de l’Alibori fait partie des régions les plus touchées par les violences sexuelles, renforcées par le phénomène du mariage et des grossesses précoces et forcés. Dans la majorité des localités de ladite région, le sexe est un sujet tabou, entouré de secrets.
Les abus sexuels sont également légion dans le Littoral, en l’occurrence la ville de Cotonou, ciblée comme le quartier général de l’exploitation sexuelle des enfants.
Si Malanville se positionne avec 32 sites, Cotonou bat le record avec 1039 sites d’exploitation sexuelle des enfants selon une enquête de 2016 réalisée par l’Unicef et le ministère en charge des Affaires sociales sur la prostitution et la pornographie impliquant les enfants au Bénin. Il en ressort que les victimes sont en « majorité des filles provenant du Bénin, du Niger, du Nigeria, du Togo, du Ghana….Leur tranche d’âge est comprise entre 12 et 17 ans. En réalité, beaucoup de ces enfants travaillent dans des ‘’entreprises écran’’ notamment dans le secteur des services qui leur sert de tremplin pour atterrir sur le ‘’marché du sexe’’ ».

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Rôle des acteurs

Les acteurs de la chaîne de protection doivent jouer un rôle actif dans la promotion et le respect des droits de l’enfant conformément à la Convention relative à leurs droits.
Selon l’article 19 de ce dispositif, « les Etats parties prennent toutes les mesures législatives, administratives, sociales et éducatives appropriées pour protéger l’enfant contre toute forme de violence, d’atteinte ou de brutalités physiques ou mentales, d’abandon ou de négligence, de mauvais traitements ou d’exploitation, y compris la violence sexuelle, pendant qu’il est sous la garde de ses parents ou de l’un d’eux, de son ou ses représentants légaux ou de toute autre personne à qui il est confié ».
Cet article est renforcé par l’article 34 qui stipule que « les Etats parties s’engagent à protéger l’enfant contre toutes les formes d’exploitation sexuelle et de violence sexuelle. A cette fin, les Etats prennent en particulier toutes les mesures appropriées sur les plans national, bilatéral et multilatéral pour empêcher les abus… ».
Si l’augmentation des mesures préventives, l’amélioration des techniques de protection, la sensibilisation de l’opinion publique et l’encouragement des dénonciations apparaissent comme des stratégies intelligentes et efficaces pour mieux lutter contre le phénomène, les acteurs devront maintenir le cap et renforcer la pression afin de faire de la promotion des droits des enfants un véritable outil de développement.

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