Promotion des filières émergentes dans l’enseignement technique: Nouvelle option du gouvernement contre le chômage

Par Alexis METON  A/R Atacora-Donga,

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A l’instar d’autres secteurs, le secteur éducatif connaît aussi des réformes ces dernières années. Pour ce secteur, les réformes en cours visent un renversement des tendances par rapport à l’enseignement général. Dans la perspective de lutter contre le chômage des jeunes, environ 70 % des apprenants doivent faire l’option des enseignements techniques contre 30 % seulement orientés désormais vers l’enseignement secondaire général.

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Une nouvelle option se prépare pour le secteur de l’éducation. L’enseignement technique est désormais une priorité et les jeunes apprenants seront orientés vers des filières techniques enseignées dans les lycées pour sortir avec un métier. C’est une option du gouvernement à travers des réformes en cours de mise en œuvre dans l’enseignement général et celui technique.

Dans ce cadre, le gouvernement a envisagé la construction et l’équipement des lycées ainsi que la réhabilitation de certains lycées construits préalablement sans précaution. Selon les autorités du ministère des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle, les lycées doivent être mis aux normes pour offrir un cadre d’études adéquat aux apprenants. Désormais, les lycées doivent accueillir environ 70 % des apprenants contre 30 % pour les établissements secondaires d’enseignement général. Tout se met en place pour relever ce défi dans le secteur de l’éducation.

A en croire le ministre des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle, l’amélioration de l’insertion professionnelle des diplômés se fait à travers l’opérationnalisation de la stratégie de l’enseignement secondaire et de la formation technique et professionnelle. Elle vise, poursuit-il, à inverser la tendance actuelle en orientant au moins 70 % des finissants du 1er cycle de l’enseignement secondaire général vers les spécialités de formation à l’Eftp.

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Lycées modernes, mise aux normes d’infrastructures

Des lycées modernes construits et mis aux normes sont envisagés pour accueillir dans ce cadre des apprenants qui optent pour l’enseignement technique. Au total, trente lycées sont prévus pour être construits d’ici 2023 et vont s’ajouter aux infrastructures déjà existantes dans ce secteur. Le Bénin disposera ainsi des cadres formés dans le domaine de l’agriculture, de l’électricité, de l’élevage, du Btp, sans oublier les petits métiers qui emploient de la main-d’œuvre locale. Entre autres projets pour les lycées, figurent la modernisation du Lycée agricole Médji de Sékou ainsi que la construction d’un Lycée médico-social à Allada. On y entre à l’âge de dix-sept ans, selon les sources proches du ministère concerné, pour sortir avec un métier du domaine de la santé, donc prêt à exercer en tant qu’assistant social, aide-soignant, infirmier…Le projet de construction et d’équipement dudit lycée démontre combien le régime de la Rupture a de l’ambition pour le sous-secteur de l’enseignent technique, selon Amour Kpochémè, l’un des responsables du ministère des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle en charge du pilotage dudit projet. Le montant requis pour la construction de ce lycée médico-social est d’environ six milliards quatre cent quatorze millions six cent vingt-deux mille six cents
(6 414 622 600) francs Cfa.

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Efforts reconnus

Au regard des efforts du Bénin dans l’enseignement technique, Anselme Houndayi, responsable du département des Relations internationales de l’Université d’État de Kalmoukie, située au sud de la Russie, se dit admiratif des réformes éducatives en cours au Bénin. « J’encourage l’idée de créer des lycées d’où les gens vont sortir avec une pratique qui va leur servir sur le terrain. C’est très important de sortir avec un métier pour être apte à l’emploi», confie ce Béninois résidant en Russie. Selon lui, chaque pays qui veut aller au développement doit penser à comment s’auto nourrir. Il propose d’intensifier les actions dans la transformation et la mise en place du lait local avec la perspective de son exportation vers d’autres pays. « Il faut mettre en place des usines, créer de l’emploi. Mais pour le faire, il faut former des cadres », préconise-t-il, soutenant que son université peut accompagner le gouvernement dans ce sens et apporter sa contribution ainsi que son aide technique, les équipements qu’il faut pour contribuer à la formation des futurs cadres dans les domaines de l’élevage, de la pêche, de l’agriculture… qui sont des domaines dans lesquels la Russie a une grande expérience.

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Par ailleurs, Anselme Houndayi estime que, si le Bénin dispose d’une bonne base dans ces domaines, il lui sera plus facile de penser à comment commercialiser ses produits vers d’autres pays. A titre illustratif, il mentionne l’ananas, la mangue… sont des filières à encourager. Selon lui, en Russie, les mangues sont dix fois, voire quinze fois plus chères qu’au Bénin. Le Bénin et la Russie peuvent collaborer, pense Anselme Houndayi, sur des projets pour que les mangues produites au Bénin puissent être exportées en Russie. Il souhaite par ailleurs que les efforts se poursuivent dans le domaine du tourisme pour accroître les devises du pays. Selon lui, environ huit mille touristes russes séjournent dans un seul pays africain comme c’est le cas au Zimbabwe notamment. Avec les enjeux du secteur, il estime que le Bénin ne manque pas de potentialités pour drainer ces touristes afin de leur faire découvrir des endroits tels que Grand-Popo, Ouidah, Porto-Novo, Abomey… qui regorgent de merveilles et de curiosités.