Promotion du livre au Bénin: 2020 sous d’heureux auspices

Par Josué F. MEHOUENOU,

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Samedi 21 décembre dernier, les projecteurs se sont éteints sur le Salon national du livre. Trois jours de célébration et de réflexion autour du livre qui se veulent surtout le point de départ pour une meilleure valorisation des acteurs de la chaine du livre, de leurs métiers et œuvres.

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Renouer avec le Salon national du livre du Bénin est un plaisir, relève Koffi Attedé, directeur des Arts et du Livre. Longtemps déjà, les acteurs de la chaine du livre attendaient ce grand rendez-vous autour de la lecture et du livre, sans suite, rappelle-t-il. C’est donc heureux qu’il se tienne, enfin, en fin d’année 2019, qu’il se déploie sur trois jours et surtout qu’il mobilise tous les acteurs concernés. Mais la satisfaction du directeur des Arts et du Livre est encore plus grande, parce qu’avant la fin de l’année, se tiendront les deux grands événements autour desquels se construit l’agenda littéraire du pays. Ces trois jours d’activités, du 19 au 21 décembre, ont donné en effet l’occasion aux éditeurs, écrivains, libraires, diffuseurs, médiateurs et lecteurs de se rencontrer, de discuter, d’échanger et au public, entre autres, de découvrir les métiers du livre.
Visiblement, le Salon national du livre ne fait que des heureux sur sa ligne. A l’instar de Koffi Attedé, les acteurs de la chaine du livre ne sont pas moins contents. Ce salon vient remettre au livre l’intérêt qui est le sien, et le fait qu’il se tienne est pour eux un grand moment de satisfaction. Pour eux, le livre, c’est tout à la fois. Le livre, c’est la mode, le loisir, la santé, la religion, la sécurité, le développement personnel… Mais ce salon, c’est aussi des regrets, notamment ceux des acteurs de la chaine du livre qui auraient voulu être associés en amont pour être moins spectateurs en aval. Le livre est aussi demeuré au fil des années, le parent pauvre des activités culturelles et son financement est, à la limite, insignifiant, regrettent ces acteurs. Leur vœu, que la nouvelle organisation qui prévaut dans le secteur puisse remédier à la situation afin que l’immortalité du livre prenne le dessus.
Le livre entre lauriers et jérémiades, mais le ministre en charge du secteur, Jean Michel Abimbola, ne cache point sa fierté. Il dit réaliser « que c’est la première fête populaire du livre que vivent, depuis deux ans, nos populations qui, quoi qu’on dise, restent amoureuses de la lecture». Les efforts dans le secteur sont immenses et il le reconnait si bien. Des auteurs comme Iman Eyitayo, Carmen Toudonou, Giovanni Houansou, Florent Couao Zotti, sans oublier les éditions Ruisseaux d’Afrique, lauréate en 2018 du Prix Afrilivres, le ministre reconnait aux acteurs de la chaine du livre, le travail d’orfèvre qu’ils abattent. « Il serait injuste de ne pas évoquer ici, les efforts quotidiens de nos maisons d’édition pour produire localement des œuvres de qualité; l’endurance de nos libraires qui résistent, tiennent bon dans un environnement où plusieurs facteurs internes et exogènes fragilisent la capacité de nos populations à accéder au livre et partant, à la lecture, l’engagement de nos diffuseurs, prescripteurs, médiateurs dont le quotidien est fait de pédagogie, de répétition mais aussi de foi dans le combat pour l’accès de tous à la lecture et à l’éducation plus généralement », expose Jean Michel Abimbola.
Il rappelle que l’objectif de développement durable prescrit qu’il faut « assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie» pour ainsi rappeler qu’après les enseignants, les livres sont les principaux outils pour faciliter l’alphabétisation. Ce Salon offre l’occasion de se réjouir de la diversité de la production éditoriale et de constater sa grande vitalité. C’est aussi l’un des piliers principaux du vaste chantier qu’entreprend le ministère en charge du Tourisme, pour la reconquête des lecteurs, la professionnalisation de la chaîne du livre, la réorganisation des corps de métiers… Il y voit aussi une meilleure réponse à l’épineuse mais incontournable question de l’aide à l’édition, la réglementation sectorielle, l’enjeu du livre numérique et la menace des plateformes digitales de lecture, et bien d’autres défis.

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2020, l’année du livre

Pour l’année à venir, Jean Michel Abimbola projette pour le secteur du livre, de nombreuses actions et innovations. Ce sera « une grande année pour le secteur du livre et de la lecture publique au Bénin », promet-il. Elle sera notamment marquée par l’élaboration d’une Politique nationale du livre et de la lecture publique, une réponse claire à la question du prix unique du livre, la clarification des choix du Bénin en matière de développement de son industrie du livre, l’harmonisation des pratiques de gestion et d’animation dans le réseau public de lecture, un intérêt renforcé pour les initiatives privées de soutien à l’accès des populations à la lecture, l’appui à la montée en compétence des animateurs et gestionnaires des lieux de lecture, la mise en place d’une instance consultative du livre, représentative de l’ensemble des corps de métiers pour éclairer la décision politique au profit du secteur…
De grandes avancées ont été réalisées et certaines actions sont en cours. Il va en profiter pour inviter les autres corps de métiers à suivre l’élan structurant en cours, qui portera assurément le livre béninois vers des lendemains meilleurs. Pour y arriver, il est urgent, de l’avis du ministre, de soutenir les dispositifs publics et privés d’appui à la création littéraire, de développer la production locale d’œuvres de qualité, de renforcer les réseaux nationaux et sous régionaux de distribution et de facilitation du commerce de livres, de promouvoir l’accès des populations au livre et à la lecture publique, d’organiser et de réglementer l’industrie du livre… Autant de challenges qu’avec les acteurs du livre, il se tient prêt à relever.

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