Protection des droits humains avec Amnesty international:Former les jeunes pour démystifier les recours devant les juridictions

Par Josué F. MEHOUENOU,

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Après une première édition dont les retombées satisfont plus d’un, Amnesty international Bénin organise à nouveau la formation des jeunes sur la rédaction des recours. Les 24 et 25 juillet derniers, une vingtaine de jeunes de 18 à 24 ans ont bénéficié à cet effet d’outils et d’instruments pour saisir les juridictions en cas de nécessité pour faire prévaloir les droits humains.

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La formation sur la rédaction des recours est une initiative d’Amnesty international Bénin qui vise à amener les jeunes à participer « activement à la création d’un monde où chacun peut jouir de ses droits humains ». Cette formation (annuelle) voudrait faire des jeunes des citoyens engagés et véritablement actifs pour la cause de la protection et de la défense des droits humains. Chaque année, ils sont une vingtaine, sélectionnés sur appel à candidatures à en bénéficier. Ils sont âgés de 18 à 24 ans, issus des mouvements et associations de jeunes du pays y compris de Amnesty international. Ils sont outillés entre autres sur les mécanismes nationaux et internationaux de protection des droits de l’Homme, les procédures scientifiques de saisine desdits mécanismes, le droit de pétition, la rédaction pratique de recours et de pétition…
Pour Fidèle Kikan, directeur exécutif de Amnesty international Bénin, cette formation vise à agir contre le faible degré de juridicité dans le pays. Mieux, il permet de rendre normale et ordinaire la saisine de juridictions et de démystifier la saisine d’un juge. La formation s’impose aussi, souligne-t-il, pour accompagner la jeunesse et soutenir son engagement pour la citoyenneté et la jeunesse. Selon lui, les droits humains sont la formation du citoyen à la tolérance et au respect de la chose publique. Jean Baptiste Elias, président du Fonac est dans la même logique. Les droits humains constituent des éléments dont il faut parler fréquemment. Ils sont, laisse-t-il entendre, au-dessus de la souveraineté et former les jeunes à les préserver, c’est faire œuvre utile, et surtout engager et gagner la bataille de leur protection.

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Et pour assurer cette formation, Amnesty international Bénin fait appel à un formateur attitré, Serge Prince Agbodjan, « Monsieur recours » comme on l’appelle. Pour Fidèle Kikan, « nous avons faiblement mis en œuvre l’article 40 de la Constitution pour ce qui concerne la formation et l’éducation aux droits humains ». Un gap que l’Etat n’a pas suffisamment comblé, et c’est pourquoi son institution compte prendre le relais en outillant les jeunes pour la formulation des recours. « Il n’y a pas de droits humains sans mécanisme de défense, de recours et de réclamation. Les droits se réclament et la liberté se conquiert », soutient-il, encourageant les participants à faire de cette formation une pratique et non un parchemin de plus avec la jeunesse et son énergie, sa puissance et son pouvoir.
Fidèle Ayenan, représentant du doyen de la Faculté de droits et de sciences politiques à l’ouverture de l’atelier promet à son tour l’accompagnement et l’appui de la faculté pour aider à concrétiser ce rêve. « Vos actions de formation en direction de la jeunesse encourage l’histoire dans la mesure où qui dit jeunesse dit vitalité, espoir». Fidèle Ayenan insiste aussi pour dire que « il ne suffit pas de connaître ses droits, mais de connaître aussi les moyens de leur défense et de trouver le moyen de les réclamer et donner à la jeunesse les moyens d’agir sur le terrain des droits pour les réclamer ». Les participants sont entretenus sur plusieurs modules, notamment les mécanismes de protection des droits humains et leurs procédures, les règles de rédaction des recours et quelques jurisprudences, la rédaction individuelle de recours en violation des droits adressés à la Cour constitutionnelle… A la fin, chacun des participants devra restituer les enseignements reçus à au moins dix jeunes de son organisation de base. Mieux, sur chaque promotion, cinq jeunes ayant formulé des recours sont sélectionnés pour partager leur expérience avec la promotion suivante.

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