Protection sociale des travailleurs du secteur routier : la Caisse nationale de sécurité sociale veille au grain

Par Maryse ASSOGBADJO,

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Les droits des travailleurs du secteur routier préoccupent la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss). C’est pour échanger avec les principaux acteurs dudit secteur qu’elle a organisé, ce mercredi 1er décembre, un atelier sur «La protection sociale des travailleurs du secteur des transports terrestres en République du Bénin : enjeux et perspectives».

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La Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss), œuvre pour la reconnaissance et le respect des droits des travailleurs employés dans le secteur des transports terrestres. En initiant un atelier sur la protection sociale des travailleurs dudit secteur, elle ambitionne de mettre fin à la marginalisation dans les rangs des chauffeurs, apprentis et d’amener les propriétaires à respecter leurs droits.
« Force est de constater que la majorité des travailleurs employés dans le secteur des transports terrestres, notamment les conducteurs, les apprentis et leurs familles ne bénéficient pas de la protection sociale offerte par la loi. Cette situation interpelle dans la mesure où les véhicules de transport et les marchandises sont couverts par une police d’assurance de fret et de responsabilité civile mais pas le travailleur », relève Apollinaire Cadete Tchintchin, directeur général de la Cnss.
Raïmi Sikirou, chef service contrôle employeur à la Cnss, va au-delà de cet aspect en déplorant les comportements peu exemplaires des propriétaires d’engins vis-à-vis de leurs employés. « Les propriétaires de véhicules gros porteurs se soucient peu de leurs employeurs. Ils s’occupent plus de leurs engins et de leurs marchandises que de leurs employés. Ils souscrivent à une police d’assurance qui couvre leur responsabilité civile en oubliant celle de leurs chauffeurs et apprentis », dénonce-t-il.
La prise en compte de ces travailleurs est d’autant plus capitale au regard du poids du secteur routier dans l’économie nationale. Les statistiques recensées au niveau du secteur sur une période de 16 ans renseignent sur sa vitalité. De 2001 à 2017, on dénombre soixante-six mille neuf cent quatre-vingt-neuf véhicules au niveau du parc automobile immatriculé de véhicules de marchandises poids lourds.
Une réalité que confirme Apollinaire Cadete Tchintchin : «Le secteur routier est stratégique pour le développement économique de notre pays. Il assure le déplacement des personnes et des biens aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, contribuant ainsi à la croissance économique et à la création d’emplois salariés ».

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L’amalgame dessert les travailleurs du secteur routier

Au regard de ces paramètres, les propriétaires de véhicules ne doivent pas se soustraire à leurs obligations. « Tel que défini dans le Code de sécurité sociale, les propriétaires des véhicules poids lourds doivent se rapprocher de la Cnss pour se faire identifier, déclarer leurs conducteurs et apprentis, verser les cotisations pour la protection de ceux-ci. Les conducteurs sont laissés pour compte en cas d’accident de la circulation. L’assurance paie un forfait pour certaines réparations, mais la vie du conducteur n’est pas prise en compte. C’est la Cnss qui prend en charge cette réparation. Or pour le faire, il faut que l’employeur puisse se faire connaître par la Caisse en affiliant ses travailleurs et en payant leurs cotisations à bonne date», poursuit-il.
Pour Eugène Adédjoumon, administrateur des services de sécurité sociale, sur les droits des travailleurs, le mal est plus profond. Il relève les incohérences dans la déclaration sociale de cette catégorie d’employés. « Les travailleurs salariés du secteur des transports terrestres ne bénéficient pas des prestations de la Cnss, parce que beaucoup d’entre eux n’y sont pas déclarés. Certaines entreprises s’ignorent employeurs, par conséquent, elles ne déclarent pas leurs employés à la Cnss. Certaines personnes font la confusion entre travailleur salarié et travailleur indépendant. Beaucoup pensent également qu’ils sont travailleurs indépendants. Par conséquent, ils ne se font pas déclarer. D’autres savent bien qu’ils sont des travailleurs salariés, mais avancent comme raison que leur employeur a déjà souscrit à une police d’assurance qui les couvre »,
explique Eugène Adédjoumon.
Or, développe-t-il, ces démar-ches ne suffisent pas à conclure que l’employé ne doit plus être immatriculé. « La police d’assurance est pour la route et la sécurité sociale protège le conducteur et sa famille en cas d’accident », éclaire-t-il.
Les droits du salarié employé dans le secteur des transports terrestres ainsi que les obligations de l’employeur du secteur des transports terrestres à la lumière du Code de sécurité sociale ont été exposés aux participants.
Dans les jours à venir, la Cnss s’investira davantage dans la sensibilisation pour la promotion et la protection des droits des conducteurs d’engins lourds et leurs apprentis. Si les employeurs du secteur routier prennent conscience de la démarche de la Caisse, leurs employés pourront jouir véritablement de leurs droits.