Protection sociale en Afrique: Les stratégies d’extension au cœur d’un atelier régional à Cotonou

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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mot de bienvenu de Uzziel TWAGILIMANA

Un atelier régional s’est ouvert, ce lundi 21 juin à Cotonou, sur l’implication des mouvements sociaux et autres acteurs de la Société civile dans l’extension effective de la protection sociale en Afrique. Il s’agit d’un apprentissage commun entre le réseau Inspir-Afrique, les cadres techniques des départements ministériels concernés et ceux des institutions régionales.

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Environ 71 % de la population mondiale et 90 % de la population africaine ne jouissent pas de la protection sociale, selon l’Organisation internationale du travail (Oit). Les travailleurs du secteur informel et du monde rural sont essentiellement concernés par la non-jouissance de ce droit humain pourtant reconnu par plusieurs instruments et textes juridiques internationaux.
Alors, comment réussir la mise en œuvre des politiques de couverture santé universelle et d’une véritable inclusion financière en impliquant les mouvements sociaux et autres organisations de la Société civile (Osc) ? Cette problématique est le point de mire de l’atelier régional qui se tient sous forme de webinaire du 21 au 24 juin depuis Cotonou.
Les participants proviennent du Bénin, du Burkina Faso, de la Guinée, du Mali, du Sénégal, du Togo et du Ghana, et des organisations telles que We Social Movements (Wsm), le Réseau international pour les droits à la protection sociale (Inspir-Afrique), le Bureau international de travail (Bit), l’Unicef, la Confédération syndicale internationale (Csi-Afrique), le Réseau africain de l’économie sociale et solidaire (Raess). Des représentants d’institutions continentales comme l’Union africaine (Ua), la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), sont également de la partie.
Financée sur le budget du programme quinquennal Wsm-Dgd 2017-2021 appuyé par la Coopération belge, la rencontre vise à organiser un apprentissage commun entre les différents acteurs de la protection sociale de la sous-région. « Une occasion privilégiée de partage d’expériences », apprécie Natacha Kpochan Razaki, directrice de cabinet du ministre des Affaires sociales et de la Microfinance. Procédant à l’ouverture des travaux aux côtés de Martin Deroover, chef de la Coopération de l’ambassade de Belgique près le Bénin, elle espère que les expériences des autres pays de la sous-région pourront enrichir la stratégie béninoise et les hôtes pourront s’inspirer de l’expérience du Bénin axée sur l’Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch) en cours.

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Ne laisser personne de côté

« Chaque être humain, qu’on soit femme ou homme, enfant ou personne âgée, qu’on travaille dans l’économie formelle ou dans un emploi précaire, qu’on vit en zone urbaine ou en milieu rural, chaque personne doit pouvoir bénéficier de son droit humain à la protection sociale», telle est la conviction de Wsm qui s’investit, avec ses partenaires, dans l’amélioration du niveau d’application des normes et instruments internationaux en la matière, rappelle Bart Verstraeten, directeur général de We Social Movements. Il rappelle que l’Agenda 2030 des Nations Unies et l’Agenda 2063 de l’Ua insistent que personne ne soit laissé pour compte. D’où la nécessité, poursuit-il, de stimuler les Etats, les partenaires sociaux et les Osc à mettre en œuvre des stratégies durables pour l’extension et le financement de la protection sociale complète et adéquate, dans le contexte de la pandémie de Covid-19 qui a érodé les progrès socio-économiques.
Au terme de l’atelier, sera élaborée une feuille de route pour une synergie d’actions empreinte de solidarité internationale, après appropriation par les acteurs des études et documents réalisés sur la thématique. Il sera sanctionné par la « Déclaration de Cotonou» dont les directives permettront de faire face au défi à travers une articulation entre les initiatives étatiques et celles privées.
Car, « Qu’il s’agisse de l’accès aux soins de santé ou au crédit, les mouvements sociaux et autres Osc ont été présents là où les gouvernements sont absents ou insuffisamment présents », fait remarquer Aboubakar Koto-Yérima, point focal Inspir-Bénin. Grâce aux mutuelles de santé, justifie-t-il, des millions d’Africains notamment du secteur informel et agricole ont accès à des soins de qualité sans s’endetter, sans s’appauvrir et sans basculer dans l’indigence. Quant aux systèmes financiers décentralisés (Sfd), ils facilitent l’accès du crédit aux plus pauvres.