Rapport du Giec sur le dérèglement climatique: Une alerte rouge qui force la prise de conscience

Par Fulbert Adjimehossou,

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dérèglement climatique

Dans son rapport publié le 9 août 2021, le Groupe d’experts Climat de l’Onu annonce un réchauffement climatique plus fort que ce que l’on craignait. Au Bénin, pour les acteurs de protection de l’environnement, c’est le moment de prendre conscience.

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Péremptoire. Le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) n’en est pas moins. Il intervient dans un contexte où les inondations, incendies, sècheresses, cyclones, et tant d’autres calamités se succèdent, comme pour dévaster la Terre. Selon ledit rapport dévoilé lundi dernier, la planète pourrait se réchauffer de 1,5 °C d’ici 2030. Président de l’Association internationale de Climatologie, Expédit Vissin n’est pas étonné. Au contraire, l’hydro climatologue craint pour la suite, même pour le Bénin. « Nous allons assister à l’amplification des extrêmes. Nous avons déjà des signes annonciateurs du bouleversement du climat. Je peux vous assurer que le dérèglement est observé au Bénin. Si nous ne prenons pas garde, nous allons assister à un changement global du climat du Bénin », confie-t-il.

Code rouge

Le document publié expose des prévisions climatiques angoissantes, à quelques pas de la 26e Conférence des parties sur le climat (Cop26). Selon le Giec, la température à la surface du globe a augmenté de 1,09 °C au cours de la décennie 2011-2020 par rapport à la décennie 1850-1900. Les cinq dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées depuis 1850. Le niveau de la mer ne cesse d’augmenter.
L’Onu parle de « code rouge ».
Mais pour Dr Edmond Sossoukpè, responsable de la section Bénin du Lobby climatique citoyen, l’alerte était déjà au rouge, au point de forcer l’accord de Paris. « Mais rapidement, cet élan est tombé du fait de la course des pays pour le classement économique mondial. Cela a conduit certains à mettre en veilleuse leurs engagements et à reprendre avec l’utilisation massive des énergies fossiles. Même si le Giec ne parlait pas d’alerte rouge, le niveau de calamités et de catastrophes tel qu’on le vit depuis quelques semaines pouvait donner à chacun l’idée que quelque chose de grave se réalise », déplore ce responsable du Lobby climatique citoyen.

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Un rapport qui éveille…

L’humanité a le dos au mur. Les menaces sont telles que même les climato-sceptiques doivent se réveiller. Le Lobby climatique citoyen, mouvement associatif indépendant, veut inciter les autorités à réaliser une politique climatique efficace et ambitieuse dans le monde.
« Cela doit déclencher de la part des pays, la prise d’engagements fermes allant dans le sens de la limitation considérable et de la réduction sensible du niveau d’émission des gaz à effet de serre », souligne Dr Edmond Sossoukpè. Pour lui, il faut revoir les techniques culturales cesser de recourir à certains gaz des réfrigérants qui contribuent au réchauffement climatique. « Le recours aux énergies renouvelables devient un impératif. Nous ne pourrons plus nous cacher derrière la nécessité de redresser l’économie ou de nous positionner à un niveau donné du classement mondial pour continuer à recourir massivement aux énergies fossiles », ajoute-t-il.
C’est le moment de prendre les mesures qu’il faut pour atténuer les effets à défaut du miracle, pour inverser la tendance.
« Nous avons tout ce qu’il faut pour faire face à ces dérèglements, si nous changeons d’habitude et de comportements vis-à-vis de l’environnement. L’atmosphère est la même pour tous. Ce qui est fait ailleurs peut influencer le Bénin. Une action individuelle est importante. Mais une synergie d’actions des pays est encore plus importante », insiste le président de l’Association internationale de Climatologie. L’heure n’est plus aux sensibilisations. La nature force l’humanité à se rendre compte de ce qui change. Il ne reste qu’à agir ou périr.

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