Recensement complémentaire des artisans: Dernière chance pour les acteurs

Par Ariel GBAGUIDI,

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C’est un mouvement de masse qui s’observe dans les postes d’enrôlement de Cotonou, depuis lundi dernier. Les résistants au recensement des artisans ont enfin compris que boycotter l’opération n’est pas sans risque.

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La cour du 11e arrondissement de Cotonou grouille de monde cet après-midi du jeudi 26 août. En file indienne, la centaine de professionnels ayant loupé le recensement initial des artisans, s’impatiente. Chacun n’attend que son tour pour se faire enrôler. A l’image d’Eulalie Kouzougnan, maîtresse coiffeuse, les artisans retardataires se sont rendus au poste de recensement tous travaux cessants. Le jeu en vaut la chandelle, car c’est l’ultime occasion pour espérer bénéficier des avantages liés à l’opération. Ernest Ganyè, mécanicien automobile, vient de se faire enregistrer. Présent sur les lieux avant 7 heures du matin, ce quinquagénaire part satisfait et sûr de pouvoir profiter, lui aussi, des privilèges liés à son statut. « Ceux qui l’avaient fait nous ont dit ce qu’ils ont eu comme avantages. C’est cela qui nous a poussé à venir… », a-t-il fait savoir.
L’opération de recensement a démarré depuis lundi dernier. Il prend fin le 4 septembre prochain. Jusque-là, tout se déroule comme prévu, rassure Victoire Guédou, représentante des artisans au niveau de ce poste d’enrôlement.
Plus loin, dans les 12e et 13e arrondissements, c’est aussi la grande affluence. Certains sont assis à même le sol, attendant leur tour. Même ambiance dans les quatre arrondissements d’Akpakpa. Victoire Guédou est sidérée par l’engouement que suscite ce recensement complémentaire au point de se demander là où était tout ce beau monde lors du recensement initial.

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Difficultés

Certains postes d’enrôlement sont confrontés aux caprices du matériel de travail utilisé. C’est le cas, dans le 13e arrondissement de Cotonou. « L’appareil se plante, et ça nous fait perdre 30 min banalement. Les gens viennent tôt le matin et parfois ils sont là jusqu’au soir sans pouvoir se faire enregistrer », regrette Elodie Sossa Djohoun, représentante des artisans au niveau de ce poste d’enrôlement. Un autre souci, note-t-elle, c’est que le poste d’enregistrement est en sous-effectif. « Ils sont deux mais le second fait le Ravip… »,
explique la présidente du collectif des artisans de la zone 4 regroupant les 11e, 12e et 13e arrondissements. A l’en croire, le cumul des deux difficultés pousse parfois la foule d’artisans à perdre son sang-froid. Et la police municipale n’a plus d’autre choix que d’intervenir pour faire régner l’ordre. A Akpakpa, certains postes d’enrôlement souffrent des mêmes problèmes.
Avec l’allure que prend l’opération, Akanni Moukaïla, président des artisans de Cotonou zone 1 qui regroupe les quatre arrondissements d’Akpakpa, et Elodie Sossa Djohoun, craignent que les dix jours impartis, ne suffisent pas.

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Objectifs

Tout comme le premier, le recensement complémentaire des artisans vise à les identifier de façon exhaustive en collectant les informations professionnelles nécessaires à leur inscription au registre biométrique des métiers. Et ceux d’entre eux qui remplissent les conditions, bénéficieront de la carte professionnelle biométrique. Le recensement permettra également d’établir la liste électorale devant servir aux élections consulaires de la Chambre des métiers de l’Artisanat du Bénin (Cma-Bénin) et de donner un statut aux artisans pour les rendre éligibles aux prestations du volet formation du projet Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch) et toutes les initiatives à leur profit. Dans son message aux artisans, la veille du démarrage de l’opération, le ministre des Petites et moyennes entreprises et de l’Emploi, Modeste Kérékou, leur rappelle que cette seconde chance qui leur est accordée, est exceptionnelle. C’est pourquoi il les invite à saisir l’occasion
« pour non seulement bénéficier des réformes en cours pour une meilleure professionnalisation de leur secteur mais aussi en être des artisans ».
Intoxication

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Le boycott du recensement initial par les artisans est dû à une campagne d’intoxication menée contre la réforme gouvernementale. Interrogés à ce propos, la plupart des artisans retardataires évoquent une rumeur ventilée sur les réseaux sociaux. Ladite rumeur faisait état de ce que l’Etat voudrait recenser les artisans pour les taxer à l’avenir. La rumeur est partie comme une bombe au point de « démobiliser » une partie des artisans, regrette Modeste Kérékou dans son message. Mais il estime heureux que les artisans aient finalement compris l’enjeu de la réforme et plaidé pour qu’une seconde chance leur soit offerte. « Je formule le vœu que tous les artisans membres d’associations ou non sortent massivement au cours de la période allant de lundi 23 août au samedi 4 septembre 2021 pour se faire recenser dans les 77 communes », a souhaité le ministre. Au terme du premier recensement en 2019, plus de 240 000 artisans ont été enregistrés.