Reckya Madougou invitée sur « Le club de L’Economiste »: « 72 % des jeunes africains sont pour l’entrepreneuriat »

Par Josué F. MEHOUENOU,

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Le journal L’Economiste a reçu pour son émission «Le club de L’Economiste» du mercredi 30 septembre, Reckya Madougou, ancienne ministre et actuellement conseillère spéciale du chef de l’Etat togolais. En plus des précisions sur son dernier ouvrage, les échanges ont porté sur divers sujets en lien avec le développement.

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L’émission « Le club de L’Economiste » est une libre tribune du journal L’Economiste qui reçoit des leaders qui mènent des actions positives pour le développement, notamment au Bénin et en Afrique. Reckya Madougou, ancienne ministre et actuellement conseillère spéciale du chef de l’Etat togolais, a été l’invitée du numéro du mercredi 30 septembre. A peine son ouvrage « Soigner les certitudes »
publié, que l’ancienne ministre de la Microfinance et garde des Sceaux sous le président Boni Yayi a été invitée à se prononcer sur des thématiques touchant au développement des pays de la sous-région et de l’Afrique en général. Sur l’initiative, elle a dit tout le bien qu’elle en pense, se réjouissant de voir un organe de presse spécialisé prendre sur lui un tel challenge. « Nous mettons trop l’accent sur la politique politicienne, mais certaines voix commencent à comprendre qu’il faut tailler une part importante aux questions de développement »,
a-t-elle apprécié.
« Soigner les certitudes », son dernier livre a retenu l’attention des participants qui ont voulu en savoir davantage sur les conditions qui l’ont vu naître. « Je pars de la narration d’un domaine militant et j’en arrive justement à un militantisme économique qui a été le nœud de cet ouvrage », explique l’invitée. Elle a analysé des faits qui ont conduit à l’édition de cet ouvrage considéré à tort comme sa deuxième publication après « Mon combat pour la parole ». Pourtant, c’est bien le quatrième, souffle-t-elle, même si deux autres ouvrages d’elle, par souci de perfectionnement demeurent encore à l’édition.

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Expériences et explications

Pour ce qui est du dernier-né, il est, si l’on s’en tient à ses explications, un cocktail des expériences et parcours de l’ancienne ministre. Perfectionniste, un peu anticonformiste sur les bords, elle s’est opposée aux demandes de biographie convenue qui fusaient de toutes parts pour finalement donner corps à cet ouvrage-entretien qui se veut en même temps la réponse aux mille et une questions que lui posent les jeunes et femmes du monde entier à travers ses canaux digitaux et à l’occasion de diverses rencontres. Sur des airs assurés comme on lui connait, Reckya Madougou soutient que « le parcours ne se fait pas du jour au lendemain, mais a des bases ». Le sien est en pleine construction malgré les expériences qu’elle capitalise au Bénin, au Togo, en Côte d’ivoire et ailleurs en Afrique et dans le monde, dans le domaine de l’inclusion financière. Il y a, retient-elle, « tellement de préjugés sur nos pays, sur l’Afrique, même sur notre façon de penser le développement. On pense tellement de choses à notre place que comme je le dis dans l’ouvrage, il faut curer les mentalités ». Parfois, « les opinions sont de l’ordre des caniveaux… Il nous faut une image forte et belle de nous. Si nous sommes tout le temps dans les complaintes et les plaintes, on nous verra comme des misérables »,
soutient la conseillère spéciale du chef de l’Etat togolais qui veut qu’on change la donne. Il faut, convient-elle, non seulement soigner les certitudes, mais aussi se départir de l’aide qui a une fonction d’assistanat et décomplexer nos relations avec le reste du monde. Pour elle, la supposée pauvreté dont on affuble l’Afrique « n’enlève rien à qui nous sommes », même s’il faut travailler à en finir avec. Faut-il, à force de voir Reckya Madougou sur mille terrains, la supposer dans un rôle ? A la question, elle force un sourire puis reprend «je ne joue pas un rôle, mais le rôle m’habite. La différence entre certaines personnes et moi, c’est que je suis sur le terrain, à l’aune de ce que je prône».

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Le numérique comme catalysseur

Jeunesse, femme, emploi, entrepreneuriat, inclusion financière… et même le numérique. Toutes les questions qui passionnent « RM » comme on l’appelle ont fait le menu des échanges avec un focus sur l’entrepreneuriat. Elle se fera incisive sur les avantages à en tirer, rappelant que le seuil de la population africaine en 2050 oblige qu’on en fasse un choix de gouvernance, surtout que « plus de 72 % des jeunes du continent s’engagent pour et se disent prêts pour aller vers ». L’ancienne ministre de Boni Yayi estime que l’assistanat, c’est remettre à demain le même problème. Elle plaide pour une amélioration de la politique africaine en matière d’inclusion financière. Elle y voit la charrue avant les bœufs, d’autant plus qu’à l’opposé du Kenya qui se veut un franc succès, la plupart des pays manquent de régler certains problèmes importants comme celui de la connectivité avant d’aller vers la digitalisation, créant ainsi de nouvelles exclusions. « Lorsque je suis arrivée au Togo, quatre ans après, ce pays est passé premier dans l’Uemoa en matière d’inclusion financière. Il n’y a pas meilleur indicateur », explique-t-elle. Des questions sur la gouvernance au Bénin, notamment en matière du numérique, lui ont été également posées. Mais « l’Africaine » qu’est devenue Madougou ne voit plus seulement le Bénin. Elle regarde plus l’Afrique et dit ne pas travailler sur la question de la digitalisation au Bénin, même si elle considère le numérique comme un catalyseur pour l’économie.
D’autres questions relatives à son parcours, son expérience auprès du chef de l’Etat togolais,… ont aussi meublé les presque 120 minutes de ce numéro de « Le club de L’Economiste ».

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