Recrutement des enfants dans les conflits: Répercussions sur les mineurs

Par Maryse ASSOGBADJO,

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Amnesty International_ Enfants

Dans un nouveau rapport publié, ce lundi 13 septembre, Amnesty International alerte sur les répercussions croissantes du conflit sur les enfants dans la zone sahélienne regroupant le Niger, le Burkina Faso et le Mali. L’éducation, la santé ainsi que la sécurité alimentaire sont fortement touchées.

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« Je n’ai plus rien, à part moi-même ». C’est le titre du nouveau rapport d’Amnesty international rendu public, ce lundi 13 septembre. Plus qu’un cri de détresse, ce titre est une alerte lancée aux Etats africains concernés par la question des conflits impliquant les enfants. D’une soixantaine de pages, le document met en lumière les conséquences dévastatrices des conflits sur les enfants au Niger, auxquels participent l’État islamique au Grand Sahara (Eigs) et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Gsim), affilié à Al Qaïda.
Amnesty international révèle que ces deux groupes armés « ont commis des crimes de guerre et d’autres atteintes aux droits humains dans le cadre du conflit, notamment des homicides de civils et des attaques contre des écoles ».
La présente étude menée au Niger notamment dans la région de Tillabéri renseigne sur le risque que courent de nombreux enfants recrutés dans les conflits. « Dans la région de Tillabéri, au Niger, une génération entière grandit entourée par la mort et la destruction. Des groupes armés ont attaqué à maintes reprises des écoles et des réserves de nourriture et ciblent des enfants lors de leur recrutement », se désole Matt Wells, directeur adjoint du programme Réaction aux crises à Amnesty International.
Il indique les solutions d’urgence à mettre en place au profit des enfants : « Il faut que l’État nigérien et ses partenaires internationaux prennent de toute urgence des mesures pour suivre et prévenir les atteintes et pour protéger les droits fondamentaux de toutes les personnes touchées par ce conflit meurtrier, en particulier les enfants ».
Selon notre source, les violences contre les civils au Niger se sont exacerbées en 2021 avec « 544 morts dans le contexte du conflit entre le 1er janvier et le 29 juillet 2021, contre 397 en 2020 ».
Le recrutement d’enfants par le Gsim s’est considérablement accru cette année dans le département de Torodi, près de la frontière avec le Burkina Faso. La stratégie de ce « groupe armé consiste à proposer des avantages comme de la nourriture, de l’argent ou des vêtements pour attirer des jeunes garçons de 15 à 17 ans. Il utilise également des enfants comme espions, éclaireurs et guetteurs, entre autres rôles définis dans le droit international comme une participation aux hostilités », révèle le rapport.
En 2021, les massacres à grande échelle ont occasionné plus d’une soixantaine de décès dans le rang des enfants dans la partie nigérienne de la zone des trois frontières.
Ces conflits affectent les secteurs de l’éducation et de la santé. Amnesty international renseigne que « l’Eigs et le Gsim, opposés à ce qu’ils considèrent comme une éducation « occidentale», ont incendié des écoles et menacé des enseignants, ce qui a entraîné la fermeture de nombreux établissements. En juin 2021, au moins 377 écoles de la région de Tillabéri avaient fermé, privant plus de trente-et-un mille enfants d’accès à l’éducation ».
La sécurité alimentaire est aussi menacée. Selon Amnesty international, les enfants risquent davantage de souffrir de malnutrition et de maladies connexes du fait de la destruction des stocks de grains, du pillage des magasins et du vol du bétail, laissant des familles sans ressources et sans nourriture.
Cette situation qui tire sa source au Mali s’est propagée au Burkina Faso, au Niger et au Tchad. Selon les estimations, 13,2 millions de personnes au total auront besoin d’une aide humanitaire en 2021 et le nombre de personnes déplacées s’élève à 1,9 million.
Le phénomène interpelle le Bénin dans la mesure où il partage ses frontières avec le Niger et les autres pays impliqués dans les conflits armés. La protection et la sécurité des enfants dans la partie septentrionale du Bénin doivent être davantage renforcées pour les mettre à l’abri d’éventuels risques.

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