Reddition de comptes dans l’administration communale: Un facteur de bonne gouvernance et de mobilisation des ressources

Par Alexis METON  A/R Atacora-Donga,

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La reddition de comptes s’impose désormais à toute l’administration publique. Toute personne investie de l’autorité publique doit rendre compte de sa gestion dans la perspective de la bonne gouvernance et de la transparence dans les affaires publiques. Cet acte regorge de plein d’atouts pour l’administration communale, mais généralement ignorés.

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Les maires dans l’exercice de leurs fonctions doivent rendre compte de leur gestion. Cet acte connu généralement sous le vocable de reddition de comptes n’est pas encore ancré dans les habitudes bien que le chef de l’État en donne l’exemple. Si dans un premier temps, les citoyens investis de pouvoir public sont appelés à rendre compte de leur gestion, dans l’administration communale et locale, la reddition de comptes est désormais une obligation, selon la loi sur la décentralisation. L’intérêt de cet acte au niveau communal est qu’il constitue un facteur de mobilisation de ressources au profit de la commune. Il suffit de faire en sorte que les populations y trouvent leur intérêt pour se mobiliser autour de cette cause, précise Achille Tepa, le chef du premier arrondissement de Natitingou, selon qui on a laissé les populations se désintéresser de la chose.
Le maire et son conseil communal doivent rendre compte de leur gestion pour le simple fait que ce processus crédibilise la gestion du maire et de ses adjoints. C’est un facteur déclencheur de la mobilisation de ressources au profit de la mairie, selon les explications d’Aimé Lavenir Béhanzin, chef du service de l’information, du préarchivage, de la communication et de la documentation à la mairie de Natitingou, lors d’une séance de restitution sur les audiences publiques de reddition de comptes. « Il est fortement recommandé que les autorités communales ne considèrent pas la reddition de comptes comme une banale formalité à remplir pour clouer le bec aux demandeurs de comptes, mais plutôt comme un mécanisme qui les aide à mieux gérer, à améliorer l’image de leur commune et à établir une confiance entre elles et leurs administrés aux fins d’avoir leur adhésion », a exposé Lavenir Béhanzin.
Il a affirmé que le maire qui rend compte de sa gestion devient populaire. Ainsi, poursuit-il, l’intérêt pour la reddition de comptes s’inscrit dans le cadre de la bonne gouvernance dont elle est l’un des principes fondamentaux quand on sait qu’aucun développement ne peut se faire de façon pérenne, tant qu’il n’est pas fondé sur le respect scrupuleux des principes de bonne gouvernance en l’occurrence la primauté du droit, la transparence, la participation citoyenne, la reddition de comptes, la prise en compte du genre, l’égalité, l’équité… « La reddition de comptes est une obligation et devrait être le réflexe naturel de tous ceux qui sont investis d’un pouvoir de décision et soucieux de la sacralité et de l’inviolabilité des biens communs conformément aux dispositions de l’article 37 de la Constitution », ajoute-t-il.

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Cadre de dialogue

Pour Lavenir Béhanzin, elle met en interaction le mandant et le mandataire et se définit comme l’obligation des individus tenant une position de pouvoir, de rendre compte de leurs actions à leurs mandants et à la société en général.
Ce cadre de dialogue ne devrait pas être comme une information descendante unilatérale. La réddition de comptes permet de donner et d’élever le niveau de confiance de la population, des citoyens, des usagers ou des partenaires au développement, de susciter la participation citoyenne et de promouvoir la démocratie à la base. Il revient aux mairies de rendre ce cadre de diaglogue qualitatif et quantitatif pour le bonheur de la population, conseille Kalilou Diaby, assistant technique du programme Réforme des finances publiques pour atteindre les objectifs de développement durable et mobiliser les ressources propres de l’Etat à Giz. Il faut souligner que, selon Lavenir Béhanzin, le domaine d’exercice de la reddition de comptes est le développement local, l’utilisation du fonds Fadec, le budget et son exécution, le schéma directeur d’aménagement, la santé, la gestion des biens patrimoniaux, les prestations des services publics communautaires, l’état civil, la protection civile… Les acteurs du processus de reddition de comptes sont les citoyens en général, des structures organisées telles que les Organisations de la société civile, les acteurs du service public, l’Etat à travers les préfets, toute personne investie de pouvoir public.

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