Reddition de comptes: La bête noire des entreprises publiques

Par Ariel GBAGUIDI,

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Cette année, « 82 % » des entreprises publiques n’ont pas transmis leurs états financiers à qui de droit, selon la direction générale des participations de l’Etat et de la dénationalisation (Dgped). Les raisons sont multiples et imputables à plusieurs acteurs de la chaîne de gouvernance. C’est la preuve que les sociétés d’Etat peinent toujours à s’approprier le principe de la reddition de comptes, gage d’une gouvernance de qualité.

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Plus qu’un simple exercice, la reddition de comptes des sociétés d’Etat est visiblement de la mer à boire pour les organes de gestion desdites sociétés. Cette reddition fait grand défaut et apparaît désormais comme l’un des défis majeurs auxquels des solutions urgentes et collectives s’imposent.
En effet, lors de sa communication sur la problématique de la reddition de comptes des entreprises publiques, le 18 novembre dernier, à l’ouverture des assises de la revue annuelle 2019 sur l’état de la gouvernance des entreprises publiques au Bénin, le directeur général des participations de l’Etat et de la dénationalisation a fait savoir que le sujet en débat repose, entre autres, sur deux éléments clés: la production de l’information financière par les organes de gestion, puis l’exercice du commissariat aux comptes (Cac).
Suivant le développement de Macaire Agbantè, « la plupart des entreprises du portefeuille ne satisfont pas aux exigences de production des informations financières…». Même les deadlines sont bafouées. En guise d’exemple, il révèle que les sociétés d’Etat ayant déposé leurs états financiers en 2019 sont de l’ordre de « 18 %» sur un total de plus de 200 structures. Ce qui voudrait dire que « 82 % » n’ont pas déposé leurs états.
Parmi celles ayant produit des informations financières, « 12 %» ont soumis des états concernant 2018 ; « 06 % » ont produit des états concernant des années antérieures. Mais le comble dans tout ça, c’est qu’aucune entreprise publique n’a déposé ses documents dans les délais requis. Pis, seulement « 03 % » des entreprises ayant transmis leurs états financiers (les 18 %) ont fourni des documents «complets et susceptibles d’être étudiés ».
La raison fondamentale de ce grand défaut de reddition de comptes, informe le communicateur, c’est que plusieurs dirigeants tiennent mal la comptabilité des entreprises dont ils ont la charge, et font, par conséquent, de la rétention d’information financière.

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Cac défaillants ?

Outre les aspects sus cités, le directeur général des participations de l’Etat et de la dénationalisation déplore également le fait que plusieurs commissariats aux comptes ne jouent pas convenablement leur rôle. « Les mandats de Cac durant les exercices allant de 2016 à 2018 ont fait observer quelques dysfonctionnements qui ont eu pour effet : l’indisponibilité des rapports des Cac afin de permettre au Conseil des ministres d’approuver les comptes » des entreprises. Au nombre de ces dysfonctionnements, Macaire Agbantè cite la « non production de rapport de carence par les Cac ; le retard dans l’exécution des mandats de Cac; la mésentente entre les commissaires aux comptes et la direction générale sur la date au plus tard pour le délai du dépôt des états financiers ».
De même, il dénonce la « non réalisation des missions d’intérim par les Cac ; la mésintelligence entre co-commissaires aux comptes ayant sérieusement perturbé le bon déroulement de certains mandats de Cac ; la non uniformisation des pratiques dans l’exercice de commissariat aux comptes (non production du rapport art.715 ou du rapport spécial par certains Cac alors que d’autres en produisent) et enfin le manque de vigilance des Cac au cours de l’exercice de leur mission ».
Autant de manquements qui ont amené Macaire Agbantè à exhorter les responsables d’entreprises publiques, commissaires aux comptes et autres acteurs impliqués dans la gouvernance des sociétés d’Etat à s’approprier la vision du chef de l’Etat à l’horizon 2025, ainsi que les bonnes pratiques en matière de gouvernance des entreprises étatiques. Car, dit-il, «aucune gouvernance ne peut être de qualité si elle n’est pas fondée sur les principes de transparence, d’obligation de résultats et de reddition des comptes ».

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