Réflexion: Et si le Bénin était devenu « le Meilleur » en gouvernance économique en Afrique ?

Par Collaboration extérieure,

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khaled Igué

« Nous n’avons jamais vu l’économie mondiale s’arrêter net. C’est bien pire que la crise de 2008.» En pleine crise du coronavirus, alors que près de la moitié de la population mondiale était confinée, le Fonds monétaire international (Fmi) n’a pas hésité à employer des superlatifs pour caractériser l’arrêt de l’économie planétaire, qui affecte l’offre et la demande.

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De nombreux pays ont en effet multiplié les mesures (chômage partiel, aides diverses pour les entreprises…) pour soutenir les capacités de production nationales. Mesures qui viendront grever leur budget, dans un contexte post-crise financière de 2008 où les croissances peinent à repartir et l’endettement public continue de se creuser de manière inquiétante.

Le Bénin, un exemple de gouvernance économique

Alors que des pays comme la France instauraient un confinement généralisé compte tenu de leur contexte sanitaire et de leur structure économique (diverses aides aux entreprises) – 100 milliards d’euros pour le financement de l’économie – le Bénin a été le premier pays africain à prendre en compte le caractère informel de sa microéconomie et sa mésoéconomie, en proposant un cordon sanitaire géographique au lieu d’un confinement global. Ce coup de génie et cette décision pragmatique témoignent de la clairvoyance du leadership béninois. De fait, en dépit des chocs exogènes dus à la pandémie, le Bénin affiche une croissance économique de 2,3 %
en 2020, une prévision de croissance de 4,8 en 2021 et 6,5 % en 2022, selon la Banque africaine de développement. En outre, notre pays donne en ce début d’année 2021, Post Covid, le signal d’un des pays les mieux gouvernés économiquement, selon le Fonds monétaire International, en émettant un milliard d’euros sur le marché international de la dette. Cette opération avec un record de maturité a été réalisée en deux tranches : la première concerne un montant de 700 millions d’euros assortis d’un taux d’intérêt de 4,8 % pour une maturité de 11 ans, tandis que la seconde porte sur 300 millions d’euros assortis d’un taux d’intérêt de 6,8 % pour une maturité de 31 ans.

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Un Guichet unique du financement des projets pour l’avenir

Avant la crise de la Covid-19, l’Afrique accusait déjà un déficit de financement d’infrastructures de 108 milliards de dollars par an. La pandémie a provoqué une autre urgence puisqu’à ce jour, elle a fait perdre à l’Afrique 173 à 237 milliards de dollars de Pib. Le président de la Bad, Dr Akinwumi A. Adesina, estime en revanche à 2 300 milliards de dollars la valeur des engagements des banques publiques de développement à 2030, dans le cadre des programmes Odd. Une proposition concrète en faveur d’un financement adapté aux réalités du 21e siècle serait donc de mutualiser une partie de ces ressources, en créant un fonds basé en Afrique et réunissant les contributions de l’ensemble des bailleurs du continent. Il s’agirait en quelque sorte d’un «guichet unique» qui financerait des projets aussi bien publics que privés, pour partie en investissement et pour partie en garantie, afin d’inciter l’investissement privé. Voilà une solution concrète qui permettra aux pays africains dont le Bénin, de relever les défis tels que : la mise en place des infrastructures, la lutte contre le réchauffement climatique, la conservation de la biodiversité et qui favorisera l’autonomie financière des jeunes et des femmes.

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Par Khaled IGUÉ
Economiste béninois, Banquier d’affaires, Associé en charge de l’Afrique chez B&A Investment Bankers et auteur du livre «l’Heure de l’Afrique ».