Réflexion: La propreté donne-t-elle de la nausée à certains Béninois ?

Par LANATION,

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En revenant dimanche dernier du sport sur le boulevard de la Marina (dorénavant très prisée par les sportifs), quelqu’un était devant moi et mangeait tranquillement tout en marchant. Il n’était pas en tenue de sport. Quand il a fini de manger, il a juste jeté, sans gêne, son emballage sur la chaussée…sur ce boulevard, flambant neuf, bordé de jolies plantes et fleurs, presque en face de la nouvelle statue de l’amazone ; notre grosse fierté nationale.
J’étais juste estomaquée. J’ai couru pour le rattraper et lui demander pourquoi il se comportait comme ça sur un boulevard si propre. Sa réponse était: « Mais où voulez-vous que je jette ça ; d’ailleurs est-ce que c’est chez vous ici ? »
S’il est vrai que sur tout le boulevard de la Marina, il n’y a pas de poubelles, je me dis qu’on a encore du pain sur la planche. Vraisemblablement, cet individu ne mesurait pas la gravité de son geste. Mais des gens comme lui, nous en croisons tous au quotidien dans nos quartiers. Et ceci devrait nous amener à nous poser certaines questions. D’ailleurs, je ne comprends pas pourquoi il n’y a pas de poubelles sur le boulevard de la Marina ou sur nos plages.
Sommes-nous assez sensibilisés à l’importance de la propreté de nos quartiers, de nos rues, de l’espace public ? Le « propre» fait-il du mal à certains ? Ne peut-on pas être pauvre mais propre ? Qui doit s’occuper de faire respecter les notions de propreté dans nos quartiers ? Que sont devenus les cours de citoyenneté, de civisme, de patriotisme et de bien de valeurs importantes dans nos sociétés ?
Avez-vous déjà, vous, reçu sur votre pare-brise des déchets directement jetés de la voiture qui vous précède ? Moi, c’est parfois des crachats des motocyclistes. Les gens qui ouvrent leur braguette pour uriner ou déféquer directement sur nos plages sont légion.
Il va sans dire que malgré les nombreuses campagnes de sensibilisation, beaucoup de nos concitoyens sont sales dans leurs maisons. Sinon, comment expliquez-vous le fait que nous vivions avec autant d’immondices dans nos rues sans que cela ne gêne personne ?
Bien évidemment, à cela s’ajoutent l’incivilité et le non-respect du bien commun. Nos populations savent-elles que le dehors est aussi chez elles et que quand ce dehors est sale, cela nous rend tous malades et jette de l’opprobre sur notre image, notre dignité?
Il faut certes sensibiliser dès le bas âge mais à un moment donné, la sensibilisation seule ne suffit pas. Il faut de la répression, des sanctions pour amener nos populations à respecter les règles du vivre-ensemble, de propreté et du respect du bien commun.
Pour moi, la liberté ne rime pas avec l’incivisme et il est urgent de prendre le taureau par les cornes si nous ne voulons pas voir toutes ces nouvelles infrastructures s’élevant à plusieurs milliards se détériorer d’ici quelques mois.
Je me rappelle en 2007 dans les rues de Kigali, la présence de ceux que j’appelais à l’époque la « Police des Piétons » qui veillait à ce que les populations ne jettent rien par terre, ne crachent pas sur les trottoirs, ne marchent pas pieds nus, etc. Sans ces mesures coercitives, une fois encore, nous ne ferons que parler sans amener le vrai changement.
Samedi 17 septembre, c’est la Journée mondiale du Nettoyage. C’est l’occasion de réitérer les enjeux de la propreté dans nos quartiers. Plusieurs acteurs de la société civile se mobilisent pour sensibiliser nos populations. Pour nous, chez  »Sachet Héloué » nous allons retrousser nos manches et nettoyer les plages de Fidjrossè, qui malgré la présence des brigadiers pour les nettoyer, se retrouvent à certaines heures de la journée sales avec l’incivisme et la désinvolture des usagers des plages.

Sandra Idossou

L’objectif de cette journée mondiale, célébrée dans plus de 150 pays au monde, est de nettoyer nos quartiers et villes et faire prendre conscience aux populations des dangers de l’insalubrité
Notre message à nos populations est simple « dehors, c’est aussi chez nous et la propreté est la moitié de la santé. Prochaine étape de cette campagne, ériger de grandes structures en forme de baleine pour recueillir les déchets sur nos plages. Rejoignez-nous?

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*Activiste sociale