Relance économique post-Covid : 93 milliards de dollars mobilisés au profit des pays pauvres

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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pays pauvreLe relèvement des pays pauvres du fait de la Covid-19 préoccupe

La communauté mondiale a mobilisé 93 milliards de dollars en appui à une reprise résiliente dans les pays les plus pauvres du monde. C’était à la faveur de la quatrième réunion de la vingtième reconstitution des ressources de l’Ida, tenue mi-décembre à Tokyo au Japon.

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La dernière reconstitution des ressources de l’Association internationale de développement (Ida) a atteint 93 milliards de dollars. Entre autres, 48 pays donateurs – à revenu élevé et intermédiaire – ont apporté 23,5 milliards de dollars de contributions à l’Ida auxquels s’ajoutent des financements levés sur les marchés de capitaux, les remboursements sur les crédits antérieurs et les propres contributions de la Banque mondiale.
Ces fonds seront alloués aux 74 pays les plus pauvres du monde où vivent un demi-milliard d’habitants, soit les deux tiers de la population en situation d’extrême pauvreté, au titre de la vingtième reconstitution des ressources de l’Ida (Ida-20). Ces financements permettront de les aider à surmonter les effets de la pandémie de
Covid-19 et de construire un avenir plus vert, résilient et inclusif hypothéqué par la crise sanitaire.
« La générosité dont font preuve aujourd’hui nos partenaires marque une étape essentielle dans le soutien fourni aux pays pauvres alors qu’ils s’emploient à se relever de la crise de la Covid-19 », a salué David
Malpass, président du Groupe de la Banque mondiale.
Le nouveau cycle d’Ida-20 portera ainsi sur la période allant du 1er juillet 2022 au 30 juin 2025. Le programme entend favoriser en priorité les investissements dans le capital humain, en lien avec l’éducation, la santé et la nutrition, les vaccins, les filets de protection sociale et l’appui aux personnes handicapées. Quelque 400 millions de personnes dans le monde bénéficieront de services de santé et de nutrition essentiels. Le développement des filets de protection sociale devrait par ailleurs permettre d’atteindre 375 millions de personnes.
Le soutien sera dirigé plus particulièrement vers l’Afrique avec environ 70 % des financements. Les efforts seront intensifiés en matière de lutte contre les inégalités hommes-femmes, de création d’emplois ou les situations de fragilité, de conflit et de violence, en particulier dans la région du Sahel, autour du lac Tchad et dans la Corne de l’Afrique. Il est aussi question de renforcer la gouvernance, la soutenabilité de la dette, le développement des infrastructures numériques et de consolider l’inclusion économique et sociale.

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Ressorts de la croissance fragilisés

La situation des pays durement touchés par la Covid-19 est rendue particulièrement délicate par l’effritement des recettes publiques, doublé d’un alourdissement de l’endettement, une aggravation des risques de fragilité, de conflit et d’instabilité et un recul des taux d’alphabétisation, précise le document. A cela s’ajoutent l’inflation et une crise alimentaire auxquelles font face nombre de pays. « Beaucoup de progrès accomplis durant la décennie écoulée et la moitié des acquis en matière de réduction de la pauvreté, d’éducation, de santé et de nutrition ont été balayés », fait remarquer M.
Malpass. « En même temps, poursuit-il, les effets du changement climatique créent des difficultés supplémentaires partout.» D’où, une part conséquente des fonds mobilisés sera dédiée à l’adaptation face aux effets de plus en plus tangibles du dérèglement du climat et à la préservation de la biodiversité.
La Banque mondiale prévoit de mobiliser 20 milliards de dollars de financement pour l’achat et le déploiement de vaccins contre la pandémie de Covid-19 pour plus de 50 pays à revenu faible ou intermédiaire, dont plus de la moitié sont situés en Afrique, jusqu’à la fin de l’année 2022. Depuis le début de la crise sanitaire, le Groupe a mobilisé plus de 157 milliards de dollars pour faire face aux répercussions sanitaires, économiques et sociales de cette crise dans plus de 100 pays. Ces ressources ont contribué à renforcer leur préparation à la menace épidémique, mais aussi à protéger les populations pauvres et les emplois, et à amorcer une relance respectueuse du climat.
Depuis plus de 60 ans, l’Ida octroie des financements dans le but de stimuler la croissance économique, de réduire la pauvreté et les inégalités, et d’améliorer les conditions de vie des populations. Elle a déjà alloué au total plus de 458 milliards de dollars à 114 pays.