Relations Exécutif-Centrales syndicales: Un nouveau jour se lève…

Par Paul AMOUSSOU,

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« Je suis né au bord de la rivière, dans une petite tente ; Et comme la rivière. Je n’ai jamais cessé de courir depuis ; Ça fait un long, long moment que j’attends ; Mais je le sais, un changement va arriver ; Oh, oui c’est vrai ». Ainsi commence ‘’A Change is gonna’’, langoureuse balade signée Sam Cooke et reprise par de nombreux autres artistes dont les divas Aretha Franklin et Angélique Kidjo.
C’est, semble-t-il, sous cet air épique que le gouvernement et les centrales syndicales placent désormais leurs relations de partenariat qui s’inscrivent dans un nouveau départ (sic). C’est du moins la quintessence des résolutions prises de part et d’autre, suite à la rencontre, mercredi 19 décembre, entre le président de la République et les sept centrales syndicales qui y étaient présentes. « Nous avons expliqué au chef de l’Etat que nous ne sommes plus dans la dynamique d’un syndicalisme qui doit être tout le temps en train de se battre avec le gouvernement, mais que nous pouvons établir un partenariat qui permette à la gouvernance d’être apaisée et de pouvoir atteindre les résultats qu’il faut.. », concilie Anselme Amoussou, Secrétaire général de la Csa (Centrale des Syndicats autonomes). « Nous sommes dans une nouvelle dynamique en matière de dialogue social et le chef de l’Etat a annoncé que nous aurons deux rencontres annuelles formelles avec lui pour échanger sur les grandes questions de la Nation et essayer d’éviter que les malentendus ne s’accumulent », restitue-t-il, au terme des échanges avec le président Patrice Talon assisté de neuf ministres.

Plus d’ombre au front social ?

Le chef de l’Etat, d’entrée, a indiqué que « Le gouvernement a la volonté d’établir avec les responsables syndicaux une véritable atmosphère de collaboration, de partenariat afin que les problèmes que nous avons en commun, les défis que nous avons à relever pour améliorer nos conditions de vie, nos conditions de travail, d’existence, que nous soyons tous collectivement en mesure d’y faire face ».
A cet effet et expliquant le but de la séance, le Secrétaire général de la Confédération générale des travailleurs du Bénin (Cgtb), Moudachirou Bachabi rapporte qu’elle visait à « réécrire une nouvelle dynamique entre le gouvernement et les représentations syndicales ». De façon plus explicite, pour lui, il faut « D’abord, que tout le contenu, le sens du partenariat soit restitué dans nos relations; nous sommes des partenaires. Et comme des partenaires, nous ne devons pas nous faire des crocs-en-jambe », ajoute-t-il.
« Vous êtes un maillon plus qu’important de la vie sociale dans le pays, nous le reconnaissons et c’est bien pour cela que j’ai tenu à ce que cette rencontre ait lieu avant la fin de l’année pour qu’on puisse convenir que nos frustrations, nos divergences, ça ne manquera jamais, s’éteignent avec l’année qui va se terminer, pour qu’en 2019, nous entrions dans une nouvelle dynamique », engage le président Talon. « C’est le principal objet de la présente rencontre », a-t-il du reste précisé.

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ToFâ

Pour sa part, Moudachirou Bachabi se veut, mesuré, mais optimiste : « Je crois, comme tous ceux qui ont pris part à la séance, qu’il est évident que si le chef de l’Etat maintient la sérénité avec laquelle il a échangé avec nous, et que nous échangions effectivement sur les vrais dossiers du pays, on va éviter les tensions et peut-être même qu’il ne viendra à l’idée de personne de recourir à l’exercice du droit de grève ». Observation du reste juste, entendu qu’en définitive, la grève ne fait du bien à personne.
Ceux qui doutaient de ce que le ToFâ 2019 présage des meilleurs auspices pour le Bénin, peuvent d’ores et déjà raviser leur position, car de tels propos venant de syndicalistes qui ne font pas d’ordinaire de cadeau au pouvoir, 2019 ne saurait mieux présager de plus belles perspectives. « Nous, nous y croyons parce que la bonne foi doit être présumée et nous devons travailler à ce que le regard qu’il souhaite avoir de nous et le regard que nous souhaitons avoir de lui, que ce regard s’instaure de façon à ce que chacun de nous puisse se sentir à l’aise», explicite le Secrétaire général de la Cgtb, preuve de ce que de bonnes résolutions ont été prises mercredi dernier au palais de la République. C’est un nouveau jour qui se lève dans les relations entre deux partenaires, le gouvernement et les centrales syndicales, qui ne manquaient pas d’avoir des points d’achoppement.
Mais suite à ces échanges, que le président Talon voulait « dépouillés de toute convenance, de tout protocole » mais « sincères entre nous », le bilan des relations entre le pouvoir et les syndicats qui ne constituent pas moins un pouvoir, a été dressé en toute cordialité, selon les informations, et les bases nouvelles relationnelles ont été jetées pour l’avenir. Il en a été ainsi car, en introduction, le chef de l’Etat en a posé les jalons : « Je peux vous dire d’ores et déjà que vous verrez que les choses se passeront comme il conviendrait que ça se passe, de sorte que nous puissions partager ensemble le mérite de relever les défis qui sont les nôtres», a-t-il apaisé. Une disposition qui a mis à l’aise et libéré les responsables syndicats qui ont, sans tabou, abordé les questions qui leur tenaient à cœur.

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Cordialité, convivialité

Au menu, était le point des revendications syndicales. Mais les chefs des centrales syndicales se sont également prononcés sur la gouvernance globale du pays, et à la demande du président Talon, sur les différentes réformes faites, celles en cours, et de façon générale sur sa touche personnelle en tant que chef de l’Etat. Les différentes lois querellées n’ont pas été occultées, notamment la loi sur l’embauche, la loi sur la grève. Idem pour la question de la Charte sur le dialogue social. A ce propos, convaincus de l’importance de cette charte, les responsables syndicaux sont de même persuadés que son contenu peut permettre d’éviter les crises récurrentes. Aussi, le président Talon a-t-il convenu avec eux de donner davantage de moyens au Conseil national de Dialogue social pour qu’il puisse pleinement jouer sa partition afin d’instaurer le dialogue social qui permet d’avoir une gouvernance apaisée. Il a par conséquent donné séante tenante des instructions à des ministres pour qu’au plus tard le 15 janvier des réponses soient données à des questions aussi importantes telles que le reversement des agents contractuels de l’Etat.
Ensemble, centrales syndicales et gouvernement ont convenu de ce que l’évaluation qui a été annoncée pour décembre dans l’enseignement secondaire soit reportée pour janvier. Le Projet Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch), projet phare du gouvernement en matière sociale, a également préoccupé les partenaires sociaux qui veulent être associés à sa mise en œuvre. Doléance à laquelle le chef de l’Etat a aussi accédé et instruit le ministre de la Santé pour que les représentations syndicales soient impliquées et qu’elles puissent donner leur avis sur ce qui est en train d’être mis en place pour l’opérationnalisation du projet Arch. Vous avez dit nouveau départ ?