Relations Maroc-Algérie: Le Roi Mohammed VI acte l’aube nouvelle

Par Paul AMOUSSOU,

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Le Roi Mohammed VI

«Demain, tu franchiras la frontière. Demain, tu entameras ta Marche. Demain, tu fouleras une terre qui est tienne. Tu palperas des sables qui sont tiens. Demain, tu embrasseras un sol qui fait partie intégrante de ton cher pays». Telle est la substance de l’appel de feu le Roi Hassan II qui, le 5 Novembre 1975, a mobilisé plus de 350.000 participants. Ceux-ci, volontairement, avaient pris part à la plus grande marche pacifique de l’Histoire : la Marche Verte. Cette marche populaire et patriotique a permis la libération des provinces du Sud marocain et sa réintégration ainsi que ses résidents (sahraouis) au sein de la mère-patrie.
Ainsi ont pris fin près de trois quarts de siècle de colonisation et d’occupation du Maroc dans ses frontières du Sud, sous la férule d’un Roi unificateur qui a réussi de manière civilisée et pacifique à faire hisser, le 28 février 1976, le drapeau national dans le ciel de Laâyoune, annonçant ainsi la fin de la présence coloniale dans le Sahara marocain.

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Main tendue

A l’occasion du 43e anniversaire de cette marche qui a brisé les frontières artificielles entre les fils de la même patrie, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a adressé un message à la nation marocaine. Mais non sans ouvrir les perspectives pour dissiper les différends entre le Maroc et l’Algérie. Liés notamment au Sahara marocain, ces différends, déplore le Roi, s’inscrivent « en opposition flagrante et insensée avec ce qui unit nos peuples: des liens de fraternité, une identité de religion, de langue et d’histoire, un destin commun». Mohammed VI souligne que l’intérêt des peuples d’Algérie et du Maroc «réside dans leur unité, leur complémentarité, leur intégration ». Toute autre disposition ne peut être que déplorable. Cet état de choses « contraste avec l’ambition de concrétiser l’idéal unitaire maghrébin, qui animait la génération de la Libération et de l’Indépendance, ambition qui s’est incarnée en 1958 par la Conférence de Tanger, dont nous célébrons le soixantième anniversaire », rappelle justement Sa Majesté Mohammed VI. Aussi, propose-t-il un mécanisme politique de dialogue franc et de concertation sans sujet tabou, afin d’aplanir tous les différends et résoudre toutes les problématiques conjoncturelles qui entravent les relations bilatérales. « Le niveau de représentation au sein de cette structure, son format, sa nature sont à convenir d’un commun accord. Le Maroc est ouvert à d’éventuelles propositions et initiatives émanant de l’Algérie pour désamorcer le blocage dans lequel se trouvent les relations entre les deux pays voisins frères », s’engage le Roi Mohammed VI. « Dieu m’est témoin que, depuis mon accession au trône, j’ai appelé avec sincérité et bonne foi à l’ouverture des frontières entre les deux pays, à la normalisation des relations maroco-algériennes », indique Sa Majesté, qui propose de constituer « le cadre pratique d’une coopération centrée sur les différentes questions bilatérales, notamment celle qui a trait à la valorisation des opportunités et des potentiels de développement que recèle la région du Maghreb ». En ligne de mire de ce mécanisme, il est question de « contribuer au renforcement de la concertation et de la coordination bilatérales pour permettre de relever efficacement les défis régionaux et internationaux, notamment ceux qui sont liés à la lutte anti-terroriste et à la problématique migratoire ».
Dans l’entendement du souverain chérifien, le Maroc et l’Algérie vont asseoir des relations bilatérales « sur de solides bases de confiance, de solidarité et de bon voisinage ». Si l’Algérie saisit cette perche, tendue par le Maroc, ce sera l’aube nouvelle de relations mises à mal davantage par des quiproquos que de réelles problématiques conflictuelles, en réalité, surmontables.

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