Remous au sein de la Renaissance du Bénin: Léhady comme Rosine Soglo en 2001

Par Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau,

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Coutumier des crises, le parti la Renaissance du Bénin (Rb) vit un nouveau déchirement à l’interne depuis le week-end écoulé, avec la destitution controversée de Léhady Soglo de son poste de président et son exclusion de cette formation politique. Cette énième crise à la Rb rappelle celle subie p ar Rosine Vieyra Soglo en 2001, qui a été elle aussi débarquée de la tête du parti par certains barons dont Nathanaël Bah.

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A la Renaissance du Bénin (Rb), les crises s’enchaînent et semblent se ressembler. C’est du moins le constat qui se dégage au regard de l’actualité au sein de cette formation politique où depuis le week-end dernier, une frange des membres du bureau politique ont décidé de destituer et d’exclure leur président Léhady Soglo du parti. Un revers auquel avait fait face également en septembre 2001, Rosine Vieyra Soglo, alors présidente du parti. Elle avait été également déchue, même si ce n’est pas dans les mêmes conditions, par certains membres du parti sous la houlette des anciens députés Nathanaël Bah, alors secrétaire général de la Rb, et Guy Amédée Adjanohoun ainsi que d’autres. Ils ont prononcé cette destitution à la faveur d’un congrès extraordinaire qu’ils ont organisé à Allada. Les deux meneurs avaient tenté en fait par le biais de ce congrès de prendre leur revanche sur la présidente Rosine Vieyra Soglo qui les avait exclus du parti quelques jours auparavant pour avoir tenté de créer un second groupe parlementaire aux côtés de celui qu’elle dirigeait. Beaucoup avaient qualifié cette déchéance de la dame de fer de la Rb comme un « coup d’Etat » qui serait manigancé de toutes pièces par des thuriféraires du régime du général Mathieu Kérékou d’alors. La crise politique qui a commencé petitement s’est envenimée par la suite pour se glisser sur le terrain judiciaire. Nathanaël Bah qui jusque-là n’avait pas digéré son exclusion, contre-attaque en réclamant en 2002 la paternité du logo du parti de la Rb. Un acte qui paraît trop osé aux yeux des Soglo qui font de la Rb leur chasse gardée. La crise entre les deux parties a fini devant la chambre administrative de la Cour suprême. Laquelle, par un arrêt en date du 29 novembre 2002, a donné raison à la plaignante, la présidente de la Rb à qui revenait le logo querellé. Cette bataille juridico-judiciaire avait été remportée par Me Abraham Zinzindohoué, qui a défendu bec et ongle le parti à ce procès.

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Bis repetita !

Abraham Zinzindohoué se retrouve aujourd’hui parmi les frondeurs dont les députés Gildas Agonkan, Adolphe Djima et Boniface Yéhouétomè, les maires Luc Atrokpo, Baise Ahanhanzo-Glèlè et Georges Bada, respectivement de Bohicon, d’Abomey et d’Abomey-Calavi. Ce dernier a été chargé par la réunion politique d’assurer l’intérim de la présidence du parti, cumulativement avec son poste de 2e vice-président du parti, jusqu’à l’organisation dans les meilleurs délais d’un nouveau congrès dont les préparatifs ont été confiés à l’ancien ministre Me Abraham Zinzindohoué. Toutes choses qui montrent la profondeur de cette crise qui risque d’être un coup dur pour l’hégémonie du parti des Soglo. Car, personne ne sait jusqu’où iront ces barons du parti qui semblent être tous déterminés dans leur fronde. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il est à craindre que la crise actuelle à la Rb ne s’achève également devant la justice comme ce fut le cas en 2001 du temps des Nathanaël Bah et consorts. En tout cas tout porte à le croire à voir surtout le poids des griefs.
En effet, selon le procès-verbal qui a sanctionné les travaux de la réunion d’Abomey, les frondeurs accusent Léhady Soglo « d’avoir violé consciemment les directives et statuts du parti, d’avoir porté des préjudicies graves aux intérêts du parti, d’avoir négligé de manière grossière ses obligations envers le parti et d’avoir consécutivement compromis les intérêts du parti par son dysfonctionnement et une gestion solitaire exacerbée ». Une dénonciation que balaie du revers de la main Léhady Soglo qui qualifie sa destitution et son exclusion de non-évènement?