Remy R.Tobossou; secrétaire général de l’Union nationale des associations des supporters (UNAS):«Bientôt, les supporters dans la rue contre la gestion du football national»

Par Sabin LOUMEDJINON,

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La crise que traverse le football national, loin de connaître un dénouement heureux, ne fait que s’empirer. En témoigne les tiraillements entre certains membres de la Fédération béninoise de football (FBF) et surtout les passes d’armes entre l’autorité de tutelle qu’est le ministère en charge des sports et le Comité exécutif de cette fédération. Une situation qui a conduit la FIFA a en appeler au calme et à une bonne collaboration. Cette ambiance semble ne pas être du goût des supporters dont les associations sont montées au créneau. Dans cet entretien, le secrétaire général de l’Union nationale des associations des supporters (UNAS), Remy Tobossou, soutenu par son collègue Patrick Houssou de la Fédération béninoise des associations de supporters (FEBAS), explique la situation et apporte des précisions sur les actions futures à mener.

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La Nation: Il y a quelques jours, vous étiez face à la presse sportive. Vous voudriez rappeler ici de quoi il était question ?

Remy Tobossou : Conjointement, l’Union nationale des associations des supporters (UNAS) et la Fédération béninoise des associations des supporters (FEBAS) se sont mises ensemble, pour donner une conférence de presse le 10 mars dernier par rapport à un sujet qui les préoccupe. Nous avons manifesté notre mécontement par rapport à la situation qui prévaut au sein du bureau exécutif de la FBF et comment le football national est géré aujourd’hui.
C’est connu de tout le monde que les équipes de catégorie d’âge ont été suspendues de toutes les compétitions régionales, continentales et internationales, pour faute administratives, dit-on. Ceci signifie que les jeunes béninois, aussi talentueux qu’ils peuvent être, ne pourront plus prendre part à une compétition pendant deux ans. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, l’équipe que le Bénin a éliminée sur le terrain avant d’être disqualifié, a remporté le trophée après.
L’autre fait que nous dénonçons est la division qui règne au sein de l’équipe dirigeante de la FBF. Pour preuve, certains membres influents du bureau exécutif ont écrit au ministre en charge des Sports pour le féliciter. Ils ont également félicité la sortie médiatique des supporters.
Les supporters ont rencontré le ministre des Sports tout récemment parce qu’ils avaient des choses à lui dire.
En effet, les supporters ne sont pas associés aux décisions du football. Je saisi l’occasion pour rendre hommage au ministre Modeste Kérékou qui avait accepté en son temps d’intégrer les supporters dans les délégations officielles lors des sorties des équipes nationales.Depuis son départ, plus personne ne pense à nous.

On entend dire au sein de l’opinion que votre sortie était commanditée…

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Nous ne sommes en mission pour personne. Lorsqu’un nouveau ministre arrive, nous lui faisons toujours l’amitié de le rencontrer pour signifier que nous sommes-là. C’est ce que nous avons fait. Puis le ministre a accepté de nous rencontrer. A l’issue de nos discussions, nous avons compris que c’est quelqu’un qui est sur la même longueur d’onde que nous.
Le ministre a même souhaité qu’à l’issue de la rencontre, des gens soient dégagés en notre sein pour siéger au sein d’un comité qui étudiera, ensemble avec certains membres de son cabinet, toutes les propositions de sortie de crise du football avant qu’une communication soit introduite dans ce sens en Conseil de ministres.

Mais pourquoi avoir attendu tout ce temps pour réagir par rapport à la sanction de la CAF ?

Il n’est jamais trop tard pour bien faire, dit un adage populaire. A vrai dire nous avons attendu pour voir si le ministre de la Jeunesse, des Sports et Loisirs n’était pas complice de cette affaire de disqualification de nos équipes. Le ministre nous a dit la fois dernière, lors de notre rencontre, qu’il avait saisi par courrier la FBF par rapport à la situation, mais que jusque-là, il n’avait reçu aucune réponse à sa requête. Il a trouvé que ce n’est pas normal. Après tout c’est l’image du pays qui est en jeu. C’est le drapeau du pays qui est traîné dans la boue. J’avoue que c’est une situation qui n’honore personne. Car partout où vous passez, les gens n’ont de cesse de vous interpeller par rapport à cela. Face à la situation, nous souhaitons que le chef de l’Etat nous vienne au secours en acceptant d’intervenir en tant qu’autorité suprême du pays.

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Que demandez-vous concrètement au chef de l’Etat ?

Nous avons souhaité que ceux par qui cette faute est survenue pour que le Bénin soit suspendu, soient sanctionnés. Nous avons même demandé que l’Etat retire l’agrément à la FBF.

Pensez-vous que le retrait de cet agrément soit la solution ?

Sous d’autres cieux, cela a été possible. Le Bénin a été suspendu, et il faut que le président de la structure qui gère son football en réponde ou qu’il démissionne. A défaut, l’agrément sera retiré, nous n’aurons plus rien à craindre le pays étant suspendu déjà. Ainsi, nous pouvons repartir sur de nouvelles bases.
Aujourd’hui il y a une vague de jeunes béninois au Brésil et qui va rentrer bientôt. Que deviendront-ils à leur retour ? Nous nous posons la question parce qu’il n’y a pas aujourd’hui chez nous, un championnat de bonne facture. Voulez-vous que ces jeunes reviennent évoluer dans cette mauvaise atmosphère ? Il vaut mieux qu’on arrête, le temps de permettre à tout le monde de revenir autour d’une table pour un nouveau départ. Et cette fois-ci, une fois pour de bon. Le Sénégal l’a fait, pourquoi ce serait impossible chez nous ?

N’est-ce pas aller trop vite en besogne que des supporters se lèvent pour exiger le retrait de l’agrément à une institution comme la FBF ?

Que vous le vouliez ou non, c’est notre position. Nous ne sommes manipulés par personne, contrairement à ce qui se dit. Voyez-vous, pour parler de ma modeste personne. Je fais partie des gens qui ont lu dans ce pays des motions lors des marches contre l’ancien bureau de la FBF que dirigeait Anjorin Moucharaf. Mais aujourd’hui, nous devons nous poser la question de savoir si le système est mieux qu’avant.

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Après un an et demi de règne, la FBF a organisé deux fois le championnat national, le championnat féminin vient de prendre fin et il y a eu surtout une pelouse synthétique à Missérété. Tout cela est à l’actif du nouveau bureau de la FBF, n’est-ce pas ?

Excusez- moi. Je ne suis pas du même avis que vous. C’est de la poudre jetée aux yeux. Je vous donne un exemple. Il a suffit que les supporters sortent mardi dernier, pour qu’il y ait des agitations partout. Contrat de diffusion des matches du championnat à la télévision, annonce de l’annulation de la suspension du Bénin… Nous ne croyons pas du tout à cela. D’ailleurs les jours à venir nous allons passer à la vitesse supérieure.

Qu’entendez-vous faire?

Nous allons organiser très prochainement une marche pacifique pour exprimer notre colère et notre ras-le bol par rapport à la suspension des équipes de jeunes et contre la situation qui prévaut au niveau de l’équipe dirigeante du football au Bénin. Nous déplorons également les passes d’armes entre la FBF et le ministère de tutelle. Tout cela n’est pas de nature à rehausser l’image de notre pays.
Pour cela nous implorons une fois encore le chef de l’Etat à agir dans l’intérêt supérieur de la jeunesse.
Je demande aux supporters membres de nos associations de rester mobilisés. Dès que le top sera donné nous allons organiser une marche sur le ministère en charge des Sports, puis sur la présidence de la République pour demander qu’il soit mis fin à cette torture morale dont est victime la jeunesse béninoise et le football national.