Renforcement des systèmes de surveillance des maladies: La Covid-19 fait planer des inquiétudes sur la fin du projet

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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La pandémie de Covid-19 hypothèque la fin du projet régional pour le Renforcement des systèmes de surveillance des maladies (Redisse). Le fort taux de consommation du budget induit par la crise sanitaire en 2020 laisse présager des difficultés de ressources pour les trois prochaines années.

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Le Plan de travail annuel budgétisé (Ptab 2020) du projet régional pour le Renforcement des systèmes de surveillance des maladies (Redisse) a dû être actualisé dans le contexte d’urgence sanitaire induit par la pandémie de Covid-19. En effet, le projet a été fortement sollicité pour des activités issues du plan de contingence de riposte contre le nouveau coronavirus.
Le point fait lors de la session bilan du Conseil national de lutte contre le Vih/Sida, la tuberculose, le paludisme, les hépatites, les infections sexuellement transmissibles et les épidémies (Cnls-Tp), jeudi 10 juin à Cotonou, indique que sur le plan financier, le montant autorisé pour l’année 2020 a été de 13 031 207 880 F Cfa. Le montant effectivement décaissé s’élève à
11 969 472 816 F Cfa, soit un taux de décaissement de 91,9 %. Les dépenses effectuées sont de 12 452 779 192 F Cfa, soit un taux d’exécution financière de 95,6 %, détaille
Dr Melchior Aïssi, secrétaire exécutif du Cnls-Tp.
L’état des décaissements depuis la mise en vigueur du projet en 2019 montre que sur la base des cinq années du projet, le taux de consommation à fin 2020, en raison de la pandémie de Covid-19, a atteint 85,93 % de l’ensemble du budget du projet. Cet état de choses laisse présager des difficultés de ressources pour finaliser le projet, s’inquiète
Dr Melchior Aïssi.
Dans la gestion de la crise sanitaire induite par la Covid, le projet a permis d’acquérir des équipements, des tests de détection rapide et de consommables, d’intrants d’hygiène et d’assainissement, d’intrants (vaccins humains et immunoglobulines, glacières, seringues, déparasitants, muselières, etc.) pour les campagnes de prévention et de contrôle de la rage, congélateurs, réfrigérateurs, matériels pour la mise en service des laboratoires de l’Hôpital d’instruction des armées (Hia) et du Centre d’informations, de prospectives et de conseils (Cipec) de Parakou.
Mis en vigueur depuis octobre 2018, le projet est prévu pour prendre fin le 31 mars 2024. Le défi à relever est la mobilisation de ressources supplémentaires pour poursuivre la mise en œuvre du projet et atteindre les indicateurs sur les trois années restantes. Pour ce faire, le secrétaire exécutif du Cnls-Tp préconise un plaidoyer en direction du gouvernement, de la Banque mondiale qui est le bailleur, de l’Organisation ouest-africaine de la Santé (Ooas) qui en assure la coordination régionale, et d’autres partenaires techniques et financiers.
Pour rappel, le Bénin bénéficie du projet Redisse, à l’instar de onze pays de la Cedeao et de la Mauritanie. Financé par la Banque mondiale à 50 % de prêt et 50 % de don pour un montant de 30 millions de dollars soit environ 16,08 milliards F Cfa, il est destiné à mieux outiller ces pays pour faire face aux épidémies et situations d’urgence de santé publique.

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Acquis

En 2020, sur les 90 activités approuvées dans le plan, 76 ont été entièrement exécutées, soit un taux d’exécution physique de 84,44 % contre 18,68 % en 2019.
Outre les actions de riposte à la pandémie de Covid-19, un programme de renforcement des capacités des professionnels de santé a été organisé au profit de 60 biologistes médicaux formés sur les bonnes pratiques du laboratoire et le diagnostic des maladies sous surveillance épidémiologique.
Des agents d’hygiène et d’assainissement, des responsables de centres de santé ont été formés, ainsi que ceux de la police environnementale, des services techniques municipaux et des entreprises privées, des faîtières des Ong sur la gestion des déchets dangereux.
Il a été également organisé la formation intégrée de 90 acteurs de la santé humaine, animale et environnementale au cours Help dans le but de maitriser la gestion des catastrophes et surtout la prise en charge des aspects de santé publique avant, pendant et après les catastrophes.
Par ailleurs, des autorités et cadres identifiés ont été sensibilisés à la communication sur les risques au cours des épidémies. Quelque 376 membres des équipes d’intervention rapide sont outillés sur la gestion des épidémies.
L’encadrement des grands événements (fêtes identitaires, pèlerinages, etc.) et l’organisation des campagnes de vaccination contre la rage, sur toute l’étendue du territoire national, ont aussi marqué 2020. A cela s’ajoutent l’appui logistique à la riposte aux épidémies, notamment le choléra à Cotonou et environs, l’organisation d’une campagne de vaccination réactive contre la méningite épidémique dans la commune de Banikoara.

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