Renouvellement des mandats des administrateurs du Fac : Des responsables de fédérations et d’associations d’artistes exigent la tenue des élections

Par Josué F. MEHOUENOU,

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Le 18 avril prochain, les acteurs culturels béninois sont attendus aux urnes dans le cadre du renouvellement des mandats des administrateurs (artistes) du Fonds d’aide à la culture. Mais en attendant de savoir si ces élections auront lieu ou pas, pro-scrutin et anti-scrutin se livrent une guerre froide faite de déclarations, de concertations et d’actions diverses en vue d’avoir gain de cause. C’est ainsi qu’il faut comprendre la déclaration publique lue lundi 11 avril au Hall des arts, loisirs et sports de Cotonou par des artistes et responsables d’organisations d’artistes.

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«Les élections ou rien». C’est le nouveau cri de ralliement d’une bonne frange d’acteurs culturels béninois qui entendent se battre jusqu’au bout pour que les élections consacrant le renouvellement des administrateurs (artistes) du Fonds d’aide à la culture se tiennent à partir du 18 avril prochain, conformément au calendrier initialement retenu. Ce groupe d’acteurs culturels composé pour la plupart de responsables de la Confédération béninoise des acteurs des arts et de la culture, des fédérations et associations d’artistes s’offusquent des contestations et protestations d’un autre groupe d’artistes qui souhaitent que le mode de désignation soit revu.

La pomme de discorde entre les deux camps tient à la qualité des élections. Et le groupe qui a donné de la voix lundi 11 avril à Cotonou est formel. Il faut s’en tenir aux dispositions des textes en vigueur. Lesquelles demandent que les électeurs soient des responsables de fédérations d’artistes, contrairement à la pratique antérieure qui faisait des responsables d’associations les électeurs. « Il y a eu beaucoup de réformes avant que la rupture ne s’installe. Si le Fonds fait l’objet de polémique c’est parce qu’il a donné de la visibilité à beaucoup d’artistes… », soutient Anicet Adanzounon, responsable de l’association Coco théâtre, un des intervenants. « Si nous ne faisons pas les élections le 18, il y aura vide juridique. Si le ministre suspend le processus en cours, un comité ad ‘hoc s’installera, ce qui constitue une entrave pour les financements dont nous bénéficions actuellement », explique ce dernier, pour en venir à la conclusion que «La lutte ne fait que commencer ». Des interventions des acteurs qui se sont mis en évidence lundi 11 avril, les réformes que semblent contredire leurs contradicteurs avaient eu l’unanimité en son temps, surtout lorsqu’il a été question sous l’ancien ministre Jean Michel Abimbola d’introduire des réformes dans tous les pans du système culturel du pays.

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Respecter les textes

Pascal Wanou, premier vice-président de la Confédération béninoise des acteurs des arts et de la culture et président de la fédération nationale de théâtre, dans son intervention, s’étonnera des remous actuels. «Nous sommes dans un Etat de droit et en démocratie. Toutes les structures qui animent la vie sociale dans notre pays sont régies par des lois. Le Fac est notre patrimoine commun et est régie par des textes», illustre-t-il en effet, avant d’inviter ses pairs à la lutte. «Il n’y a personne; mieux que nous les artistes pour défendre nos droits », lance-t-il, estimant que ce n’est pas la première fois que les acteurs culturels vont aux urnes pour renouveler les mandats du Fac. Il rappellera lui aussi le processus lancé depuis l’ancien ministre en charge de la Culture, Jean Michel Abimbola pour harmoniser le fonctionnement du secteur culturel et même freiner la fraude par endroits. Lesquelles réformes ont connu leur couronnement, non plus sous l’ère de l’initiateur, mais plutôt de son successeur, Paul Hounkpè, rappelle Pascal Wanou. Plus harangueurs que leurs prédécesseurs, Coffi Adolphe Aladé et Stan Tohon Ibitoch vont enflammer la foule d’acteurs culturels avec des mots et des slogans dont la finalité est de les tenir prêts pour d’éventuelles futures actions en vue de maintenir le processus électoral en cours et de militer afin qu’il aille à son terme. ?

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La plate-forme Wanilo ne démord pas« Un acteur culturel, une voix » ! A l’opposé de ceux qui prêchent pour que les responsables des fédérations d’artistes soient les électeurs, la plate-forme Wanilo voudrait la démocratisation du scrutin et propose que tout au moins, les responsables des associations d’artistes soient les électeurs. Elle voit à travers le mode opératoire préconisé, une manière pour une franche d’acteurs de s’accaparer du secteur culturel et de continuer par dicter sa loi au grand dam d’acteurs de certains acteurs marginalisés. Après ses précédentes manifestations, elle était de nouveau sous les feux de la rampe, samedi 9 avril dernier à travers une sortie médiatique au cours de laquelle les responsables de ladite plate-forme ont expliqué le contenu et la portée de leur engagement.
Alors que la décision du nouveau ministre en charge de la Culture est très attendue pour départager les deux ailes en conflit, c’est plutôt sur sa page facebook que le ministre Ange N’koué s’est exprimé. A travers un post en date du 11 avril Celui indique que : « Pendant que nous travaillons à mettre en place un cabinet efficace, l’urgence des réformes nous parvient de toutes parts. Les acteurs culturels eux-mêmes haussent le ton. Le Fonds d’Aide à la Culture sera notre première réforme… ». Plus loin dans son post, le ministre mentionne ceci : « Nous invitons la plate-forme Wanilo et d’autres mouvements pour les réformes qualitatives de nous faire des propositions. Nous devons connaître le secteur et recenser ses acteurs à travers des critères objectivement bien élaborés. En attendant, nous prenons les mesures juridico-administratives pour éviter le vide juridique que pouvaient créer toutes réformes envisagées ». Comme quoi, l’énigme demeure ! ?

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