Rentrée 2021-2022 et crise sanitaire de Covid-19 : La variable ‘’enseignants’’, cette inconnue-là !

Par Paul AMOUSSOU,

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rentrée scolaire 2021-2022

Plus que quelques jours et l’école va à nouveau s’éveiller. Dans une situation de crise sanitaire liée au coronavirus, la préoccupation majeure du moment, des parents d’élèves surtout, tient au sort des apprenants une fois les classes reprises, au regard des tournures inquiétantes que prend la pandémie. Au cœur de cette préoccupation, une variable qui tient au comportement des enseignants face à la crise sanitaire : sont-ils en phase avec le défi sanitaire de l’heure ?

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Gouverner, c’est prévoir. Et à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Aussi, dans la perspective de la rentrée prochaine, le gouvernement béninois a-t-il anticipé sur les mesures sanitaires, en même temps qu’il a pris les dispositions pratiques ordinaires auxquelles le monde enseignant est habitué en pareille circonstance. A la différence notable que depuis peu il faut composer avec la pandémie liée au coronavirus.
En réponse de quoi, il est fortement ‘’recommandé’’ aux enseignants de se faire vacciner avant la rentrée. Des dispositions spéciales à cet effet sont même prises par l’Exécutif afin de favoriser la campagne de vaccination à cette cible. Cible sensible, en raison de ce qu’elle est appelée à interagir avec une masse, en l’occurrence les apprenants, dans un contexte où le regroupement est proscrit. L’inquiétude, disons-le tout de go, tient à ce que l’école ne soit pas un vecteur en puissance du coronavirus devenu viral plus que jamais !

Recommandation ou obligation

Cependant, a contrario du personnel de santé, il est fait aux enseignants non pas obligation de se faire vacciner mais une ‘’recommandation’’ à cette fin. Pourquoi cette variante dans l’option du gouvernement, qui prend une mesure de contrainte contre l’un et se fait flexible avec l’autre, c’est-à-dire les enseignants ?
Dans les conditions sanitaires actuelles, l’utilité des enseignants n’est-elle pas autant d’importance que celle des infirmiers et des médecins, qu’on voudrait en parfaite santé? Toute proportion gardée, l’utilité des enseignants vaut celle des agents du secteur de la santé. Autant le service de santé doit être continu, autant celui de l’enseignement doit l’être, face au défi sanitaire né de la Covid-19. D’où la date de la rentrée des classes est-elle maintenue, en dépit des craintes liées à la crise sanitaire et de son évolution actuelle. Il y a tout lieu de croire que le gouvernement s’est montré timoré en faisant une recommandation plutôt que de prendre des mesures contraignantes à l’égard des enseignants.
De fait, nous ne pouvons pas remplacer la présence des enseignants et les relations pédagogiques, autant qu’il est impossible de se passer du service du personnel soignant. Et dans la perspective de la lutte contre la pandémie, faire une impulsion plus forte aux campagnes de sensibilisation, en vue d’une adhésion plus massive des populations à la vaccination anti-Covid-19, passe par des mesures coercitives, notamment à l’endroit de certaines cibles particulières dont les enseignants. C’est établi que la meilleure façon de contribuer à réduire la circulation du virus demeure de se faire vacciner. Un acte citoyen fort désormais qu’il faut espérer des enseignants, pour parvenir à l’immunité collective, seule voie de salut, à l’heure actuelle, face au coronavirus, tout en persévérant dans l’observation stricte des mesures de prévention.

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Les enseignants sont-ils en phase avec ce défi ?

Il faut l’espérer, et miser sur une prise de conscience élevée chez les enseignants qui n’ont pas, jusqu’à la fin de l’année scolaire dernière, fait preuve de beaucoup de vertus dans les classes dans l’observance des gestes barrières. Les responsables d’écoles ne sont pas non plus exempts de reproches, car dans la plupart des établissements scolaires, les exigences liées aux gestes barrières ont vite fait de tomber dans l’obsolescence après quelques jours de rigueur. Les systèmes de lavage de mains étaient vite devenus des objets de décoration juste bons à se donner bonne conscience. Quant au masque facial, inutile de souligner qu’il est aussi vite tombé que le souci chez les enseignants de contribuer à la lutte contre la pandémie, de veiller à la santé de leurs apprenants et à la leur. L’auront emporté chez la plupart d’entre eux, la banalisation du danger et leur désinvolture (intolérable) vis-à-vis d’une situation de crise sanitaire signalée de niveau de dangerosité élevé. Certes, et il faut bien le concéder, il n’est pas facile de porter le masque facial de façon soutenue, mais la situation de crise exige de chacun et de tous de petits sacrifices, de légers accommodements avec nos commodités ordinaires, pour survivre à une pandémie qui semble avoir juré de faire la peau à l’humanité.
Aussi, en raison de ce que la vaccination reste le moyen le mieux indiqué pour voir la lumière au bout du sombre tunnel que nous impose le coronavirus, les pouvoirs publics se doivent à la rentrée prochaine de surveiller comme du lait sur le feu le secteur de l’enseignement, en tout cas du point de vue sanitaire. A défaut pour le gouvernement de revoir sa copie en muant la recommandation faite aux enseignants de se faire vacciner en une obligation pure et simple.

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