Rentrée judiciaire 2021-2022 : sous le signe d’une justice indépendante et redevable

Par Anselme Pascal AGUEHOUNDE,

  Rubrique(s): Actualités |   Commentaires: Commentaires fermés sur Rentrée judiciaire 2021-2022 : sous le signe d’une justice indépendante et redevable

Rentrée judiciaire 2021-2022 au BéninRentrée judiciaire 2021-2022 au Bénin

Une nouvelle année judiciaire s’ouvre dans les tribunaux et cours d’appel du Bénin. Et tout au long de cette année, les acteurs de la maison Justice sont appelés à œuvrer davantage pour une justice plus indépendante mais aussi redevable. L’audience solennelle consacrant la rentrée judiciaire 2021-2022 a eu lieu, vendredi 3 décembre dernier, à la Cour d’appel de Cotonou sous l’égide du président de céans.

LIRE AUSSI:  Vaccination contre la Covid-19: Martin Assogba invite à opérer le choix de la raison

La maison Justice entre dans une nouvelle année judiciaire avec le défi pour ses animateurs de faire preuve d’indépendance et de redevabilité. L’audience solennelle de rentrée des cours d’appel et tribunaux du Bénin au titre de l’année 2021-2022 a été l’occasion pour les acteurs du secteur de relever les imperfections, d’orienter leurs actions pour d’heureuses perspectives.
Cette cérémonie s’est déroulée à la Cour d’appel de Cotonou conformément à l’article 18 de la loi portant organisation judiciaire en République du Bénin qui stipule : « La rentrée judiciaire est marquée par une audience solennelle au niveau de chaque Cour d’appel », et à la pratique de l’organisation commune et rotative de cette audience, en cours depuis 2016. A l’occasion, le président de la Cour d’appel de Cotonou, Justin Gbènamèto et le Procureur général près ladite cour, Pierre Dossoundo Ahiffon, ont salué l’implication renouvelée du Garde des sceaux dans la présente rentrée, une marque de son attachement à l’institution judiciaire et aux hommes qui l’animent.
La rentrée judiciaire est perçue comme un moment fort où les acteurs de la justice expriment les préoccupations majeures dans l’animation du secteur et réaffirment leurs engagements pour une justice plus efficace. Le thème de cette année est : « Justice : entre indépendance et reddition de comptes ». Un thème jugé intéressant et qui a suscité de nombreuses réflexions. Représentant les ordres et chambres auxiliaires de justice, Me Prosper Ahounou, bâtonnier de l’Ordre des avocats du Bénin, a attiré l’attention de tous les acteurs de la chaîne judiciaire sur la nécessité de garantir l’indépendance effective de la justice, d’œuvrer pour une justice digne de confiance. Pour Me Prosper Ahounou, le thème de cette rentrée judiciaire met en exergue le rôle du magistrat, son serment et l’exercice de ses fonctions face à la puissance de l’Exécutif. La problématique majeure, selon lui, tourne autour de la séparation des pouvoirs, principe essentiel à l’État de droit. Le législateur fait les lois, l’exécutif exécute et le judiciaire les applique. Il rappelle dans cet ordre les propos du président de la Cour suprême lors de la cérémonie de prise de charge :
« Il n’y a pas de justice forte sans indépendance du pouvoir judiciaire ». L’indépendance du magistrat est, va-t-il soutenir, la plus importante des valeurs déontologiques de la magistrature. L’impartialité et l’intégrité du juge doivent être promues.

LIRE AUSSI:  Rencontre avec le monde enseignant à la présidence: Des résolutions pour l’intérêt de l’école

Indépendance et redevabilité

La justice peut-elle, au nom du principe de son indépendance, s’affranchir de son obligation de reddition de comptes ? C’est l’une des interrogations qui, selon Pierre Dossoundo Ahiffon, Procureur général près la Cour d’appel de Cotonou, se dégagent du thème de la rentrée judiciaire 2021-2022. Selon lui, la reddition de comptes s’incruste déjà dans le fonctionnement de la justice. Elle se concrétise par les rapports périodiques auxquels sont soumis certains magistrats à l’égard de leurs supérieurs hiérarchiques. Mais au-delà, il faut concevoir cette obligation de compte-rendu comme une exigence à l’égard du peuple. « En exigeant du magistrat la reddition de comptes, le peuple invite ses juges à s’améliorer », fait-il observer…
Le président de la Cour d’appel de Cotonou renchérit. Pour Justin Gbènamèto, l’indépendance du magistrat, quoique inaliénable, ne lui concède pas une liberté à tout faire, mais un devoir du compte-rendu au peuple au nom de qui la justice est rendue et à sa propre conscience. Le magistrat doit se souvenir que toute décision qu’il prend est un service au peuple et un devoir de conscience. C’est ce qu’appuiera Michel Adjaka, directeur de cabinet du ministre de la Justice et de la Législation. Il précise que le magistrat a prêté un serment et qu’il est redevable envers toute la nation. Portant la voix du Garde des sceaux, il a réaffirmé l’engagement du gouvernement à renforcer le secteur judiciaire pour l’accomplissement de sa noble mission.