Rentrée solennelle de l’Ordre des avocats: Retour sur l’affaire Taïgla

Par Ariel GBAGUIDI,

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Des acteurs de l’Association Germes de pensées et les avocats stagiaires du Barreau béninois ont initié, vendredi 22 novembre dernier à Cotonou, une revue portant sur la mise en scène du procès de l’assassinat des présumés tueurs du Lieutenant des douanes A. Taïgla. Une histoire réelle de justice du Dahomey des années 70. Dénommée « Sans procès », cette revue a été l’occasion pour Germes de pensées de confirmer tout son savoir-faire en matière de production de spectacle.

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Tout homme, quels que soient son sexe, sa race, sa religion, etc., a droit à la vie, à un procès équitable et juste quoi qu’on lui reproche. La force ne doit pas primer sur le droit. Et l’institution judiciaire doit être respectée.Voilà, en partie, les trois exigences en droit que les avocats et metteurs en scène ont voulu rappeler en revenant sur l’affaire Taïgla, à travers le spectacle de procès dénommé « Sans procès » organisé, vendredi dernier, par le Barreau béninois. Ceci, à l’occasion de sa rentrée solennelle et l’ouverture de sa conférence d’art oratoire instituée au profit des avocats stagiaires.
Ainsi, « Sans procès » écrit avec une vingtaine de personnes, dirigé et mis en scène par Mariam Darra Traoré, responsable de l’Association Germes de pensées, a permis à l’assistance de revisiter l’une des rocambolesques affaires qui a ému tout le peuple dahoméen dans les années 70. En effet, A. Taïgla, lieutenant des douanes, a été retrouvé mort, tôt le matin, par son épouse (de retour à la maison) avec qui, il avait des problèmes de couple. Alors que la justice enquêtait déjà sur cet assassinat, le directoire (l’Etat) décide unilatéralement et sans autre forme de procès, d’exécuter sommairement tous les présumés auteurs et co-auteurs du meurtre du lieutenant Taïgla y compris la femme du défunt qui serait à l’origine de la mort de son mari. Cette action vise, selon le directoire, à décourager à jamais ces genres de crime au Dahomey et par ricochet, rendre justice à l’officier tué.
Une situation que les avocats de la défense n’ont pas digérée. Le procès va alors opposer, en 2019, soit une cinquantaine d’années plus tard, les avocats des personnes exécutées et l’Etat, encore appelé le procès du sans procès. Au tribunal, chaque partie s’est prononcée (arguments contre arguments et réquisition contre plaidoiries en l’absence, bien sûr, des présumés auteurs de l’exécution et de tout témoin). Mais au final, aucune sentence n’a été rendue. « Il vous revient désormais, la lourde responsabilité de donner le verdict du procès », lance le juge à l’endroit de l’assistance.
Selon les explications fournies par Mariam Barra Traoré, l’affaire Taïgla a été choisie à l’occasion de l’ouverture de la conférence d’art oratoire, en raison, d’une part, du thème de la rentrée solennelle de l’Ordre des avocats intitulé « l’Avocat dans la citée ». Et d’autre part, parce que « le Barreau a voulu toucher ces dossiers de justice qui sont restés en suspens ou qui ont fait beaucoup parler d’eux». « Aujourd’hui, nous sommes en démocratie mais cette démocratie a été bâtie sur des larmes et beaucoup de non-dits… » que la jeune génération doit connaitre,estime la responsable de Germes de pensées, visiblement, satisfaite. Car, ce moment a été, une fois encore, l’occasion pour elle et ses collaborateurs de démontrer tout leur savoir-faire en termes de production de spectacle.

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