Représentativité des femmes dans l’arène politique: Un palier de franchi

Par Maryse ASSOGBADJO,

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Le renforcement de la représentativité des femmes au sein des instances décisionnelles relève d’un combat historique. L’actuelle législature vient de franchir un palier, avec la loi 2019-40 du 07 novembre 2019 portant révision de la loi 90-32 du 11 décembre 1990 portant Constitution de la République du Bénin qui accorde des mesures spéciales aux femmes.

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Le renforcement de la représentativité des femmes au sein des instances décisionnelles est désormais une réalité. Cette mesure satisfait en partie les activistes, notamment, ceux et celles qui ont porté le combat durant des années et s’y sont investis. La loi 2019-40 du 07 novembre 2019 portant révision de la loi 90-32 du 11 décembre 1990 portant Constitution de la République du Bénin accorde aux femmes une meilleure représentativité dans l’arène politique.
De huit, les femmes députées devraient passer à vingt-quatre au moins dans la prochaine législature sur cent neuf députés au total. La loi 2010-35 du 30 décembre 2010 portant règles particulières pour l’élection des membres de l’Assemblée nationale stipule en son article 3 que pour être valide, la liste d’un parti politique ou groupe de partis politiques doit comporter au moins 20 % de candidatures féminines. L’actuelle législature a franchi un grand pas en portant cette attention pour la gent féminine. Cette décision longtemps attendue par les femmes et les nombreux défenseurs de leurs droits couronne les efforts consentis par les uns et les autres.
La nouveauté ici concerne l’article 26 qui s’intéresse spécifiquement à l’amélioration de la représentativité des femmes. Depuis le début du renouveau démocratique en 1990, leur représentativité à l’Assemblée nationale a toujours oscillé entre 6 et 9 %.
Cette volonté de l’actuelle législature en faveur de la gent féminine vient corriger le déséquilibre sur le terrain électif et conforte les bénéficiaires, quoique la valorisation des compétences féminines exige davantage de volonté politique au niveau des postes nominatifs. Mais, comme le dit l’adage,
« un tien vaut mieux que deux tu l’auras ». Il s’agit à la fois d’un moyen et d’un grand pas. Moyen, en raison des défis qui attendent encore d’être relevés pour la promotion de la femme. Le pas qui est posé est aussi grand en ce sens que le Bénin s’inscrit désormais sur la liste des pays qui se démarquent du lot sur le chantier de la valorisation et de la promotion de la gent féminine.
Au Bénin, l’effectif des femmes pèse beaucoup dans la balance de développement : 52 % contre 48 % d’hommes. Mais elles ont toujours eu de la peine à en jouir pleinement au sein des instances électives, en dépit de leurs multiples efforts.
La mesure constitutionnelle corrige cette injustice et les rétablit dans leurs droits. Grâce à la volonté du chef de l’Etat qui tient à ‘’ses femmes’’, ainsi qu’aux défenseurs chevronnés de leur cause.

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Réveil

Cette mesure sonne comme un réveil historique et démontre que l’actuelle législature est soucieuse de l’amélioration de la présence féminine au niveau des postes électifs. Les députés savent que les 8 % de femmes à l’Assemblée situe le Bénin en deçà de la moyenne dans la sous-région. Ils ont compris que le vent de l’évolution qui souffle sur le continent est en faveur de la promotion des femmes et que l’objectif, une planète 50/50 d’ici à 2030 relève d’un challenge.
Mieux, cette décision apporte du crédit aux engagements pris par le Bénin à l’international et au niveau de l’Union africaine en faveur des femmes. Des réflexions avec des propositions à l’amendement de l’article 26 ont été faites depuis l’adoption à Maputo le 11 juillet 2003 du Protocole à la Charte africaine des droits de l’Homme et des Peuples. Les femmes béninoises ne voulant pas d’une discrimination positive contraire à la Constitution mais d’une disposition qui garantit leur représentativité équitable aux postes électifs et nominatifs ont eu gain de cause. Il leur faut maintenant oeuvrer pour révéler leur leadership. Pour le gouvernement, le défi consiste à exprimer davantage sa volonté politique en accordant plus de places aux femmes aux postes nominatifs.

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