Répression des crimes fauniques : les tribunaux de première instance engagés

Par Fulbert Adjimehossou,

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Répression des crimes fauniquesVers une synergie des actions contre la criminalité faunique

Autour des parcs nationaux du Bénin, les Tribunaux de première instance (Tpi) comptent s’impliquer encore plus dans la lutte efficace contre la criminalité faunique. L’atelier de renforcement de capacités qui s’est déroulé les 24 et 25 mars 2022 à Parakou augure d’un avenir meilleur.

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Les ennemis de la faune auront davantage de soucis à se faire dans les parcs nationaux du Bénin. La synergie d’actions sera renforcée entre les acteurs impliqués dans la gestion des aires protégées et la lutte contre la criminalité faunique, notamment les magistrats et l’Ong African Parks. Ceux-ci sont déterminés, au terme de l’atelier de renforcement de capacités qui a réuni les autorités judiciaires de la Cour d’appel de Parakou, les présidents et procureurs des Tribunaux de première instance (Tpi) de Natitingou, Kandi et Malanville les 24 et 25 mars 2022. Mais avant, il a été d’abord question de cerner les enjeux des travaux. « La Cour d’Appel de Parakou s’honore par cette rencontre qui se veut être une rencontre de vérité », a souligné Alexis Metahou, président de la Cour d’appel de Parakou avant de rappeler la part de responsabilité des différents acteurs dans la protection de la biodiversité. « Les magistrats et les Officiers de police judiciaire sont tous appelés à travailler pour lutter contre la criminalité faunique et assurer la protection de nos ressources naturelles », a-t-il ajouté.
Cet atelier est le bienvenu face à la persistance des infractions fauniques, alors que le contexte sécuritaire devient préoccupant. « Il y a plusieurs infractions qui sont constatées et si les différentes parties prenantes ne se mettent pas ensemble pour définir une ligne directrice depuis la constatation de l’infraction jusqu’à la présentation, nous allons toujours nous buter à des problèmes d’harmonisation», a fait remarquer Dr Jean Didier Akpona, au nom des directeurs des Parcs. Les travaux ont été marqués par plusieurs communications. Dr Jean Didier Akpona a présenté le modèle d’African Parks pour la gestion des parcs nationaux. La situation sécuritaire dans les parcs a été dévoilée par le capitaine Hervé Amoussouga, responsable Contentieux du Parc national de la Pendjari. Dr Eloi Korogoné, communicateur juriste, a exposé la politique pénale pour les aires protégées du Bénin tandis que Jean-Pierre Yerima Bande, conseiller à la Cour d’appel d’Abomey, a analysé les saisies, confiscations et les actions de poursuite pour en ressortir les perspectives pour une bonne gouvernance des parcs nationaux.
Déjà, les lignes ont bougé avec l’adoption de modèles techniques de qualification des infractions fauniques, de rédaction des procès-verbaux de constatation des infractions et de transactions en vue de l’harmonisation des pratiques. Plusieurs recommandations ont été formulées pour une coopération agissante entre African Parks, Cours d’Appel, Tpi, inspections forestières, Police républicaine, Universités, structures de cogestion, Communes, Ong et partenaires techniques et financiers. Il est aussi attendu la mise en place d’une plateforme multi-acteurs de dialogue sous l’égide des parquets, l’insertion des infractions fauniques dans la chaîne pénale au rang des priorités des tribunaux situés autour des aires protégées ; la désignation des magistrats référents chargés du traitement du contentieux des aires protégées au sein des parquets des Tpi et du parquet général de la Cour d’appel et la spécialisation des magistrats référents en droit pénal de la faune et des aires protégées. C’est un pas de géant qui a été donc fait à Parakou, pour la lutte sans faille contre la criminalité faunique. Le représentant des parcs nationaux de la Pendjari et du W-Bénin, Jean Didier Akpona, n’a pas manqué de remercier le gouvernement pour son accompagnement au profit des parcs ainsi que la Coopération allemande (Giz) et la Fondation Wyss pour leur soutien à l’organisation de l’atelier.

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