Reprise des cours dans le contexte du Covid-19: Vigilance attendue de toutes parts !

Par Anselme Pascal AGUEHOUNDE,

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L’école retrouve vie aujourd’hui après de longs congés ! Le gouvernement a décidé de la reprise des cours ce lundi 11 mai pour les écoliers du Cm2, les élèves des collèges et lycées et les étudiants. Cette décision fondée sur des raisons socio-économiques et qui n’est pas sans accompagnements, n’est non plus sans risques dans le contexte du Covid-19.

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Les cours reprennent ce jour pour que l’année scolaire soit sauvée. « Le Conseil a décidé de la reprise des cours pour les écoliers du Cours moyen 2e année (Cm2), les élèves des collèges et lycées et les étudiants, pour compter du lundi 11 mai 2020, dans la perspective de la tenue des examens de fin d’année notamment », peut-on lire dans le relevé du dernier Conseil des ministres. Mais la décision de rouvrir les écoles, collèges et universités est accompagnée de certaines mesures que sont: l’obligation du port de masques pour tous les usagers (apprenants, enseignants, divers personnels de soutien).

Pour ce faire, il est prévu la distribution gratuite des masques dans les écoles, collèges et universités publics ; le dépistage systématique et progressif des enseignants, du personnel administratif et de service. S’agissant spécifiquement des universités, les amphithéâtres restent fermés et les cours seront dispensés en ligne via une plateforme dédiée à cette fin. Les enseignants vont y publier leurs cours auxquels les étudiants auront accès gratuitement. Une note du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique renseigne d’ailleurs sur les modalités et fait quelques dérogations en autorisant, sous conditions, les cours présentiels. « Ces mesures, qui participent de la volonté du gouvernement de faire valider l’année scolaire 2019-2020 sans compromettre la lutte contre le coronavirus, doivent être observées sur toute l’étendue du territoire national par tous les acteurs publics et privés, sauf dérogation spéciale du gouvernement », a précisé le relevé du Conseil des ministres.Toutefois, la réouverture des classes doit s’accompagner de vigilance et de rigueur pour que les lieux de savoir ne se transforment en foyers du virus. C’est comptant d’ailleurs sur le sens de responsabilité des apprenants qu’il a été décidé le maintien de la fermeture des classes pour les écoliers du Cours d’Initiation (CI) au Cours moyen 1re année (Cm1). Ceux-ci retourneront au cours du 10 août au 4 septembre 2020 et subiront leurs évaluations du 7 au 11 septembre 2020, puis effectueront la rentrée scolaire 2020-2021, le 28 septembre 2020 en même temps que tous les autres apprenants. Les écoles maternelles et les garderies, quant à elles, restent fermées jusqu’à la prochaine rentrée des classes.

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Dilemme !

C’est difficile pour les parents et les différents éducateurs de réaliser que ce jour, les classes vont rouvrir alors même que les chiffres de personnes contaminées par le Covid-19 au Bénin ont grimpé. Des inquiétudes fondées car rien ne vaut la santé. Dans le contexte actuel, on pourrait alors se demander quelle est la meilleure option. Abandonner les classes et faire perdre de l’argent aux parents qui ont déboursé plusieurs centaines de mille dans les universités privées et écoles publiques ou reprendre les cours mais en renforçant les précautions et gestes barrières ? Véritable dilemme ! Avec la cessation des cours, les conséquences sont surtout d’ordre socio-économique pour les promoteurs d’écoles, les parents d’élèves et les apprenants. Les parents d’élèves, dont la plupart vivent dans des condictions modestes, et qui ont déjà déboursé des fortunes sur leurs enfants, auront du mal à répondre au dilemme.

Les enseignants à temps partiel des écoles privées, qui voient leurs salaires menacés en cas d’arrêt des cours et les directeurs d’écoles privées qui n’ont pas pu entrer en possession des scolarités pour payer les enseignants auront aussi du mal à résoudre l’équation. Sans oublier qu’aucun apprenant ne souhaiterait reprendre une année académique! Face à ce dilemme, le gouvernement a fait l’option d’autoriser la reprise des cours dans les établissements d’enseignement, de formation et de recherche, ainsi que les universités, conformément au calendrier scolaire tel que réaménagé le 8 avril 2020. Une décision qui n’est pas aussi sans conséquences malgré les précautions. A moins d’un dépistage en masse dans toutes les écoles, le risque reste grand! Le dépistage n’étant pas un vaccin, les enseignants dépistés un jour et déclarés sains, pourraient contracter le mal en dehors des écoles le lendemain et, salut les dégâts ! Par ailleurs, il serait difficile de contenir les élèves dans la cour lors des récréations et de faire respecter la distance de sécurité sanitaire, surtout dans les classes et les écoles publiques avec les effectifs pléthoriques. La manipulation des masques par les élèves pourrait également être un facteur de contamination. Autant de risques qui demeurent et qui appellent à la vigilance ! Pour l’heure, les parents d’élèves et les enseignants doivent sensibiliser au quotidien les apprenants.