Réseau francophone de recherche sur l’intelligence artificielle: Renforcer l’excellence dans le domaine

Par Ariel GBAGUIDI,

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Alain Kiyindou, Professeur des universités à l'Université Bordeaux Montaigne et président du Réfia

 

Le Réseau francophone de recherche sur l’intelligence artificielle (Réfia) est au service de la coopération des acteurs de l’intelligence artificielle pour défendre et promouvoir la diversité culturelle. Il a été mis sur pied en marge de la 2e Semaine mondiale de la Francophonie scientifique, tenue du 25 au 28 octobre dernier, au Caire en Egypte.

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L’Agence universitaire de la Francophonie (Auf) met le cap sur l’excellence scientifique dans le domaine de l’intelligence artificielle (Ia) qui bouscule les habitudes dans tous les secteurs d’activités. Les spécialistes de l’Ia la considèrent comme la 4e révolution industrielle mondiale. L’Ia se révèle comme une déferlante qui réinvente la société et le quotidien de chacun.
Afin de mieux profiter des nombreux avantages de l’outil, « l’Auf, dans son projet de Francophonie scientifique, combine l’Ia avec l’intelligence universitaire pour créer un espace de progression francophone de l’intelligence artificielle ». Elle a ainsi mis en place le Réseau francophone de recherche sur l’intelligence artificielle (Refia) au terme de l’assemblée générale constitutive dudit réseau, jeudi 27 octobre dernier. C’était à l’occasion de la 2e Semaine mondiale de la Francophonie scientifique dont les travaux s’étaient déroulés au Caire (Egypte), du 25 au 28 octobre dernier.
A l’issue du congrès constitutif, Alain Kiyindou, professeur à l’Université Bordeaux Montaigne, a été élu président du réseau. Il explique davantage les raisons de la création du Refia : «l’intelligence artificielle a connu de nombreuses avancées ces dernières années. Elle ouvre de vastes perspectives en termes d’innovation technologique et d’automatisation. L’incidence de l’Ia sur l’industrie et donc sur l’emploi n’est plus à démontrer. De ce fait, l’Ia est devenue un enjeu majeur de notre siècle et l’espace francophone a une carte à y jouer. La spécificité du Refia est qu’il couvre l’ensemble des pays francophones, facilitant ainsi l’émergence et la consolidation de réseaux scientifiques ». « De nombreux réseaux ou alliances ont été créés au niveau régional ou national afin de favoriser le déploiement de l’Ia sur leur territoire. Le Refia étend son action à l’ensemble de ces territoires, en particulier aux pays francophones, facilitant ainsi l’émergence et la consolidation d’une expertise pluridisciplinaire francophone internationale », renchérit l’Auf.
Ce réseau est donc l’association des acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche francophones concernés par l’intelligence artificielle. L’Auf indique que le Refia «vise à renforcer l’excellence francophone en développant une dynamique scientifique collective autour de l’Ia au sein de l’espace francophone ». Ce creuset regroupe les chercheurs des pays membres de la Francophonie, les organisations internationales et les acteurs socioéconomiques. Tous les acteurs concernés par cette thématique se félicitent de la naissance de ce réseau qui «est à la fois un outil au service de la coopération des acteurs de l’Ia de l’espace francophone et un moyen pour défendre et promouvoir la diversité culturelle», assure Alain Kiyindou.

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Objectifs et priorités

Le Refia s’est fixé à cet effet des objectifs stratégiques et spécifiques. Il s’agit de « renforcer les relations entre les chercheurs issus de champs divers, mais intéressés par l’intelligence artificielle ; renforcer les relations entre les acteurs francophones de la recherche, les acteurs institutionnels et les acteurs économiques ; mettre en lumière la recherche francophone en matière d’intelligence artificielle ; développer des projets de recherche communs; partager des ressources en termes d’infrastructures (besoin de supercalculateurs…) ; répondre à des appels d’offres », relève Alain Kiyindou. Toujours en termes d’objectifs, le Refia entend «travailler à construire du contenu francophone ; développer des banques de données (les données sont généralement anglophones); organiser des séminaires de recherche et des événements à portée internationale; accompagner l’entrepreneuriat et la création d’emplois ; contribuer à identifier, valoriser et développer les initiatives innovantes dans le domaine de l’intelligence artificielle ; constituer un vivier d’experts pour répondre aux divers besoins du secteur économique », fait noter également le président.
Pour ce qui est des priorités, le réseau en a trois, précise Alain Kiyindou. Il s’agit de créer une véritable communauté de chercheurs francophones sur l’intelligence artificielle, donner au réseau une stabilité financière et valoriser et faire rayonner la recherche francophone au niveau international. « Une fois le réseau lancé, il nous faudra créer un sentiment d’appartenance et stimuler une véritable implication des membres. Ce n’est qu’à cette condition que la réalisation des missions assignées au réseau sera possible. Aussi, le bon fonctionnement du réseau passe par la mise en place de moyens nécessaires à la réalisation des objectifs ambitieux que nous nous sommes fixés. Il nous faudra, avant tout, mener une politique de levée de fonds adaptée, et rationaliser la politique budgétaire. Enfin, il nous faudra développer une véritable stratégie de communication de façon à mieux valoriser la recherche francophone en matière d’intelligence artificielle », détaille le premier responsable du Refia. Pour l’atteinte des objectifs, le bureau mettra en place une organisation sous forme de pôles de recherche avec des responsables thématiques.
26 universités étaient présentes à l’assemblée générale des membres fondateurs qui a permis d’élire un bureau de quatre membres composé du président Alain André Kiyindou (France), du vice-président Eric Armel Ndoumba (Congo Brazzaville), du secrétaire général Cokou Eugène Ezin (Bénin) et du trésorier Cheikh Ba (Sénégal). Ils sont élus pour un mandat de deux ans renouvelable.