« Reste avec moi » d’Ayobami Adébayo: Le chant de la non-maternité malheureuse et culpabilisante

Par Josué F. MEHOUENOU,

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Les cafés de la «Cenne Littéraire» au Bénin ont repris. La saison II s’est ouverte, il y a quelques jours, à travers une rencontre qui a mobilisé plusieurs acteurs du livre et amoureux des lettres autour de l’ouvrage « Reste avec moi » d’Ayobami Adébayo. Grand moment de débat sur la vie de couple, la fidélité des époux et la fertilité…

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« Reste avec moi » d’Ayobami Adébayo a reçu le prix Les Afriques 2020. Pourtant, c’est un vieil ouvrage des années 80 au Nigeria qui remet au goût du jour une série de problématiques qui continuent de hanter le quotidien de bien de familles. La distinction de l’ouvrage ne devrait donc point étonner. Les cafés de la « Cenne Littéraire » au Bénin ont d’ailleurs inauguré la saison II des cafés littéraires avec cet ouvrage.
Cécile Avougnlankou, animatrice littéraire de la Cenne littéraire au Bénin, et les siens auront réussi à remettre dans le débat courant un sujet qui continue de hanter le quotidien de bien de familles.
Un roman étonnant qui narre le parcours difficile d’un couple pour avoir un enfant au Nigeria dans des années 80. C’est un texte sur le poids des traditions dans un pays où il est possible de prendre une seconde épouse si la première n’est pas fertile. C’est également un récit sur la famille, l’amour, sur la perte et les renoncements. C’est enfin un portrait du Nigeria et de ses habitants, de sa vie politique, un récit plein de verve et de couleurs grâce à une écriture très riche et imagée.
Yejide et Akin vivent une merveilleuse histoire d’amour. De leur coup de foudre à l’université jusqu’à leur mariage, tout s’est enchaîné. Pourtant, quatre ans plus tard, Yejide n’est toujours pas enceinte. Ils pourraient se contenter de leur amour si Akin, en tant que fils aîné, n’était pas tenu d’offrir un héritier à ses parents. Jusqu’au jour où une jeune femme apparaît sur le pas de la porte. La seconde épouse d’Akin. Celle qui lui donnera l’enfant tant désiré. Bouleversée, folle de jalousie, Yejide sait que la seule façon de sauver son mariage est d’avoir un enfant. Commence alors une longue et douloureuse quête de maternité qui exigera d’elle des sacrifices inimaginables.
Le roman est à la fois émouvant et plein d’enseignements. Il est riche en rebondissements et offre à lire les tumultes des couples qui peinent à procréer et surtout le poids qu’en porte la femme. Au-delà du roman, le sujet a été ramené à la société béninoise, qu’elle soit moderne ou traditionnelle. Comment les femmes dont les maris ne sont pas en mesure de donner la vie parviennent-elles avec le concours des « aideurs » à introduire les enfants dans les couples ? Ce sera là l’un des sujets phares des échanges qui ont eu pour cadre la librairie Lbu de Cotonou.
Anick Nonohou, sage-femme et juriste, sera l’une des principales personnes ressources à éclairer la lanterne des participants. Entre exemples, confidences, enseignements et témoignages, cette accoucheuse au parcours singulier a partagé maintes informations avec le public.
Le professeur Adrien Huannou en rajoutera bien des couches à travers des exemples tirés de la région Wémè et environs. L’inspecteur Eugène Gbédédji n’en sera pas du reste. Idem pour les autres amis du livre qui ont pris part à cette séance.
L’histoire que conte cet ouvrage alterne deux époques et deux voix pour exprimer, au-delà des problèmes inhérents à chaque couple, le poids des traditions exerçant un carcan implacable, une chape de nœuds plus serrés les uns que les autres. «Reste avec moi est le chant de la non-maternité malheureuse et culpabilisante. Un livre très marquant, une écriture qui s’épanouira au fil des œuvres de l’auteure. C’est un vrai coup de cœur », témoignera un lecteur.

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