Retrait des attestations d’examens scolaires :Le calvaire des diplômés à la DEC/MESFTRIJ à Porto-Novo

Par Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau,

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Sauf prorogation, le délai de dépôt des dossiers pour le concours de recrutement d’Agents permanents de l’Etat au profit de l’administration publique en l’occurrence les Impôts, le Trésor et la Douane a été clôturé hier jeudi 9 janvier. Mais nombreux sont les candidats qui n’ont pas pu déposer leurs dossiers faute d’attestation du diplômé exigé. Ils n’ont pas réussi à retirer ce sésame à la direction des Examens et Concours (DEC) du ministère en charge de l’Enseignement secondaire et de la Formation technique et professionnelle.

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Après les difficultés liées à l’achat de quittance au Trésor public, les candidats au concours de recrutement d’Agents permanents de l’Etat au profit des Impôts, du Trésor et de la Douane de juin 2015 doivent faire face à deux épreuves. Celle du retrait de leurs attestations de succès notamment aux examens du Brevet d’études du premier cycle (BEPC) et du Certificat d’aptitude professionnelle (CAP) pour ceux d’entre eux qui n’en possèdent pas encore. Mais le retrait de ce sésame à la direction des Examens et Concours du ministère en charge de l’Enseignement secondaire et de la Formation technique, professionnelle (DEC/MESFTRIJ) à Porto-Novo est comme de l’eau de mer à boire. Les diplômés souffrent le martyre avant de retirer cette attestation pour les plus chanceux. Ils sont exposés et alignés au soleil et sous la pluie. Ils doivent faire face à toutes sortes de tracasseries administratives.
En effet, une fois encore la demande déposée, il est demandé à l’impétrant de revenir une semaine après pour retirer l’attestation si celle-ci est prête. Et c’est là que commence le vrai chemin de croix. Les demandeurs sont obligés de faire des aller-retour et d’interminables rangs. Le spectacle est désolant. La cour de la DEC est transformée en un marché. Et c’est les plus habiles qui s’en sortent comme si on était dans une jungle. Ceux qui viennent de loin et qui n’ont personne à Porto-Novo et environs sont condamnés à passer la nuit à la belle étoile. C’est le cas du jeune Franck Mikpon rencontré sur les lieux. Il vient de Matéri pour corriger une erreur sur son attestation de BEPC. Il dit avoir déposé sa demande depuis le 2 avril dernier et il devrait passer trois jours après pour la retirer. Mais jusqu’à la date du 7 avril dernier, l’attestation n’était pas toujours prête. N’ayant personne à Porto-Novo, il dit être obligé de passer la nuit à la belle étoile à la DEC/MESFTIJ pour être parmi les premiers à être reçus le lendemain. Zull Kifl Tchobo, lui, vient de Pira dans la commune de Bantè. Il est venu retirer son attestation de succès au BEPC obtenu en 2011.

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Il dit avoir déjà passé une semaine sans réussir encore à se faire établir ce document indispensable pour le bouclage de son dossier de candidature à une des catégories de corps ouvertes pour le concours qu’il tient à garder secret. Lui a été mieux loti que le premier. Zull Kifl Tchobo dit crécher chez sa tante à Porto-Novo pour pouvoir faire les navettes. Mais depuis que celle-ci est allée fêter la Pâques à Abomey-Calavi le week-end dernier, il se débrouille à sa manière pour pouvoir courir derrière l’établissement de cette attestation pour le concours. Il tient à participer à ce concours de recrutement. Jusqu’au mercredi dernier, Zull Kifl Tchobo n’était pas toujours en possession de cette attestation alors que la date de clôture de ce concours est prévue pour hier jeudi 9 avril. Victorine Adégnika vient lui de Pobè et est à la recherche de son attestation de succès au Certificat d’aptitude professionnelle (CAP). Elle confie être en train de faire depuis une semaine la navette Porto-Novo-Pobè mais sans suite. « Pendant ce temps, d’autres viennent le même jour et on les satisfait séance tenante», dénonce-t-elle. Elle trouve que ce sont les bras longs qui vont tuer ce pays. «J’ai beaucoup d’amis qui ont réussi à tirer leur épingle du jeu le même jour parce qu’ils ont des parents haut perchés. Où va-t-on avec de telles pratiques dans ce pays?», s’interroge la jeune fille visiblement remontée contre les autorités de la DEC/MESFTRIJ.
Pour éviter toutes ces tracasseries et le supplice que subissent les diplômés à la DEC, il est souhaitable que le gouvernement décentralise cette structure. Il faut que la DEC mette à cet effet à contribution les directions départementales de l’Enseignement secondaire pour la délivrance des attestations de succès aux examens scolaires. Ce qui faciliterait la tâche tant à la DEC qu’aux diplômés.
Toutes les tentatives pour rencontrer la directrice de la DEC/MESFTRJ et avoir sa version des faits par rapport aux dénonciations ont été vaines. Elle serait toujours occupée par la signature des attestations de succès des impétrants.

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