Retrait du droit de grève Les centrales et confédérations syndicales assiègent le Parlement

Par Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau,

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Les sept centrales et confédérations syndicales du Bénin ont organisé, vendredi 12 janvier dernier, un sit-in devant l’Assemblée nationale à Porto-Novo. Elles protestent contre «la vassalisation du Parlement béninois» à travers le vote «mécanique» de certaines lois «scélérates» dont surtout celles qui retirent le droit de grève à certains corps de la fonction publique.

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Les centrales et confédérations syndicales sont remontées contre les députés à l’Assemblée nationale qui ont décidé d’interdire la grève à certains corps, notamment aux magistrats et aux agents de la santé. Ces décisions ont fait monter l’adrénaline aux organisations faîtières du monde syndical au Bénin. Elles étaient en sit-in de protestation, vendredi 12 janvier dernier, sur l’esplanade de l’Assemblée nationale. Les centrales et confédérations syndicales trouvent ces votes du Parlement contraires à la lettre et à l’esprit de l’article 31 de la Constitution du 11 décembre 1990. Lequel dispose : « L’Etat reconnaît et garantit le droit de grève. Tout travailleur peut défendre, dans les conditions prévues par la loi, ses droits et ses intérêts soit individuellement, soit collectivement ou par l’action syndicale. Le droit de grève s’exerce dans les conditions définies par la loi ».
Les centrales et confédérations syndicales ont donc organisé le sit-in pour exprimer à l’Assemblée nationale, les angoisses, les inquiétudes, les incertitudes du peuple et surtout le désarroi qui l’envahissent ces derniers mois, au regard de l’évolution et du contenu de l’œuvre et de la production parlementaire, précise Anselme Amoussou, secrétaire général de la Csa-Bénin qui a lu la déclaration commune de protestation. Il dénonce cette production législative qui commence par « éroder progressivement les acquis sociaux et démocratiques conquis de hautes luttes par notre intrépide peuple et ravive déjà inéluctablement la tension sociale qui, si on n’y prend garde, risque de compromettre de façon irréversible l’avenir du pays… ».
Les manifestants ont été reçus par le directeur de cabinet du président de l’Assemblée nationale, Dr Falilou Akadiri accompagné du secrétaire général administratif du Parlement, Thomas Dassi. La délégation a pris acte de la déclaration et a promis d’en rendre compte au président Adrien Houngbédji qui l’a mandatée pour accueillir les manifestants.
Le sit-in a connu la participation de plusieurs milliers de travailleurs, tous secteurs publics confondus, et de la quasi-totalité des secrétaires généraux des sept centrales et confédérations syndicales. Outre Anselme Amoussou de la Csa-Bénin, il y avait Nagnimi Kassa Mampo de la Cstb, Noël Chadaré de la Cosi-Bénin, Moudassirou Bachabi de la Cgtb, Emmanuel Zounon de l’Unstb, Christophe Houéssinon de la Csub et Christophe Dovonon de la Cspib. Ils n’entendent pas s’arrêter seulement au sit-in. Les sept centrales et confédérations syndicales projettent une grève générale de 72 heures renouvelable par tacite reconduction à compter de demain, mardi 16 janvier, pour exiger surtout l’abrogation des dispositions législatives visant la suppression du droit de grève dans les secteurs de la santé et de la justice et la relecture de la loi 2015-18 portant statut général de la Fonction publique.
Les manifestants ont été soutenus par une délégation du Front pour le sursaut patriotique (Fsp) conduite par Eugène Azatassou et Paul Issè Iko ?

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